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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 11 2008 23:10

Il était une fois ...

Si je parcours à nouveau les articles du blog, le point de départ est la détection d'un risque : celui que l'humain soit à la périphérie du fonctionnement de l'économie, et de l'entreprise privée en particulier. 


Je flaire l'antinomie entre le collectif de la société, à travers l'Etat, qui tire sa subsistance de l'économie, mais risque de perdre pied face à des économies mondialisées, face auxquelles il n'existe pas d'Etat mondial.


A ce point, je commet deux approximations, a posteriori :

  • je pense que cette antinomie est grave, et va s'aggraver, au détriment de l'Etat, et mettre l'humain en danger, 

  • et d'autre part je pense qu'il est possible de mettre en oeuvre une approche fondée sur une approche philosophique, par la raison, le rationnel, qui dépasse ce problème. La raison triomphant des approximations humaines ... notamment l'inégalité sociale.

L'humain et l'économie

Je sous-estime alors que les acteurs économiques sont des membres de la société, et que déjà ce double attachement est un lien générateur d'équilibre. Partout sur la planète ... les dirigeants d'entreprise sont conscients du coût humain de leurs actions, et également que leur entité, l'entreprise, est un organisme immergé dans la société qui les entoure, qui ne peut vivre sans celle-ci.


L'entreprise a néanmoins une originalité - parmi d'autres : elle est un moteur créateur de richesse, obligatoirement performant. L'entreprise est une entité optimisée pour le développement de la richesse, et il faut l'approcher avec cette considération en tête. D'autre part, la richesse créée ne profite pas simplement à quelques uns mais à la société dans son ensemble. L'entreprise ne réserve pas ses fruits à ses actionnaires ou ses dirigeants. L'Etat prélève, en France, 40% de cette richesse (le PIB) pour la redistribuer.


Il faut connaître l'entreprise pour pouvoir la critiquer, et non pas la considérer dans un amalgame idéologique douteux.


La possible dérive vers l'enrichissement ne découle pas de l'économie. Il découle des comportements individuels d'une part et de la prééminence d'un ensemble de dirigeants dans la société d'autre part. 


Sur le premier point, ceci renvoie directement à l'individualisation de nos comportements, qui est une donnée également indispensable pour appréhender la société occidentale. Sans liberté des personnes l'individu n'existe pas. C'est notre attachement à la valeur Liberté qui une donnée fondamentale.


Sur le second point, croire qu'une égalité parfaite des membres d'une société est possible concrètement est un leurre. En lisant Raymond Aron par exemple, on comprend très vite que tout groupe a besoin de dirigeants, qui sont systématiquement en position privilégiée pour recueillir les fruits du fonctionnement du groupe. Je considère cet axiome comme une donnée sociale, même s'il peut y avoir des exceptions isolées, qui resteront moins performantes que le modèle dirigé. Ainsi les entités auto-gérée seront moins performantes que les entités dirigées et ne sont pas à privilégier si on souhaite continuer à nous développer ...  


Raymond Aron explique également très bien, que dans la société soviétique le groupe des dirigeants s'est promptement reconstitué ... au profit d'une direction totalitaire.


En incorporant le paradigme libéral, je me suis alors rendu compte à quel point il manque, dans l'action politique, dans l'appréhension intellectuelle, une dimension sociologique qui est en réalité fondamentale.


Ce paradigme veut qu'au lieu d'un équilibre établi et immuable, maintenu par le biais de mécanismes extérieurs figés (morale, loi), certaines situations soient le fruit de la réalisation d'un équilibre par interaction contradictoire entre deux ou plusieurs points de vue, partis, etc, libres de s'affronter dans le cadre social. C'est ainsi que nos sociétés parviennent à résoudre l'équation visant à la fois à préserver la diversité, la différence, et le vivre ensemble. Qu'elles permettent qu'elles contiennent des dirigeants et des dirigés. Des partisans de gauche et des partisans de droite. Des individus et des collectifs. De la responsabilité et de la conviction. Entre les syndicats et les gouvernements. Entre le parlement et l'exécutif. Etc ...

Excès rationnels

J'ai également commis une erreur grossière, au sens sociologique, en croyant que la raison est prééminente, en particulier socialement. Or la lecture de Raymond Aron prouve le contraire. Les mouvements sociologiques contemporains ont pour moteurs des éléments collectifs et des comportements individuels. La raison sous-tend une partie de la population, mais pas l'ensemble. Y compris pour les politiciens qui "guident" la population. Et la raison ne sous-tendra jamais l'ensemble de la population, mais seulement une élite particulière, celle des intellectuels.


La raison s'est répandue avec la liberté individuelle. Je crois qu'elle y puise sa raison d'être. Elle est un ingrédient sociologique indéniable. Mais elle n'est pas destinée, PAR NATURE, à être LA société.

Un peu de lumière

Et tout s'éclaire alors.


Jamais, au grand jamais, l'idéal égalitaire et rationnel ne pourra s'établir. Ce n'est qu'un point de vue collectif, altruiste. Il rencontrera toujours face à lui la contradiction individuelle. Et perpétuellement c'est un compromis, parfois difficile, qui s'établira.


Jamais, au grand jamais, le monde politique ne parviendra à convertir ses promesses en réalité. Tout juste parviendra-t-il à nous faire rêver. Les politiques existent parce que nous croyions aux rêves, aux idéaux. Ils sont des illusionnistes chargés de les faire naître. Chargés de susciter la déconnexion du réel, une drogue pour supporter notre condition concrète.


Tout le sens d'un engagement, c'est de venir grossir numériquement une faction ou l'autre. Si les factions existent, si les pousseurs de cris se manifestent déjà, toute parole supplémentaire est inutile. Voire génératrice d'excès, de saturation, d'hystérie. Hystérie pseudo-rationnelle ....


L'individu, ses désirs, ses rancoeurs, sont mélées à tout engagement. Les déceptions personnelles passées, les espoirs, les croyances sont un moteur non négligeable de l'action politique.


L'inspiration marxiste, carcan intellectuel obsolète, est une erreur, une imposture dans le monde actuel. Tous ses utilisateurs politiques sont des manipulateurs mentaux, des illusionnistes s'appuyant sur la résidu de l'onde de choc, du fantasme qu'il a créé, il y a presque maintenant un siècle.


La clé est sociologique, elle n'est ni intellectuelle ni politique.

S'engager socialement : combat ou équilibre

Au final, ma préférence va non pas à nourrir les contradictions, déjà largement alimentées. Mon fantasme n'est pas le combat (social). C'est l'harmonie. Je préfère donc contribuer concrètement à un équilibre utile.


Celui de l'entreprise, issue d'une expérience de terrain très longue, dont l'objectif est de permettre la poursuite de notre développement collectif, tout en fournissant un cadre d'épanouissement personnel. En étant attentif à la préservation d'un équilibre entre développement de l'humain et création de valeur.

Conclusion : dernier article

Le blanc est une couleur illusoire pour un arbre, censé être enraciné dans le concret. La pureté n'est pas possible en politique. La pureté peut faire des ravages dans la réalité, dans la vie.


L'arbre ne peut pas être blanc.


Cet article est donc le dernier de ce blog. Peut-être y aura-t-il un autre blog.

Par ArbreBlanc - Publié dans : Politique
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 07 2008 21:52
Excellente synthèse qui pointe les incertitudes sur lesquelles sont basées les certitudes du GIEC : lien
Par ArbreBlanc - Publié dans : Qualité environnementale
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Dimanche 20 avril 2008 7 20 04 2008 00:03

Beaucoup de formes d'art comtemporain à ArtBrussels. C'est la pagaille ! Personnellement je suis déçu de ce mélange qui frise l'entassement sans queue ni tête, et spécialement du peu d'émotion que suscite les peintures. Filtrage en question ? Et si le numérique était en train de manger le tangible, rongeant ce genre de manifestation, liée à un lieu et à un espace réel, et le mitant ?

Ici on apprend en fait qu'ArtBrussels est représentatif du marché mondial de l'art. Ce n'est donc pas une simple lubie de sélection locale (25% de galeries Belges seulement), mais bien l'image de ce que les plus grandes galeries proposent, au moins certaines.

Pourtant la FIAC m'avait tout de même arraché quelques émois, mais il est vrai il y a 14 ans déjà. Alors ... il faudra retourner à la FIAC 2008, du 23 au 26 octobre 2008. Pour affiner l'impression.

En attentant, un peu de recherche sur les Blogs ...

Et bien rien à se mettre sous la dent, de quelqu'un qui y serait allé et qui commenterait la chose. On trouve l'article douteusement dithyrambique du Monde (qui en creux souligne le sinistre possible des foires) et une note d'un type qui y a perdu un polaroïd (remarque privée à destination de cette personne : nulle trace de ce polaroïd, l'inspecteur LaBavette mène l'enquête).

Hmmm, mon flair d'investigateur me sussure : ça sent le phénomène auto-réalisateur. Soit : la presse en parle, fait monter la mayo, on en parle, on buzz, on vend / achète parce qu'on en parle.

ArtBrussels, franchement décevant.

Par ArbreBlanc - Publié dans : Autre actualité
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Mardi 15 avril 2008 2 15 04 2008 16:48

L'aiguille, le pic percent souvent mon cœur

La grêle bat les fleurs et les touffes

La vague mord la terre

Le torrent gifle et nous empoigne

De la boue, du ciment, des pierres, des couteaux, tombent du bas plafond noir

Des cataractes vibrantes, tremblantes, cassantes s'abattent au sol

Le bouquetin fixe et gratte les pierres qui résonnent dans leur fuite

L'eau emporte, dérobe, opaque opercule aspirant

Le fil de la nuée gémit contre l'aiguisoir

Le ciel craque et de ses râpures, de ses haillons,

Saigne la peur qui sépare le corps de l'âme

L'ouragan de sable – chirurgie ! - anguleux est la meute du vent

La tête se dresse pour nous écraser

Elle nous crie de quitter son séant

Et les parois, ses démons servants, aboient eux aussi

Je marche vite, cours, sans me retourner,

De peur d'être pétrifié dans la lave horrifiante.


Mais même tragique, la montagne me manque

Et c'est de sa brutalité que je veux survivre ou être inhumé


Car le bestiaire écrit, d'après la lune,

Ses vers dans les prunes.

Glacière déboutonnée,

Le vent se cache !

Par ArbreBlanc - Publié dans : Stratosphère
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Lundi 14 avril 2008 1 14 04 2008 14:16

Je vagabonde dans le dictionnaire des métiers. Si il n'en tenait qu'à moi, si je n'avais pas à assurer ma subsistance par un métier dans lequel je dois être un spécialiste pour pouvoir être productif, je prendrais le temps de me reformer et je serais ...

Botaniste, pour apprendre le nom de toutes les fleurs et pouvoir écrire des poèmes savants.

Accompagnateur de moyenne montagne ou guide de haute montagne, pour arpenter les versants, les vallées, les pics et les glaciers et rencontrer l'indicible.

Agriculteur pour retourner la terre et voir les saisons la transformer.

Ingénieur forestier, pour parcourir les claies et les futaies, pour se perdre dans le végétal et la nuit des sous-bois.

Architecte pour faire des bâtiments des œuvres d'arts, ou paysagiste pour faire la même chose avec la matière végétale et les terrains non construits.

Conducteur de bus pour mener une activité sans aucune complication intellectuelle ou pratique, tout en pouvant conduire, c'est un plaisir pour moi.

Infirmier, pour soigner modestement et pouvoir faire un accompagnement de proximité dans les antichambres de la mort.

Pourquoi pas fleuriste, ou bien encore boulanger, ou ethnologue. Mais avec l'intuition que ces métiers sont statiques, ou sans espoir, les populations autochtones disparaissant les unes après les autres. Les prochaines autochtones, c'est nous !

Écrivain, pour passer son temps à écrire. Ou interprète, traducteur, pour manipuler les mots uniquement.

Guitariste, pour passer son temps à jouer et composer de la musique, à parler avec le coeur, avec des notes et des chansons.

Météorologue pour aller regarder les nuages, sentir le courant des vents, la pression des eaux.

Océanologue, pour parcourir les océans et se perdre au milieu des déserts d'eau, voir toutes les nuances du bleu, surtout du bleu profond, sombre, et les trous béants de la houle.

Cinéaste ou scénariste, pour donner la vision des mondes irréels, sur réels, fictifs, intersticiels, des émotions, des sentiments, des regards, des sons, des musiques, des voies, des perspectives ... le Monde entier !

Vigneron pour se battre avec la terre et les circumvolitions torturées des vignes.

Mais je ne suis plus le lycéen qui pourrait alors porter le regard avec joie sur ce territoire des possibles, et je sens toute la pression qui me fait me contenter de ce que je suis, polytechnicien-rêveur.

Par ArbreBlanc - Publié dans : Ouate
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Samedi 5 avril 2008 6 05 04 2008 22:17

Depuis l'un des premiers articles de ce blog, je pointe la présence d'antagonismes sociaux. Et le commercial, qui sous prétexte de bien-être ou d'écologie, vous vend un truc est un passeur de ces antagonismes, qui autrement seraient invivables.

Antagonisme ... de classe, disait Marx, qui basait son analyse et son verdict sur le dépassement de l'antagonisme de classe. Les possesseurs du capital sont priméoccupés d'extraire le maximum de richesse de leurs entreprises, pressurant les employés, qui a leur tour voudrait bien retirer plus de leur travail.

Antagonisme de l'individuel et du collectif. Entre social et liberté il faudrait choisir. L'individu est tourné vers la satisfaction de ses désirs, dont on autorise, suivant les sociétés, plus ou moins de latitude par rapport aux désirs des autres. La société, par contre, donnera pour partie des contraintes, sous forme d'impôts, de règles, de lois, de moeurs. Et l'antagonisme, constitutif de nos rapports individuels et sociaux, trouve son atténuation dans la limite que tout individu met à ses désirs, sous peine d'anomie ou de solitude des désirs.

Antagonisme entre dirigeant, qui commande, et dirigé, qui obéit. Dirigeants politiques, dirigeants économiques, hiérarchie. Concentration rationnelle issue d'une recherche d'efficacité, aboutissant à des rôles antagoniques.

Antogonisme entre conviction (intime) et responsabilité (collective), entre la focalisation sur la personne dans des rapports inter-individuels, ou bien aux groupes ou institutions, et focalisation sur d'autres, un groupe, au nom duquel il faut mener des actions en accord avec des objectifs.

Antagonisme du libéralisme politique, où chaque institution, dotée d'un pouvoir limité, limité par celui des autres institutions, construit sa stabilité sur l'exercice d'opposition aux limites.

Conflit ? Et non, justement, pas forcément. Le conflit est un mode de matérialisation de l'antagonisme MAIS n'en ai pas le seul mode de résolution ou d'avancée. Exit donc : la seule théorie de la médiation. Car il y a plus intrigant.

L'antagonisme est une forme exacerbée de différence. En tant que telle, la différence est INTERSTITIELLE. C'est-à-dire qu'elle permet que se glisse, dans l'interaction ou la réception de cette différence, une création. Celle que ni l'origine de la différence ni son récepteur n'auraient pu imaginer SEULS. D'où le sacré. D'où l'Art. D'où l'amour. D'où des quantités de choses qui sont le moteur de l'humain.

Il appartient à une démarche sociologique d'étudier, et discerner, dans l'histoire, quels sont les antagonismes invariants, et ceux qui sont transitoires, instables et générateurs de changement. Et puis ceux qui passe d'un mode à l'autre : non pas invariants mais suffisamment stables pour perdurés, puis être finalement démolis pour passer à autre chose.

L'antagonisme capitalisme / démocratie est-il de cette dernière nature ? Pour faire référence à l'agitation d'un drapeau rouge récent, digne d'un toréador, peut-on se demander, pour la vingtième fois depuis les 35 dernières années si : l'antagonisme entre capitalisme et démocratie occidentale est-il à ce point exacerbé qu'une réaction - de désespoir - des classes ulcérées pourraient se manifester ? Et faire évoluer le rapport antagonique actuel (quelque chose de l'ordre du social-libéralisme, qu'on soit d'un bord ou de l'autre - sauf du centre, qui se réclame de la même chose) ?

Et comment, faute d'avoir répondu à cette question, ne peut-on pas voir dans la survivance du marxisme, un empoisonnement bloquant l'évolution de cet antagonisme ? Ou bien encore, en clair, comme ne pas voir que PCF, LCR et autre LO jouent les conservateurs attardés, monopolisant un certain espoir ? Illusion du communisme pur, en conséquence, du partage de tout entre tous, qui n'est qu'un argument de propagande.

Je pense que le problème s'énonce clairement : une position sans appui sociologique, voir sans appui sur la psychologie sociale, ne vaut que pour faire de la politique, car autrement il faut prendre en compte tous les antagonismes (mais aussi les symbioses) qui traversent nos sociétés.

Mais une position politique ne pouvant pas être rationnelle (elle paraît très souvent au mieux pseudo-logique, et est parfois immorale - voir la grâce des condamnés de l'arche de Zoé obtenue en contrepartie du soutien militaire des Français au Tchad), je pense donc, en conséquence, qu'il est illusoire de vouloir réconcilier politique et raison. Encore un antagonisme, qui plus est très stable ... d'où je retire la décision de ne plus m'engager comme militant.

Pourquoi, dès lors, ne pas se laisser dériver au fil de l'interstitiel humain ?

Par ArbreBlanc - Publié dans : Réflexion
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 03 2008 22:17

Il y a des jours comme ça, on se dit que finalement on a tout. Plus de problèmes. Plus de quête. Plus de combats. Les désagréments ne font plus que nous effleurer. On se sent une pierre qui flotte dans le lit d'un torrent. Plus rien à arracher, à fustiger, à surveiller, gagner. Comme une narcose optimiste.

Les inégalités sociales ? Une situation qui tend à se résoudre progressivement, même si il y a des à-coups. On est déjà arrivé à quelque chose d'acceptable en moyenne, et c'est un bon résultat, il faut continuer.

Les guerres ? Idem, plus le temps passe moins il y a de guerre, et nous avons en notre possession les moyens d'en avoir moins, puis plus tard de ne plus en avoir du tout.

Le conflit des intérêts particuliers ? Tous les conflits trouvent une solution et ne perdurent pas.

Darfour ? Tibet / Chine ? Zimbabwe ? Kenya ? Haïti ? FARC ? Terroristes ? Famines ? Catastrophes ? SDF ? Epidémies ? Pollution ? Réchauffement climatique ? Corruption ? Meurtres et crimes ? Mis en parenthèse, comme des accidents de parcours.

Et on peut finalement se laisser aller dans le tourbillon impressioniste de l'information, une nouvelle en sachant une autre, les problèmes vite oubliés par les dépêches suivantes. L'éthique de la responsabilité s'efface, l'inaction peut s'installer. La conviction pédale dans le vide de l'écran noir.

On devient simple spectateur incrédule.

 

Par ArbreBlanc - Publié dans : Ouate
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 03 2008 19:40

Gros pari : réussir à être crédible tout en employant une forme très maniérée, qui sonne un peu exercice de style.

Dogme : pas de couleurs, peu d'actions mais beaucoup de dialogues, décors de no man's land, de périphérie (urbaine, routière) glauque.


Sujet : faire des casses ou des grosses crasses.

Pari assez réussi, mais pas complètement à mon sens. Le film est très divertissant, et Benchetrit montre un goût assez sûr du comique. Les scènes sont vraiment croustillantes pour la plupart (le kidnapping, le face à face des deux chanteurs, la bande des 5). On sent l'influence théatrale, beaucoup de plans longs et statiques, axage sur les dialogues, sur l'histoire, rebondissements : si vous aimez le théâtre, vous aimerez le film.

Non, c'est pas mal, mais il y a quelques absences, quelques creux : Edouard Baer un peu trop "complètement loser", Bashung qui joue pas très bien, une séquence film muet pas aussi drôle qu'elle veut l'être. Et puis Anna Mouglalis, elle est bien mais je ne sais pas j'aurais vu quelqu'un un poil plus destroy, genre Béatrice Dalle. Ou Charlotte Gainsbourg : ça aurait fait un joli parallèle avec Je t'aime moi non plus, la fille de Birkin au comptoir dans une cafet' pourrie, mais sans les homos, le salaud de proprio, l'histoire de cul.

So : pas le film de l'année mais un film de cinéma bien maîtrisé, bien théatralisé. Trop peut-être ...

Par ArbreBlanc - Publié dans : Cinéma
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Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 13:53

Ils parlent, ils parlent, mais bon, voilà finalement comment ils pensent :

SI le pétrôle contribue au réchauffement climatique ALORS il faut diminuer la consommation de pétrôle de 20%

SI nous manquons de pétrôle ALORS il faut chercher un autre carburant

COMME nous faisons confiance à la croissance, qui est le seul mode possible de perpétuation d'une économie capitaliste

COMME nous faisons confiance dans la perpétuation d'une économie capitaliste PARCE QUE c'est la promesse de l'embourgeoisement et de l'épanouissement de chaque individu

EN CONSEQUENCE nous ne pouvons pas réduire notre consommation de carburant, car cela entraînerait une dé-croissance

MAIS COMME nous pouvons produire du carburant à partir de la biomasse (biocarburants)

ALORS nous allons remplacer le pétrôle par 20% biocarburants

Qu'elle est belle, la pseudo-harmonie rationnelle !

Seulement, si on continue ne serait-ce qu'un peu ...

SI nous fixons un objectif de 20% de biocarburants ALORS il faut consacrer 70% des terres cultivables européennes à cet objectif

COMME ce n'est pas possible de ne pas manger (tout le monde, mais surtout le bourgeois qui n'est guère jardinier)

COMME nous pouvons échanger des matières premières avec d'autres zones géographiques,

ALORS nous allons faire produire nos biocarburants dans d'autres pays, à faible densité de population et à fort potentiel de développemen agricole

MAIS COMME pour développer l'agriculture de ces pays il faut avoir recours à la déforestation et aux engrais non biologiques

ALORS ce n'est pas possible

DONC : ce n'est pas possible et on cherche autre chose.

 

OBJECTION VOTRE HONNEUR 1 : coco, il faut savoir jauger les avantages et les inconvénients. Il y a des avantages, des inconvénients, on ne les jauge pas, on ne les évalue pas, mais on juge quand même (le rationnel a ses limites mais aussi ses milices sans limites) et mon opinion est faite. Ensuite je passe à l'action politique : je milite à tout va pour une thèse de manière assez aveugle. Ensuite si tout le monde va dans un autre sens, ben moi aussi et toi avec. C'est clair ?

OBJECTION VOTRE HONNEUR 2 : je ne suis pas d'accord, donc je lutte contre toi. Nous combattons, celui qui a la majorité l'emporte. Tous les moyens légaux sont bons, y compris les plus sentimentaux bien sûr. Fais comme tu veux, mais renard ou lion tu devras prendre ton parti.

 

Je ne l'aime guère, mais je dois reconnaître que ma culture collective, française DONC teintée de machiavélisme, me prédispose à lui reconnaître une place : ah, ce bon vieux Vilfredor (Paretor), s'il était encore de ce monde il dirait : "Je vous l'avais dit, une grosse partie des actions humaines emprunte la voie de justifications pseudo-logique, juste pour faire semblant d'être rationnel, alors qu'au final c'est un sentiment de satisfaction, satisfaction d'intérêt individuel voire collectif qui fait avancer la machine !".

CONCLUSION : pas beau à voir pour l'instant, il manque des bases sereines on dirait (OU peut-on échapper à sa culture ?)

Par ArbreBlanc - Publié dans : Qualité environnementale
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Mercredi 19 mars 2008 3 19 03 2008 16:57

Tibet.png  (le drapeau du Tibet)

 

Un peu d'histoire ...

Le Tibet existe comme entité identifiable dans l'histoire depuis le VIIème siècle. D'abord royaume, il est ensuite devenu "région autonome" sous protectorat mongol puis chinois à partir de 1720. Ce sont les Chinois qui ont ainsi installé le VIIème dalaï lama, titre donné au plus haut chef spirituel du Tibet et chef temporel du gouvernement du Tibet.

Au XIXème siècle le Tibet retrouve sa souveraineté à la faveur de l'affaiblissement de la Chine, due en partie aux invasions occidentales. A la fin du XIXème siècle la Grande Bretagne commence à s'intéresser au Tibet. Elle tente d'abord de pouvoir y faire du commerce en concluant des accords avec les Chinois. Le Grande-Bretagne est préssée par les velléités Russes sur ce territoire.

Mais l'exercice de la souveraineté de la Chine sur le Tibet étant à cette époque purement formelle, la Grande-Bretagne décide de passer directement à l'action et lance, en 1904, une opération militaire contre le Tibet, occupant Lhassa, déclenchant la fuite du 13ème Dalaï-Lama et massacrant la défense tibétaine. Puis en 4 ans la Grande-Bretagne parvient à ses fins commerciales (installation de 3 bases commerciales) et diplomatiques.Le Tibet passe sous influence Britannique de fait, sans être à proprement parlé une colonie ni un protectorat mais avec une position privilégiée de la Grande-Bretagne.

Durant cette période, en 1905, la Chine entreprend de recoloniser la ville de Chamdo, située à l'extrème est du Tibet. L'afflux de Chinois provoque une disette à Batang, dans le Sichuan voisin. En réaction, la Chine souhaite réduire le nombre de moines bouddhistes, considérés comme des bouches inutiles. Un soulèvement des moines bouddhiste se produit alors dans toutes les régions du Kham, qui est réprimée par les Chinois avec une extrème brutalité, et se solde par l'envahissement de l'Est du Tibet. Simultanément, le 13ème dalaï lama revient au Tibet en 1906.

Le traité de Pékin, signé entre la Chine et la Grande-Bretagne rétablit alors la souveraineté chinoise sur le Tibet, qui étend sa colonisation jusqu'à chasser et destituer le dalaï lama en 1910. Celui-ci fuit alors pour l'Inde, sous domination Britannique.

Mais à la faveur de la révolution chinoise de 1911, le dalaï lama rentre au Tibet,et y  fait expulser les Chinois. Le 14 février 1913 le 13ème Dalai proclame l'indépendance de son pays. Mais la Chine s'y oppose. S'en suit une période de stabilité mais marquée de conflits militaires aux frontières avec la Chine nationaliste.

En 1950, la Chine réoccupe militairement la Tibet et met en place un nouveau régime, plaçant le Tibet sous la dépendance de Pékin. En 1956 débute la révolte des Tibétains, et en 1959 le 14ème dalaï-lama s'enfuit à nouveau en Inde. Il y est depuis cette époque.

Depuis 1959 : violation continue des droits de l'Homme

Par la suite, la Chine s'est régulièrement livrée à des activités contraires aux droits de l'Homme : mariages forcés de Tibétaines avec des colons chinois, pas d'enseignement de la langue Tibétaine, esclavage sexuel et prostitution de nombreuses Tibétaines, moines torturés et exécutés (110 000 en 1966), destruction des symboles religieux, "rééducation" d'une violence extrème lors de la collectivisation dans les années 70, avec exécutions sommaires, répression sanglantes des manifestations, avec arrestations et torture (600 en 1987), loi martiale ...

Autonomie du Tibet : quelle réalité aujourd'hui ?

L'examen de l'histoire de cette région permet d'identifier : un peuple tibétain, et une région qu'il occupe depuis au moins 14 siècles, parfois de manière souveraine mais beaucoup plus souvent sous souveraineté ou suzeraineté de la Chine.

Il est par ailleurs indiscutable que le peuple Tibétain a été soumis à l'oppression de la République Populaire de Chine. Les Nations Unies ont, par trois résolutions (1959, 1960, 1965), condamnés les actions de la Chine au Tibet, constatant la violation des droits de l'homme et des règles internationales, dénonçant la violation continuelle des droits fondamentaux des Tibétains.

Si l'on reconnaît, de plus, le droit d'un peuple à disposer d'un territoire stable, et le droit d'un peuple à disposer de lui-même (l'un des objectifs des Nations Unies : article 1 point 2 de la Charte des Nations Unies), c'est également l'occupation par la Chine, et sa mainmise sur l'administration et le gouvernement des Tibétains, qu'il faut condamner.

La Chine prétend avoir entendu ces demandes et depuis avoir rétabli le droit des Tibétains. Ce que conteste le gouvernement Tibétain en exil. C'est sur ce conflit que tout, à mon sens, devrait se nouer aujourd'hui.

Comment éclaircir la situation si ce n'est en en faisant une question internationale ? Etant données les abominations Chinoises du passé, jusqu'à quel point la Chine dit vrai ou ment aujourd'hui ? Quelle est la situation réelle du peuple Tibétain ? Quelles actions en phase avec cette réalité faut-il entreprendre ?

Un point semble clair au moins aujourd'hui : la Chine n'a pas décolonisé le Tibet, et elle l'occupe au moins ethniquement. Ce point suffit, à mon sens, pour exiger de la Chine l'acceptation d'un éclaircissement sur la situation véritable au Tibet par la Communauté Internationale, et la cessation inconditionnelle de cette colonisation.

Faut-il boycotter les JO ?

Tant qu'il existe une situation avérée d'hégémonie Chinoise au Tibet, il faut protester et faire pression pour obtenir un droit de regard de la Communauté Internationale sur cette question. Cependant, il faut se garder de tout procès d'intention. Et d'autre part ce sont les Nations Unies qui doivent s'emparer de la question, car la question nécessite une position la plus impartiale possible.

Pourquoi tant d'agitation à propos du Tibet maintenant ? Pourquoi s'agiter maintenant et non pas s'être plus investi dans l'action internationale avant ? Il semble que, préssés par leurs bonnes consciences, les nations occidentales élèvent la voie comme pour se placer en symétrie médiatique avec le poids que prend la protestation Tibétaine dans les médias ...

Est-ce que boycotter peut faire avancer la question ? Est-ce que porter un pins peut aider ?

Tout tient à mon avis dans la précision du message. Ne devrait-on pas préférer une déclaration, verbale, officielle, précise et solennelle, à un geste, muet, plus anonyme, vague et provocant ? Faut-il répondre à l'agitation médiatique par une image et une "simple" protestation ? Je pense que non : il faut répondre par une action politique concrète, précise et opportune.

Voyons ce que vont faire nos chers dirigeants.

Par ArbreBlanc - Publié dans : Autre actualité
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