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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Dimanche 20 avril 2008

Beaucoup de formes d'art comtemporain à ArtBrussels. C'est la pagaille ! Personnellement je suis déçu de ce mélange qui frise l'entassement sans queue ni tête, et spécialement du peu d'émotion que suscite les peintures. Filtrage en question ? Et si le numérique était en train de manger le tangible, rongeant ce genre de manifestation, liée à un lieu et à un espace réel, et le mitant ?

Ici on apprend en fait qu'ArtBrussels est représentatif du marché mondial de l'art. Ce n'est donc pas une simple lubie de sélection locale (25% de galeries Belges seulement), mais bien l'image de ce que les plus grandes galeries proposent, au moins certaines.

Pourtant la FIAC m'avait tout de même arraché quelques émois, mais il est vrai il y a 14 ans déjà. Alors ... il faudra retourner à la FIAC 2008, du 23 au 26 octobre 2008. Pour affiner l'impression.

En attentant, un peu de recherche sur les Blogs ...

Et bien rien à se mettre sous la dent, de quelqu'un qui y serait allé et qui commenterait la chose. On trouve l'article douteusement dithyrambique du Monde (qui en creux souligne le sinistre possible des foires) et une note d'un type qui y a perdu un polaroïd (remarque privée à destination de cette personne : nulle trace de ce polaroïd, l'inspecteur LaBavette mène l'enquête).

Hmmm, mon flair d'investigateur me sussure : ça sent le phénomène auto-réalisateur. Soit : la presse en parle, fait monter la mayo, on en parle, on buzz, on vend / achète parce qu'on en parle.

ArtBrussels, franchement décevant.

par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mardi 15 avril 2008

L'aiguille, le pic percent souvent mon cœur

La grêle bat les fleurs et les touffes

La vague mord la terre

Le torrent gifle et nous empoigne

De la boue, du ciment, des pierres, des couteaux, tombent du bas plafond noir

Des cataractes vibrantes, tremblantes, cassantes s'abattent au sol

Le bouquetin fixe et gratte les pierres qui résonnent dans leur fuite

L'eau emporte, dérobe, opaque opercule aspirant

Le fil de la nuée gémit contre l'aiguisoir

Le ciel craque et de ses râpures, de ses haillons,

Saigne la peur qui sépare le corps de l'âme

L'ouragan de sable – chirurgie ! - anguleux est la meute du vent

La tête se dresse pour nous écraser

Elle nous crie de quitter son séant

Et les parois, ses démons servants, aboient eux aussi

Je marche vite, cours, sans me retourner,

De peur d'être pétrifié dans la lave horrifiante.


Mais même tragique, la montagne me manque

Et c'est de sa brutalité que je veux survivre ou être inhumé


Car le bestiaire écrit, d'après la lune,

Ses vers dans les prunes.

Glacière déboutonnée,

Le vent se cache !

par ArbreBlanc publié dans : Stratosphère
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Lundi 14 avril 2008

Je vagabonde dans le dictionnaire des métiers. Si il n'en tenait qu'à moi, si je n'avais pas à assurer ma subsistance par un métier dans lequel je dois être un spécialiste pour pouvoir être productif, je prendrais le temps de me reformer et je serais ...

Botaniste, pour apprendre le nom de toutes les fleurs et pouvoir écrire des poèmes savants.

Accompagnateur de moyenne montagne ou guide de haute montagne, pour arpenter les versants, les vallées, les pics et les glaciers et rencontrer l'indicible.

Agriculteur pour retourner la terre et voir les saisons la transformer.

Ingénieur forestier, pour parcourir les claies et les futaies, pour se perdre dans le végétal et la nuit des sous-bois.

Architecte pour faire des bâtiments des œuvres d'arts, ou paysagiste pour faire la même chose avec la matière végétale et les terrains non construits.

Conducteur de bus pour mener une activité sans aucune complication intellectuelle ou pratique, tout en pouvant conduire, c'est un plaisir pour moi.

Infirmier, pour soigner modestement et pouvoir faire un accompagnement de proximité dans les antichambres de la mort.

Pourquoi pas fleuriste, ou bien encore boulanger, ou ethnologue. Mais avec l'intuition que ces métiers sont statiques, ou sans espoir, les populations autochtones disparaissant les unes après les autres. Les prochaines autochtones, c'est nous !

Écrivain, pour passer son temps à écrire. Ou interprète, traducteur, pour manipuler les mots uniquement.

Guitariste, pour passer son temps à jouer et composer de la musique, à parler avec le coeur, avec des notes et des chansons.

Météorologue pour aller regarder les nuages, sentir le courant des vents, la pression des eaux.

Océanologue, pour parcourir les océans et se perdre au milieu des déserts d'eau, voir toutes les nuances du bleu, surtout du bleu profond, sombre, et les trous béants de la houle.

Cinéaste ou scénariste, pour donner la vision des mondes irréels, sur réels, fictifs, intersticiels, des émotions, des sentiments, des regards, des sons, des musiques, des voies, des perspectives ... le Monde entier !

Vigneron pour se battre avec la terre et les circumvolitions torturées des vignes.

Mais je ne suis plus le lycéen qui pourrait alors porter le regard avec joie sur ce territoire des possibles, et je sens toute la pression qui me fait me contenter de ce que je suis, polytechnicien-rêveur.

par ArbreBlanc publié dans : Ouate
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Samedi 5 avril 2008

Depuis l'un des premiers articles de ce blog, je pointe la présence d'antagonismes sociaux. Et le commercial, qui sous prétexte de bien-être ou d'écologie, vous vend un truc est un passeur de ces antagonismes, qui autrement seraient invivables.

Antagonisme ... de classe, disait Marx, qui basait son analyse et son verdict sur le dépassement de l'antagonisme de classe. Les possesseurs du capital sont priméoccupés d'extraire le maximum de richesse de leurs entreprises, pressurant les employés, qui a leur tour voudrait bien retirer plus de leur travail.

Antagonisme de l'individuel et du collectif. Entre social et liberté il faudrait choisir. L'individu est tourné vers la satisfaction de ses désirs, dont on autorise, suivant les sociétés, plus ou moins de latitude par rapport aux désirs des autres. La société, par contre, donnera pour partie des contraintes, sous forme d'impôts, de règles, de lois, de moeurs. Et l'antagonisme, constitutif de nos rapports individuels et sociaux, trouve son atténuation dans la limite que tout individu met à ses désirs, sous peine d'anomie ou de solitude des désirs.

Antagonisme entre dirigeant, qui commande, et dirigé, qui obéit. Dirigeants politiques, dirigeants économiques, hiérarchie. Concentration rationnelle issue d'une recherche d'efficacité, aboutissant à des rôles antagoniques.

Antogonisme entre conviction (intime) et responsabilité (collective), entre la focalisation sur la personne dans des rapports inter-individuels, ou bien aux groupes ou institutions, et focalisation sur d'autres, un groupe, au nom duquel il faut mener des actions en accord avec des objectifs.

Antagonisme du libéralisme politique, où chaque institution, dotée d'un pouvoir limité, limité par celui des autres institutions, construit sa stabilité sur l'exercice d'opposition aux limites.

Conflit ? Et non, justement, pas forcément. Le conflit est un mode de matérialisation de l'antagonisme MAIS n'en ai pas le seul mode de résolution ou d'avancée. Exit donc : la seule théorie de la médiation. Car il y a plus intrigant.

L'antagonisme est une forme exacerbée de différence. En tant que telle, la différence est INTERSTITIELLE. C'est-à-dire qu'elle permet que se glisse, dans l'interaction ou la réception de cette différence, une création. Celle que ni l'origine de la différence ni son récepteur n'auraient pu imaginer SEULS. D'où le sacré. D'où l'Art. D'où l'amour. D'où des quantités de choses qui sont le moteur de l'humain.

Il appartient à une démarche sociologique d'étudier, et discerner, dans l'histoire, quels sont les antagonismes invariants, et ceux qui sont transitoires, instables et générateurs de changement. Et puis ceux qui passe d'un mode à l'autre : non pas invariants mais suffisamment stables pour perdurés, puis être finalement démolis pour passer à autre chose.

L'antagonisme capitalisme / démocratie est-il de cette dernière nature ? Pour faire référence à l'agitation d'un drapeau rouge récent, digne d'un toréador, peut-on se demander, pour la vingtième fois depuis les 35 dernières années si : l'antagonisme entre capitalisme et démocratie occidentale est-il à ce point exacerbé qu'une réaction - de désespoir - des classes ulcérées pourraient se manifester ? Et faire évoluer le rapport antagonique actuel (quelque chose de l'ordre du social-libéralisme, qu'on soit d'un bord ou de l'autre - sauf du centre, qui se réclame de la même chose) ?

Et comment, faute d'avoir répondu à cette question, ne peut-on pas voir dans la survivance du marxisme, un empoisonnement bloquant l'évolution de cet antagonisme ? Ou bien encore, en clair, comme ne pas voir que PCF, LCR et autre LO jouent les conservateurs attardés, monopolisant un certain espoir ? Illusion du communisme pur, en conséquence, du partage de tout entre tous, qui n'est qu'un argument de propagande.

Je pense que le problème s'énonce clairement : une position sans appui sociologique, voir sans appui sur la psychologie sociale, ne vaut que pour faire de la politique, car autrement il faut prendre en compte tous les antagonismes (mais aussi les symbioses) qui traversent nos sociétés.

Mais une position politique ne pouvant pas être rationnelle (elle paraît très souvent au mieux pseudo-logique, et est parfois immorale - voir la grâce des condamnés de l'arche de Zoé obtenue en contrepartie du soutien militaire des Français au Tchad), je pense donc, en conséquence, qu'il est illusoire de vouloir réconcilier politique et raison. Encore un antagonisme, qui plus est très stable ... d'où je retire la décision de ne plus m'engager comme militant.

Pourquoi, dès lors, ne pas se laisser dériver au fil de l'interstitiel humain ?

par ArbreBlanc publié dans : Réflexion
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Dimanche 30 mars 2008

Il y a des jours comme ça, on se dit que finalement on a tout. Plus de problèmes. Plus de quête. Plus de combats. Les désagréments ne font plus que nous effleurer. On se sent une pierre qui flotte dans le lit d'un torrent. Plus rien à arracher, à fustiger, à surveiller, gagner. Comme une narcose optimiste.

Les inégalités sociales ? Une situation qui tend à se résoudre progressivement, même si il y a des à-coups. On est déjà arrivé à quelque chose d'acceptable en moyenne, et c'est un bon résultat, il faut continuer.

Les guerres ? Idem, plus le temps passe moins il y a de guerre, et nous avons en notre possession les moyens d'en avoir moins, puis plus tard de ne plus en avoir du tout.

Le conflit des intérêts particuliers ? Tous les conflits trouvent une solution et ne perdurent pas.

Darfour ? Tibet / Chine ? Zimbabwe ? Kenya ? Haïti ? FARC ? Terroristes ? Famines ? Catastrophes ? SDF ? Epidémies ? Pollution ? Réchauffement climatique ? Corruption ? Meurtres et crimes ? Mis en parenthèse, comme des accidents de parcours.

Et on peut finalement se laisser aller dans le tourbillon impressioniste de l'information, une nouvelle en sachant une autre, les problèmes vite oubliés par les dépêches suivantes. L'éthique de la responsabilité s'efface, l'inaction peut s'installer. La conviction pédale dans le vide de l'écran noir.

On devient simple spectateur incrédule.

 

par ArbreBlanc publié dans : Ouate
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Vendredi 28 mars 2008

Gros pari : réussir à être crédible tout en employant une forme très maniérée, qui sonne un peu exercice de style.

Dogme : pas de couleurs, peu d'actions mais beaucoup de dialogues, décors de no man's land, de périphérie (urbaine, routière) glauque.


Sujet : faire des casses ou des grosses crasses.

Pari assez réussi, mais pas complètement à mon sens. Le film est très divertissant, et Benchetrit montre un goût assez sûr du comique. Les scènes sont vraiment croustillantes pour la plupart (le kidnapping, le face à face des deux chanteurs, la bande des 5). On sent l'influence théatrale, beaucoup de plans longs et statiques, axage sur les dialogues, sur l'histoire, rebondissements : si vous aimez le théâtre, vous aimerez le film.

Non, c'est pas mal, mais il y a quelques absences, quelques creux : Edouard Baer un peu trop "complètement loser", Bashung qui joue pas très bien, une séquence film muet pas aussi drôle qu'elle veut l'être. Et puis Anna Mouglalis, elle est bien mais je ne sais pas j'aurais vu quelqu'un un poil plus destroy, genre Béatrice Dalle. Ou Charlotte Gainsbourg : ça aurait fait un joli parallèle avec Je t'aime moi non plus, la fille de Birkin au comptoir dans une cafet' pourrie, mais sans les homos, le salaud de proprio, l'histoire de cul.

So : pas le film de l'année mais un film de cinéma bien maîtrisé, bien théatralisé. Trop peut-être ...

par ArbreBlanc publié dans : Cinéma
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Mardi 25 mars 2008

Ils parlent, ils parlent, mais bon, voilà finalement comment ils pensent :

SI le pétrôle contribue au réchauffement climatique ALORS il faut diminuer la consommation de pétrôle de 20%

SI nous manquons de pétrôle ALORS il faut chercher un autre carburant

COMME nous faisons confiance à la croissance, qui est le seul mode possible de perpétuation d'une économie capitaliste

COMME nous faisons confiance dans la perpétuation d'une économie capitaliste PARCE QUE c'est la promesse de l'embourgeoisement et de l'épanouissement de chaque individu

EN CONSEQUENCE nous ne pouvons pas réduire notre consommation de carburant, car cela entraînerait une dé-croissance

MAIS COMME nous pouvons produire du carburant à partir de la biomasse (biocarburants)

ALORS nous allons remplacer le pétrôle par 20% biocarburants

Qu'elle est belle, la pseudo-harmonie rationnelle !

Seulement, si on continue ne serait-ce qu'un peu ...

SI nous fixons un objectif de 20% de biocarburants ALORS il faut consacrer 70% des terres cultivables européennes à cet objectif

COMME ce n'est pas possible de ne pas manger (tout le monde, mais surtout le bourgeois qui n'est guère jardinier)

COMME nous pouvons échanger des matières premières avec d'autres zones géographiques,

ALORS nous allons faire produire nos biocarburants dans d'autres pays, à faible densité de population et à fort potentiel de développemen agricole

MAIS COMME pour développer l'agriculture de ces pays il faut avoir recours à la déforestation et aux engrais non biologiques

ALORS ce n'est pas possible

DONC : ce n'est pas possible et on cherche autre chose.

 

OBJECTION VOTRE HONNEUR 1 : coco, il faut savoir jauger les avantages et les inconvénients. Il y a des avantages, des inconvénients, on ne les jauge pas, on ne les évalue pas, mais on juge quand même (le rationnel a ses limites mais aussi ses milices sans limites) et mon opinion est faite. Ensuite je passe à l'action politique : je milite à tout va pour une thèse de manière assez aveugle. Ensuite si tout le monde va dans un autre sens, ben moi aussi et toi avec. C'est clair ?

OBJECTION VOTRE HONNEUR 2 : je ne suis pas d'accord, donc je lutte contre toi. Nous combattons, celui qui a la majorité l'emporte. Tous les moyens légaux sont bons, y compris les plus sentimentaux bien sûr. Fais comme tu veux, mais renard ou lion tu devras prendre ton parti.

 

Je ne l'aime guère, mais je dois reconnaître que ma culture collective, française DONC teintée de machiavélisme, me prédispose à lui reconnaître une place : ah, ce bon vieux Vilfredor (Paretor), s'il était encore de ce monde il dirait : "Je vous l'avais dit, une grosse partie des actions humaines emprunte la voie de justifications pseudo-logique, juste pour faire semblant d'être rationnel, alors qu'au final c'est un sentiment de satisfaction, satisfaction d'intérêt individuel voire collectif qui fait avancer la machine !".

CONCLUSION : pas beau à voir pour l'instant, il manque des bases sereines on dirait (OU peut-on échapper à sa culture ?)

par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Mercredi 19 mars 2008

Tibet.png (le drapeau du Tibet)

 

Un peu d'histoire ...

Le Tibet existe comme entité identifiable dans l'histoire depuis le VIIème siècle. D'abord royaume, il est ensuite devenu "région autonome" sous protectorat mongol puis chinois à partir de 1720. Ce sont les Chinois qui ont ainsi installé le VIIème dalaï lama, titre donné au plus haut chef spirituel du Tibet et chef temporel du gouvernement du Tibet.

Au XIXème siècle le Tibet retrouve sa souveraineté à la faveur de l'affaiblissement de la Chine, due en partie aux invasions occidentales. A la fin du XIXème siècle la Grande Bretagne commence à s'intéresser au Tibet. Elle tente d'abord de pouvoir y faire du commerce en concluant des accords avec les Chinois. Le Grande-Bretagne est préssée par les velléités Russes sur ce territoire.

Mais l'exercice de la souveraineté de la Chine sur le Tibet étant à cette époque purement formelle, la Grande-Bretagne décide de passer directement à l'action et lance, en 1904, une opération militaire contre le Tibet, occupant Lhassa, déclenchant la fuite du 13ème Dalaï-Lama et massacrant la défense tibétaine. Puis en 4 ans la Grande-Bretagne parvient à ses fins commerciales (installation de 3 bases commerciales) et diplomatiques.Le Tibet passe sous influence Britannique de fait, sans être à proprement parlé une colonie ni un protectorat mais avec une position privilégiée de la Grande-Bretagne.

Durant cette période, en 1905, la Chine entreprend de recoloniser la ville de Chamdo, située à l'extrème est du Tibet. L'afflux de Chinois provoque une disette à Batang, dans le Sichuan voisin. En réaction, la Chine souhaite réduire le nombre de moines bouddhistes, considérés comme des bouches inutiles. Un soulèvement des moines bouddhiste se produit alors dans toutes les régions du Kham, qui est réprimée par les Chinois avec une extrème brutalité, et se solde par l'envahissement de l'Est du Tibet. Simultanément, le 13ème dalaï lama revient au Tibet en 1906.

Le traité de Pékin, signé entre la Chine et la Grande-Bretagne rétablit alors la souveraineté chinoise sur le Tibet, qui étend sa colonisation jusqu'à chasser et destituer le dalaï lama en 1910. Celui-ci fuit alors pour l'Inde, sous domination Britannique.

Mais à la faveur de la révolution chinoise de 1911, le dalaï lama rentre au Tibet,et y  fait expulser les Chinois. Le 14 février 1913 le 13ème Dalai proclame l'indépendance de son pays. Mais la Chine s'y oppose. S'en suit une période de stabilité mais marquée de conflits militaires aux frontières avec la Chine nationaliste.

En 1950, la Chine réoccupe militairement la Tibet et met en place un nouveau régime, plaçant le Tibet sous la dépendance de Pékin. En 1956 débute la révolte des Tibétains, et en 1959 le 14ème dalaï-lama s'enfuit à nouveau en Inde. Il y est depuis cette époque.

Depuis 1959 : violation continue des droits de l'Homme

Par la suite, la Chine s'est régulièrement livrée à des activités contraires aux droits de l'Homme : mariages forcés de Tibétaines avec des colons chinois, pas d'enseignement de la langue Tibétaine, esclavage sexuel et prostitution de nombreuses Tibétaines, moines torturés et exécutés (110 000 en 1966), destruction des symboles religieux, "rééducation" d'une violence extrème lors de la collectivisation dans les années 70, avec exécutions sommaires, répression sanglantes des manifestations, avec arrestations et torture (600 en 1987), loi martiale ...

Autonomie du Tibet : quelle réalité aujourd'hui ?

L'examen de l'histoire de cette région permet d'identifier : un peuple tibétain, et une région qu'il occupe depuis au moins 14 siècles, parfois de manière souveraine mais beaucoup plus souvent sous souveraineté ou suzeraineté de la Chine.

Il est par ailleurs indiscutable que le peuple Tibétain a été soumis à l'oppression de la République Populaire de Chine. Les Nations Unies ont, par trois résolutions (1959, 1960, 1965), condamnés les actions de la Chine au Tibet, constatant la violation des droits de l'homme et des règles internationales, dénonçant la violation continuelle des droits fondamentaux des Tibétains.

Si l'on reconnaît, de plus, le droit d'un peuple à disposer d'un territoire stable, et le droit d'un peuple à disposer de lui-même (l'un des objectifs des Nations Unies : article 1 point 2 de la Charte des Nations Unies), c'est également l'occupation par la Chine, et sa mainmise sur l'administration et le gouvernement des Tibétains, qu'il faut condamner.

La Chine prétend avoir entendu ces demandes et depuis avoir rétabli le droit des Tibétains. Ce que conteste le gouvernement Tibétain en exil. C'est sur ce conflit que tout, à mon sens, devrait se nouer aujourd'hui.

Comment éclaircir la situation si ce n'est en en faisant une question internationale ? Etant données les abominations Chinoises du passé, jusqu'à quel point la Chine dit vrai ou ment aujourd'hui ? Quelle est la situation réelle du peuple Tibétain ? Quelles actions en phase avec cette réalité faut-il entreprendre ?

Un point semble clair au moins aujourd'hui : la Chine n'a pas décolonisé le Tibet, et elle l'occupe au moins ethniquement. Ce point suffit, à mon sens, pour exiger de la Chine l'acceptation d'un éclaircissement sur la situation véritable au Tibet par la Communauté Internationale, et la cessation inconditionnelle de cette colonisation.

Faut-il boycotter les JO ?

Tant qu'il existe une situation avérée d'hégémonie Chinoise au Tibet, il faut protester et faire pression pour obtenir un droit de regard de la Communauté Internationale sur cette question. Cependant, il faut se garder de tout procès d'intention. Et d'autre part ce sont les Nations Unies qui doivent s'emparer de la question, car la question nécessite une position la plus impartiale possible.

Pourquoi tant d'agitation à propos du Tibet maintenant ? Pourquoi s'agiter maintenant et non pas s'être plus investi dans l'action internationale avant ? Il semble que, préssés par leurs bonnes consciences, les nations occidentales élèvent la voie comme pour se placer en symétrie médiatique avec le poids que prend la protestation Tibétaine dans les médias ...

Est-ce que boycotter peut faire avancer la question ? Est-ce que porter un pins peut aider ?

Tout tient à mon avis dans la précision du message. Ne devrait-on pas préférer une déclaration, verbale, officielle, précise et solennelle, à un geste, muet, plus anonyme, vague et provocant ? Faut-il répondre à l'agitation médiatique par une image et une "simple" protestation ? Je pense que non : il faut répondre par une action politique concrète, précise et opportune.

Voyons ce que vont faire nos chers dirigeants.

par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mardi 11 mars 2008
Me revoilà !
La réflexion est intense.
Je n'avais plus envie d'écrire, même si ce ne sont surement pas les sujets qui manquent. C'est une prise de distance.
Voici un dessin.
Dessin.png
par ArbreBlanc publié dans : Ouate
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Dimanche 27 janvier 2008

Reconnaissons-le : le dernier film de Sean Penn est un bon moment de cinéma. Il nous emmène, sans temps mort, dans la nature la plus sauvage, dans la suite du héros. Il propose une narration construite à 3 niveaux : l'histoire courante du héros, un flash back sur son parcours en parallèle, et la voix off de la soeur du héros qui ponctue le récit. Il prévoit quelques moments de sensation forte (dépeçage d'un caribou, passage d'un ours, franchissement de rapides, bastonnage dans un train de marchandises ...). Les paysages et les scènes naturalistes, qui incluent toujours le héros de l'histoire, sont très présents.

Et l'histoire, alors ? Et bien, un récit sur une expérience individualiste, isolationniste, de solitude, d'ermitage dans la nature sauvage. Qui a ses racines dans le rejet du mensonge et de l'hypocrisie d'une famille et d'une société, mais également dans un certain isolement théorique (dans des bouquins), et qui se termine on ne peut plus mal. Qui souligne également l'aveuglement du héros, qui ne voit pas, ne prend pas la main qu'on lui tend sur son passage, ne saisit pas les messages ou les opportunités qu'ils adressent (l'amour de l'autre, la difficulté des relations parentales) et ne pense qu'à une chose : l'isolement en Alaska.

Mise en scène volontaire, l'approche des paysages ou du contexte naturel ne se dirige pas vers ceux-là même : le sujet n'est pas la nature (ses beautés et ses dangers), mais bien la trajectoire singulière du héros, Alex Supertramp, dans cette nature qui est un cadre. Les amateurs de splendeurs ne s'y retrouveront que peu, car la manière de filmer, bougé - caméra sur l'épaule et plan coupé, un peu haché, empêche de saisir la nature, et se préoccupe davantage d'exprimer la trajectoire du personnage principale et sa hargne, on peut presque dire sa fuite ou tout du moins sa quête.

Ce film s'inspire d'une expérience réelle. Et c'est peut-être précisément dans cela qu'il peut paraître brider : histoire à raconter + merveilleux décors naturels = Sean Penn s'épargne un vrai travail de réflexion.

Certes, le film est spirituellement consistant. Il vient souligner les limites de l'individualisme, à traverse un message : la sagesse, le bonheur sont des notions qu'on éprouve en relation avec d'autres personnes ou en collectif, pas seul. Il incarne le mythe du solitaire qui poursuit ses rêves seuls dans la nature, en disqualifiant cette voie. Lorsque la solitude apporte la solution au héros, il est trop tard :  il ne peut plus faire demi-tour : et puis il s'empoisonne, et meurt. Seul il n'est donc pas possible de s'en sortir, c'est physiquement dangereux et si l'introspection vaut, elle ne doit pas gâcher les messages que d'autres, rencontrés sur le chemin, vous adressent.

Mais on s'arrêtera là. Le film n'aborde pas les possibles solutions, leurs subtilités bien plus grande que celle d'un isolement (vie en groupe, filiation, amour, partage, sociétal, etc), et se borne au constat de l'échec. La réflexion qu'appelle le scénario a donc lieu en dehors du film. Et c'est un peu dommage.

Le film présente également un trait restrictif : le héros, au fond, ressemble physiquement au Christ, à la fin en particulier, et les références à la religion chrétienne sont marquées. Heureusement qu'à côté de l'endroit où il a élu domicile il n'y a pas une croix prête à l'accueillir, sinon, on y avait droit ... Plus largement, l'évocation idéologique qu'utilise le film est uniquement chrétienne. Le film laisse transparaître une tentation : celle de Jesus Supertramp marchant sur les eaux. C'est bien évidemment pesant, la seule idéologie de l'amour qui est présentée étant celle du Christ. Et idéologiquement orienté : il existe objectivement d'autres idéologies où l'amour a sa place : le bouddhisme, l'hindouisme par exemple. Et puis il y tout ce qu'on peut trouver dans le mouvement hippie, dont des représentants contemporains sont mis en scène, toutes ces voies concrètes qu'il serait intéressant de développer.

Le film démarque donc, sans élargir, mais plutôt en cantonnant, une question ou un fait manifeste : sur le territoire de l'amour, la proposition païenne est transparente et la place est libre pour les religions ...Deuxième thème épinglé avec justesse par le film , et celui-ci non traité religieusement, c'est celui de la vérité : que ce serait bien plus simple si la vérité existait, ou bien était au moins accessible ! .

le film de Sean Penn est donc une bonne expérience, mais un peu limitative et surement pas naturaliste. Mon sentiment est donc mitigé : voir le film apporte quelque chose, mais on aimerait qu'il suive un cours plus dense, et plus ouvert.

par ArbreBlanc publié dans : Cinéma
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