Plutonium et hydrogène, mon amour
Mais qu’est-ce que j’ai donc à déblatérer si fort au sujet du nucléaire ? Je vais vous expliquer : le 26 avril 2006 ont été marqué les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Alors que je n’avais jamais cherché à connaître les détails nucléaires de cet événement, j’avais à l’époque été dévoré d’une fièvre proche de l’obsession sur le sujet, destinée à déterminer quel est le danger réel de l’utilisation de cette énergie. Des fois comme ça, un rayon gamma vous pique …
A l’époque, je n’avais pas pu partager aussi en détail toutes mes trouvailles, n’ayant pas une fenêtre d’expression aussi large que ce blog. Et c’est ainsi qu’un résidu de cette fièvre, aboutissement de la pulsion expressionniste d’il y a 10 mois, vient emplir quelques articles. D’autres suivront probablement, étant donné la sensibilité de ce sujet.
Bon, aujourd’hui, le plutonium, son potentiel explosif dans les centrales, et l’hydrogène.
Pourquoi le plutonium ? Pour deux raisons.
1. Il est utilisé dans les centrales REP françaises et belges, présent dans un combustible qu’on appelle MOX (multi oxydes, mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium). Le pourcentage de plutonium présent dans ces combustibles, en rapport à l’uranium 238, est de 4%. Seul un tiers des assemblages sont de type MOX en France, de manière à garantir la sureté. Sachant qu’une centrale de puissance 900 MW contient environ 79 tonnes d’uranium 238, elle contient donc un peu plus d’une tonne de plutonium.
2. Pour se désintégrer et libérer de l’énergie, le plutonium doit entrer en collision avec un neutron rapide, au contraire de l’uranium 235, qui lui exige un neutron lent.
Mettons les deux ensemble. On en déduit qu’en cas de perte du modérateur (le milieu qui ralentit les neutrons dans une centrale, eau liquide sous pression pour les REP, graphite pour Tchernobyl), la fission du plutonium est favorisée.
Résultat : le coefficient de vide des réacteurs est moins négatif avec du plutonium. Allez, j’arrête de vous faire peur : il reste négatif. Donc la réaction nucléaire ne s’emballe pas outre mesure si elle devient incontrôlée. Ceci dit, elle sera de plus forte ampleur. Et les sécurités, sont-elle de plus forte ampleur ? Les barres de contrôles d’insère-t-elle plus vite depuis qu’on utilise du MOX ? Non.
Tiens, j’ai dit qu’il y avait un peu plus d’une tonne de plutonium dans un réacteur. Au fait, quel potentiel d’explosion cela représente-t-il ? La bombe nucléaire qui a explosé au-dessus de Nagasaki contenait 6,1 kg de plutonium pur, parmi lesquels 5 kilos n’ont pas fissionnés, et a dégagé une explosion de l’ordre de 22 kilo tonnes de TNT.
Si le plutonium présent dans une centrale REP était pur, il pourrait dégager une explosion d’une puissance d’un facteur 175, soit environ 38 méga tonne. Heureusement qu’il ne l’est pas ! Tant que le cœur du réacteur ne fusionne pas, tout va bien. Mais en cas de fusion, les scientifiques cherchent encore à savoir si les éléments du cœur fondu se … stratifient, en clair se re-concentrent. On n’est pas encore sûr de ce qui se passe exactement.
Je ne vous parle même pas de la toxicité du plutonium. Un milligramme inhalé et c’est le cancer du poumon garanti.
Enfin, cela a très peu de chance de se produire. Tout comme une explosion d’hydrogène. Enfin, lisez les descriptions en anglais de l’accident de Three Miles Island, et vous constaterez comme moi qu’à l’issue de l’accident, on ne savait plus très bien si la teneur en hydrogène et en oxygène aller faire exploser le réacteur. De quoi frémir …
Les centrales nucléaires ont un tel potentiel de dommage qu’on peut légitimement se demander si le public est réellement informé des dangers, et si il existe des mesures de sécurité réellement efficaces pour nous en protéger. En tout cas, une centrale nucléaire qui ne serait pas sous contrôle public semble moralement inacceptable. Privatisation d'EDF, à suivre ...
A l’époque, je n’avais pas pu partager aussi en détail toutes mes trouvailles, n’ayant pas une fenêtre d’expression aussi large que ce blog. Et c’est ainsi qu’un résidu de cette fièvre, aboutissement de la pulsion expressionniste d’il y a 10 mois, vient emplir quelques articles. D’autres suivront probablement, étant donné la sensibilité de ce sujet.
Bon, aujourd’hui, le plutonium, son potentiel explosif dans les centrales, et l’hydrogène.
Pourquoi le plutonium ? Pour deux raisons.
1. Il est utilisé dans les centrales REP françaises et belges, présent dans un combustible qu’on appelle MOX (multi oxydes, mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium). Le pourcentage de plutonium présent dans ces combustibles, en rapport à l’uranium 238, est de 4%. Seul un tiers des assemblages sont de type MOX en France, de manière à garantir la sureté. Sachant qu’une centrale de puissance 900 MW contient environ 79 tonnes d’uranium 238, elle contient donc un peu plus d’une tonne de plutonium.
2. Pour se désintégrer et libérer de l’énergie, le plutonium doit entrer en collision avec un neutron rapide, au contraire de l’uranium 235, qui lui exige un neutron lent.
Mettons les deux ensemble. On en déduit qu’en cas de perte du modérateur (le milieu qui ralentit les neutrons dans une centrale, eau liquide sous pression pour les REP, graphite pour Tchernobyl), la fission du plutonium est favorisée.
Résultat : le coefficient de vide des réacteurs est moins négatif avec du plutonium. Allez, j’arrête de vous faire peur : il reste négatif. Donc la réaction nucléaire ne s’emballe pas outre mesure si elle devient incontrôlée. Ceci dit, elle sera de plus forte ampleur. Et les sécurités, sont-elle de plus forte ampleur ? Les barres de contrôles d’insère-t-elle plus vite depuis qu’on utilise du MOX ? Non.
Tiens, j’ai dit qu’il y avait un peu plus d’une tonne de plutonium dans un réacteur. Au fait, quel potentiel d’explosion cela représente-t-il ? La bombe nucléaire qui a explosé au-dessus de Nagasaki contenait 6,1 kg de plutonium pur, parmi lesquels 5 kilos n’ont pas fissionnés, et a dégagé une explosion de l’ordre de 22 kilo tonnes de TNT.
Si le plutonium présent dans une centrale REP était pur, il pourrait dégager une explosion d’une puissance d’un facteur 175, soit environ 38 méga tonne. Heureusement qu’il ne l’est pas ! Tant que le cœur du réacteur ne fusionne pas, tout va bien. Mais en cas de fusion, les scientifiques cherchent encore à savoir si les éléments du cœur fondu se … stratifient, en clair se re-concentrent. On n’est pas encore sûr de ce qui se passe exactement.
Je ne vous parle même pas de la toxicité du plutonium. Un milligramme inhalé et c’est le cancer du poumon garanti.
Enfin, cela a très peu de chance de se produire. Tout comme une explosion d’hydrogène. Enfin, lisez les descriptions en anglais de l’accident de Three Miles Island, et vous constaterez comme moi qu’à l’issue de l’accident, on ne savait plus très bien si la teneur en hydrogène et en oxygène aller faire exploser le réacteur. De quoi frémir …
Les centrales nucléaires ont un tel potentiel de dommage qu’on peut légitimement se demander si le public est réellement informé des dangers, et si il existe des mesures de sécurité réellement efficaces pour nous en protéger. En tout cas, une centrale nucléaire qui ne serait pas sous contrôle public semble moralement inacceptable. Privatisation d'EDF, à suivre ...
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