Comportement plus écologique : localement c'est pas gagné
Au-delà du buzz vert, qui voit fleurir l’écologie comme un thème à la mode dont on parle beaucoup, et comme un créneau marketing, il faut agir. S’acheter un pull en coton « bio » ne suffit pas, cela aurait même tendance à pouvoir devenir le refuge de la bonne conscience.
L’urgence écologique c’est la réduction des émissions de CO2. Je commence à m’apercevoir combien concrètement cela peut être difficile et demande en fait que la conviction et l’objectif soit partagé par tous les acteurs de la société, et donc y compris les plus retors, c’est-à-dire ceux qui possèdent un pouvoir de décision, n’ont pas acquis cette conviction, et campent encore sur des modèles fondés sur - par exemple - celle de la recherche du profit économique immédiat.
Je prends deux exemples concrets de ma vie quotidienne.
Le premier, c’est le renouvellement de ma voiture de société. La rumeur veut qu’un tel avantage soit attaché à de hauts dirigeants : mais en Belgique, beaucoup de collaborateurs en ont une, car il s’agit d’un moyen de contournement des impôts sur le revenu, qui pèsent très lourd.
De manière assez évidente, le véhicule de choix pour moi c’est une Toyota Prius. Je n’ai aucune action chez Toyota, aucun pot de vin de leur part, je me fis simplement aux mesures gouvernementales : c’est la voiture à essence qui émet le moins de CO2 par kilomètre, et qui en émet autant qu’une Volkswagen Polo diesel.
Je me tourne donc vers le service de gestion de la flotte de véhicule de ma société et lui fait part de mon souhait, qui est compatible avec mon budget d’achat (et même en dessous).
Mais premier problème : le parc auto est exclusivement diesel, en raison du coup de la consommation de carburant (qui est aussi payé par la société). Or la Prius est un véhicule exclusivement essence.
Je me fends donc d’une demande d’exception à la politique. Refus, motivé par de soi disant « benchmarks » de consommation qui « démontreraient » que la Prius en réalité consomme beaucoup plus.
Cet usage de la rumeur me met hors de moi, comme à chaque fois que j’ai affaire à un personnage visiblement malhonnête et hypocrite pour lequel le bavardage tient lieu de vérité et de paravent à l’inaction ou la protection de positions établies.
J’ai donc du répondre en lui demandant de changer sa position, argumentant poliment qu’une consommation officielle c’est une information fiable et bien définie par une directive européenne, que les consommations réelles, oui, peuvent être supérieures, mais que cela s’applique sans distinction à tous véhicules, pour des raisons liées à l’habitude de conduite par exemple ou à la charge du véhicule, et arguant du fait que, même si je respecte les sources de son (soi-disant) benchmarking, un tel procédé est loin d’avoir les garanties d’impartialité et de précision de la mesure officielle.
J’attends maintenant de voir la réaction de mon interlocuteur, surtout avec le directeur RH en copie (puisqu’ils ont pris la décision ensemble).
Deuxième exemple, changer la production d’eau chaude (sanitaire et chauffage) dans son habitation. Là encore, il n’est pas très difficile de trouver la solution (panneaux solaires, poêle à bois avec échangeur de chauffage pour l’eau, accumulateur chauffage / eau chaude 1000l, couplage avec une chaudière classique en cas d’insuffisance, et le tour est joué). Mais encore faut-il persuader, lorsqu’on est locataire, son proprio. Ou bien en avoir les moyens, car l’installation d’une telle solution coûte cher, mon estimation de budget pour l’achat des différents composants étant à 9000 euros TTC. En gros, pour le nec plus ultra il faut investir dans les 15 000 euros TTC.
Et donc encore faut-il que le proprio soit convaincu (je n’essaye même pas : je préfère devenir propriétaire et concevoir moi-même l’installation pour qu’elle soit la plus efficace possible) et en avoir les moyens.
La réponse au défi écologique implique donc :
Quand on voit la rumeur qui taxe de chimère le réchauffement climatique, sous des prétextes en réalité d’égoïsme (croyant que cela va leur amener le beau temps), de racisme (croyant que les principales victimes seront dans les pays du Sud), on se dit qu’à défaut de sagesse il faut absolument maîtriser l’art de la conduite du changement pour que des décisions démocratiques et des agissements au niveau des nations entières puissent voir le jour.
Quel boulot …
L’urgence écologique c’est la réduction des émissions de CO2. Je commence à m’apercevoir combien concrètement cela peut être difficile et demande en fait que la conviction et l’objectif soit partagé par tous les acteurs de la société, et donc y compris les plus retors, c’est-à-dire ceux qui possèdent un pouvoir de décision, n’ont pas acquis cette conviction, et campent encore sur des modèles fondés sur - par exemple - celle de la recherche du profit économique immédiat.
Je prends deux exemples concrets de ma vie quotidienne.
Le premier, c’est le renouvellement de ma voiture de société. La rumeur veut qu’un tel avantage soit attaché à de hauts dirigeants : mais en Belgique, beaucoup de collaborateurs en ont une, car il s’agit d’un moyen de contournement des impôts sur le revenu, qui pèsent très lourd.
De manière assez évidente, le véhicule de choix pour moi c’est une Toyota Prius. Je n’ai aucune action chez Toyota, aucun pot de vin de leur part, je me fis simplement aux mesures gouvernementales : c’est la voiture à essence qui émet le moins de CO2 par kilomètre, et qui en émet autant qu’une Volkswagen Polo diesel.
Je me tourne donc vers le service de gestion de la flotte de véhicule de ma société et lui fait part de mon souhait, qui est compatible avec mon budget d’achat (et même en dessous).
Mais premier problème : le parc auto est exclusivement diesel, en raison du coup de la consommation de carburant (qui est aussi payé par la société). Or la Prius est un véhicule exclusivement essence.
Je me fends donc d’une demande d’exception à la politique. Refus, motivé par de soi disant « benchmarks » de consommation qui « démontreraient » que la Prius en réalité consomme beaucoup plus.
Cet usage de la rumeur me met hors de moi, comme à chaque fois que j’ai affaire à un personnage visiblement malhonnête et hypocrite pour lequel le bavardage tient lieu de vérité et de paravent à l’inaction ou la protection de positions établies.
J’ai donc du répondre en lui demandant de changer sa position, argumentant poliment qu’une consommation officielle c’est une information fiable et bien définie par une directive européenne, que les consommations réelles, oui, peuvent être supérieures, mais que cela s’applique sans distinction à tous véhicules, pour des raisons liées à l’habitude de conduite par exemple ou à la charge du véhicule, et arguant du fait que, même si je respecte les sources de son (soi-disant) benchmarking, un tel procédé est loin d’avoir les garanties d’impartialité et de précision de la mesure officielle.
J’attends maintenant de voir la réaction de mon interlocuteur, surtout avec le directeur RH en copie (puisqu’ils ont pris la décision ensemble).
Deuxième exemple, changer la production d’eau chaude (sanitaire et chauffage) dans son habitation. Là encore, il n’est pas très difficile de trouver la solution (panneaux solaires, poêle à bois avec échangeur de chauffage pour l’eau, accumulateur chauffage / eau chaude 1000l, couplage avec une chaudière classique en cas d’insuffisance, et le tour est joué). Mais encore faut-il persuader, lorsqu’on est locataire, son proprio. Ou bien en avoir les moyens, car l’installation d’une telle solution coûte cher, mon estimation de budget pour l’achat des différents composants étant à 9000 euros TTC. En gros, pour le nec plus ultra il faut investir dans les 15 000 euros TTC.
Et donc encore faut-il que le proprio soit convaincu (je n’essaye même pas : je préfère devenir propriétaire et concevoir moi-même l’installation pour qu’elle soit la plus efficace possible) et en avoir les moyens.
La réponse au défi écologique implique donc :
- Que de nombreux acteurs soient convaincus, et pas simplement les initiateurs ou les conducteurs des projets de réduction des émissions de CO2,
- D’en avoir les moyens.
Quand on voit la rumeur qui taxe de chimère le réchauffement climatique, sous des prétextes en réalité d’égoïsme (croyant que cela va leur amener le beau temps), de racisme (croyant que les principales victimes seront dans les pays du Sud), on se dit qu’à défaut de sagesse il faut absolument maîtriser l’art de la conduite du changement pour que des décisions démocratiques et des agissements au niveau des nations entières puissent voir le jour.
Quel boulot …
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