Post-electionus, animal triste

Publié le par ArbreBlanc

Un marasme certain s’est abattu sur ma tête.

Retombé, l’élan idéologique de la campagne, déçu du débat d’idée qui n’a pas eu lieu, de véritables sujets qui n’ont pas émergé. Je lisais hier une interview de Morin et Ferry dans Le Monde 2, datant d’avant le second tour, et j’y ai trouvé tout ce qui m’a manqué, principalement le constat – partagé – que les idéaux ont désertés la politique et ont été substitués à des considérations économico-centrées d’origine purement systémiques et sociologiques, à la lointaine exhalaison humaine. Bonheur, sagesse, paix : ne cherchez pas ces mots dans les références de premier rang de nos comédiens politiques.

Et me voici donc, en conséquence, entraîné, mais peut-être pour plusieurs raisons, dans une déprime large, qui appelle les quelques questions suivantes.

Pourquoi donc ce découragement, cette déprime ? S’agit-il, personnellement, du nième constat d’une distance effarante entre les idées qui m’habitent, les impressions, les sentiments, et les autres, en quelque sorte de la difficulté de communiquer, voire de l’incommunicabilité ?

Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ? Y a-t-il vraiment problème ? Ou bien est-ce une sorte de perte de confiance excessive, de tabula rasa qui viendrait d’on ne sait où, périodiquement, faisant soudain patauger ? Ai-je pour autant toujours eu l’impression de patauger comme un caillou au fond du lit d’un torrent, et de ne pas apercevoir de signes de remontée à la surface ? Je crois que ça s’appelle ne pas avoir le moral, tout simplement. De tels moments peuvent parfaitement exister si c’est pour mieux rebondir.

Serait-ce ce boulot devenu, avec la réflexion des présidentielles, foncièrement inintéressant, car du domaine du chiffre d’affaire à faire, auquel est instillé sans y être inféodé un collectif minimal ? Serait-ce la pauvreté des rapports humains qui en découle, l’absence totale d’échos à mes idéaux ? Cette pauvreté est-elle de mon fait ou bien est-elle due à mon environnement ?

Je ne crois pas uniquement à un rôle professionnel renouvelé pour rebondir. Certes j’ai des idées du côté de l’environnemental, de l’architecture, mais le chemin me paraît si long et il semble avoir tant de composantes techniques ou commerciales devant ses avantages (mais plus que maintenant, c’est sûr), qu’il me faudra autre chose.

Cette autre chose, c’est une évolution personnelle. Laquelle ? A moi de trouver.

En tout cas l’engagement est bloqué, que ce soit pour des choses personnelles ou autres, toute chose personnelle se ramenant à une dimension collective qui appelle une renonciation immédiate. Curieux, non ? Alors, névrosé ? Non, ce diagnostic est probablement déplacé et signe d’un noircissement ambiant. Découragement plutôt.

Faut-il prendre le mors aux dents, foncer, développer ces idées à soi pour que les autres suivent ? Mais alors comment faire pour ne pas se faire déposséder ? Comment se posséder soi ?

Trop de spectacle, de mise en scène dont ferait partie ce blog ? Mais n’y a-t-il pas forcément mise en scène dès qu’on interagit avec quiconque ? Ou alors est-ce une question de degré que je ne sentirais pas ?

Voici pourquoi le cours de ce blog s’est asséché. Pourtant, tant de choses à raconter mais pas la volonté de les écrire : lectures, musiques, expériences maritimes …

Ca viendra.
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Publié dans Plus personnel

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