Cacher cette mort, liquider ce mourant que je ne saurais voir plus longtemps
Le débat sur l’euthanasie qui a lieu en France comporte sa part d’ambigüité. Elle est tout autant dans les autorisations (et donc les pouvoirs) donnés à titre individuel qui permettent de programmer sa propre mort, dans certaines circonstances, que dans celles qui sont données à un entourage pour le faire.
Dans les deux cas, comme en témoigne cet article paru dans Le Monde (accès abonnés nécessaire) présentant des points de vue et des revendications de militants pro-euthanasie, il s’agirait en partie d’éviter à soi ou aux autres le traumatisme psychologique de la mort ou de devoir prendre la responsabilité d’une éventuelle « mise à mort ».
Ainsi, lorsque Marguerite M. dit, à propos de son mari, « A la fin, il ne restait plus rien de lui, si ce n'est ses grands yeux... Pour moi, ça a été l'horreur, j'ai été profondément traumatisée par cette expérience. », elle fait d’abord référence à elle-même et à son traumatisme. Mais ce traumatisme n’est en l’occurrence pas celui du mort, qui est parti « doucement ».
Ou encore une autre personne qui dit : « Je voudrais mettre les miens à l'aise avec l'idée de mon décès, que ce poids ne repose pas que sur mon compagnon et mon fils », témoignant de sa volonté de les débarrasser d’une responsabilité.
L’ambiguïté tient, à mon avis, dans la fait de vouloir atténuer les traumatismes pour autrui, ou le lourd poids d’une décision, en y introduisant un geste actif. On voit bien l’effet « positif » (atténuation du traumatisme), mais le côté négatif d’actions entraînant volontairement la mort n’est pas évoqué. Il ne l’est pas car il ne peut être le point de vue du « futur » mort, qui aura disparu et ne sera pas là pour, lui, en subir les conséquences.
Or ce côté, outre qu’il doit rester sous un contrôle absolu et sans faille (tout débordement étant synonyme d’appartenance de sa propre vie à l’Etat), même administré par du personnel soignant, est le même, toute proportion gardée, qui prédestine à l’assassinat. Tuer par bénéfice personnel, finalement. Faut-il autoriser le franchissement de cette ligne au-delà de laquelle on donne la mort ? Le traumatisme qui peut en résulter, ou les déséquilibres psychiques que peut générer cette sorte de passage à l’acte, ne sont-ils pas au moins aussi important que ceux qu’on voulait éviter ?
Dans tout les cas, donc, ma conclusion est qu’il s’agit d’un geste ou d’une décision qui doit provenir du malade ou du mourant, n’être accordé qu’en cas de mort annoncée et certaine, et en accord avec les proches.
Reste à voir si la loi actuelle remplit cette mission ou non, et ce qu’on appelle mort annoncée et certaine.
Dans les deux cas, comme en témoigne cet article paru dans Le Monde (accès abonnés nécessaire) présentant des points de vue et des revendications de militants pro-euthanasie, il s’agirait en partie d’éviter à soi ou aux autres le traumatisme psychologique de la mort ou de devoir prendre la responsabilité d’une éventuelle « mise à mort ».
Ainsi, lorsque Marguerite M. dit, à propos de son mari, « A la fin, il ne restait plus rien de lui, si ce n'est ses grands yeux... Pour moi, ça a été l'horreur, j'ai été profondément traumatisée par cette expérience. », elle fait d’abord référence à elle-même et à son traumatisme. Mais ce traumatisme n’est en l’occurrence pas celui du mort, qui est parti « doucement ».
Ou encore une autre personne qui dit : « Je voudrais mettre les miens à l'aise avec l'idée de mon décès, que ce poids ne repose pas que sur mon compagnon et mon fils », témoignant de sa volonté de les débarrasser d’une responsabilité.
L’ambiguïté tient, à mon avis, dans la fait de vouloir atténuer les traumatismes pour autrui, ou le lourd poids d’une décision, en y introduisant un geste actif. On voit bien l’effet « positif » (atténuation du traumatisme), mais le côté négatif d’actions entraînant volontairement la mort n’est pas évoqué. Il ne l’est pas car il ne peut être le point de vue du « futur » mort, qui aura disparu et ne sera pas là pour, lui, en subir les conséquences.
Or ce côté, outre qu’il doit rester sous un contrôle absolu et sans faille (tout débordement étant synonyme d’appartenance de sa propre vie à l’Etat), même administré par du personnel soignant, est le même, toute proportion gardée, qui prédestine à l’assassinat. Tuer par bénéfice personnel, finalement. Faut-il autoriser le franchissement de cette ligne au-delà de laquelle on donne la mort ? Le traumatisme qui peut en résulter, ou les déséquilibres psychiques que peut générer cette sorte de passage à l’acte, ne sont-ils pas au moins aussi important que ceux qu’on voulait éviter ?
Dans tout les cas, donc, ma conclusion est qu’il s’agit d’un geste ou d’une décision qui doit provenir du malade ou du mourant, n’être accordé qu’en cas de mort annoncée et certaine, et en accord avec les proches.
Reste à voir si la loi actuelle remplit cette mission ou non, et ce qu’on appelle mort annoncée et certaine.
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