Afflux de 100 ?
Légèrement saturé du bruit médiatique je ne prévoyais pas de regarder SR répondre aux questions d’un échantillon représentatif choisi par un institut de sondage sur une chaîne de télévision sujette ces derniers temps à une polémique partisane qui la traite de Sarko-suppôt.
Mais je me suis quand même retrouvé à regarder TF1 (ce qui m’arrive très rarement) et la prestation de la candidate dans l’arène, entraîné par ma douce à la patte plâtrée.
La candidate PS s’en est assez bien sortie. Au départ, visiblement tendue, c’était un peu stressant, j’avais presque peur qu’elle dérape. Et puis, elle n’arrêtait pas de dire que les questions étaient toutes très importantes, un peu agaçant. Mais par la suite elle a retrouvé une aisance où elle a tenu toute sa place dans le dialogue. Je passe sur son commentaire sur les prisons françaises, « les pires au monde », là elle s'est un peu emporté, et les réponses assez floues sur le financement. Elle a fait une bonne prestation.
Pas trop de questions méchantes, il faut bien le dire, elle a pu se raccrocher à son programme sans trop de problème et le présenter, démontrer en quoi ses propositions peuvent résoudre certains problèmes. Ceux qui criaient à la préférence affichée de TF1 pour le ministre de l’Intérieur en seront pour leurs frais cette fois-ci.
Au final, provisoirement, je trouve que, sur toutes les questions citées dans l’avant dernier article, elle a des arguments et qu’elle est la plus apte des 3 grands candidats (Sarko, Royal, Bayrou) dans l’ensemble.
Mais restent trois ombres sérieuses, qui me laissent finalement toujours sceptiques.
Si, sur le court terme, en matière de mesures concrètes, ces propositions vont dans le bon sens, on sent une posture véritablement social-libéral, Blairiste, flex-sécuritaire, appelez-là comme vous voulez. A aucun moment elle n’a prononcé le mot libéralisme (et encore moins le mot antilibéralisme). Dans son discours, cette lecture du monde économique est absente, comme si l’économie vivait le monde qu’elle voulait, et que le social s’installait à côté, le plus sereinement et le plus en harmonie possible.
Non seulement je crois, mais je suis également sûr que cette cohabitation est létale pour le social. Le couple social-libéral est un mirage. Car ce sont deux visées antagonistes. L’une privilégie la performance individuelle et la finance, l’autre la solidarité du collectif. Or l’un est à la merci de l’autre, le social ne peut exister que s’il ne gène pas le libéralisme, qui à son tour … ne se gène pas pour faire cavalier seul dans ses seuls principes financiers, affranchi de la contrainte social. Il faut le dire haut et fort : le social-libéralisme est une boîte de Pandore, un renoncement de gauche, c’est un cheval de Troie libéral ! Seul un infléchissement du capitalisme et de sa globalisation peuvent apporter des garanties pour l’avenir.
Pour preuve le ressort ultime que la candidate identifie pour pouvoir mener sa politique : la croissance. Pas de croissance, pas de social.
D’autre part, elle est restée très vague sur le rôle de l’Europe vis-à-vis de la mondialisation. Même si elle a indiqué que l’Europe doit nous protéger, elle n’a pas dit comment, et encore moins comment mettre en place cette Europe protectrice.
Enfin, sur le renouvellement démocratique, dont il a été fort peu question, à mon grand regret, elle n’a pas cité l’introduction de proportionnelle dans l’élection des députés, préférant citer la réforme du Sénat, le référendum d’initiative populaire. Malheureusement le PS ne propose qu’au plus 20% de proportionnelle dans l’élection des députés.
Finalement, c’est peut-être cela le défaut de la candidate : l’absence de propositions tonitruantes, canons, indiscutables, tranchantes et des zones d’ombre, proposant par omission une lecture partielle et molle, une certaine absence de vision destinée à changer l’ordre des choses. C’est plutôt une politique gestionnaire qui nous est proposé qu’une politique d’action.
En conclusion, cela conforte mes choix de vote pour l’instant : Bové au 1er tour, pour choisir une voie plus stratégique et vigoureuse, qui voit plus loin sur les 3 sujets que j’ai cité (juguler le libéralisme, renouvellement démocratique, une autre Europe), et contribuer à la recomposition de la gauche radicale. Puis au second le candidat le plus à gauche, sans complexe. Ou presque.
Car il reste un dilemme : des 3 grands candidats, Bayrou, également libéral-social, est assez proche. Certes, il ne dit rien sur une Europe protectrice, et il est traditionnellement plus libéral. Mais il va plus loin sur les réformes démocratiques : il propose l’élection de l’assemblée nationale par moitié à la proportionnelle. De plus, il drague ouvertement vers sa gauche, parlant même d’un premier ministre PS, qui, si je ne m’abuse, n’a pas commenté !
Or cette logique d’une meilleure représentation démocratique, cohérente avec une voie centriste, est également propice à la représentation de la gauche radicale, qui se déchire par famine, pour quelques miettes.
De plus, Bayrou est placé par un sondage (rappel : marge d'erreur d'au moins 3%) comme le seul candidat capable de battre Sarko au second tour. Voilà qui va en faire réfléchir plus d’un-e …
Mais je me suis quand même retrouvé à regarder TF1 (ce qui m’arrive très rarement) et la prestation de la candidate dans l’arène, entraîné par ma douce à la patte plâtrée.
La candidate PS s’en est assez bien sortie. Au départ, visiblement tendue, c’était un peu stressant, j’avais presque peur qu’elle dérape. Et puis, elle n’arrêtait pas de dire que les questions étaient toutes très importantes, un peu agaçant. Mais par la suite elle a retrouvé une aisance où elle a tenu toute sa place dans le dialogue. Je passe sur son commentaire sur les prisons françaises, « les pires au monde », là elle s'est un peu emporté, et les réponses assez floues sur le financement. Elle a fait une bonne prestation.
Pas trop de questions méchantes, il faut bien le dire, elle a pu se raccrocher à son programme sans trop de problème et le présenter, démontrer en quoi ses propositions peuvent résoudre certains problèmes. Ceux qui criaient à la préférence affichée de TF1 pour le ministre de l’Intérieur en seront pour leurs frais cette fois-ci.
Au final, provisoirement, je trouve que, sur toutes les questions citées dans l’avant dernier article, elle a des arguments et qu’elle est la plus apte des 3 grands candidats (Sarko, Royal, Bayrou) dans l’ensemble.
Mais restent trois ombres sérieuses, qui me laissent finalement toujours sceptiques.
Si, sur le court terme, en matière de mesures concrètes, ces propositions vont dans le bon sens, on sent une posture véritablement social-libéral, Blairiste, flex-sécuritaire, appelez-là comme vous voulez. A aucun moment elle n’a prononcé le mot libéralisme (et encore moins le mot antilibéralisme). Dans son discours, cette lecture du monde économique est absente, comme si l’économie vivait le monde qu’elle voulait, et que le social s’installait à côté, le plus sereinement et le plus en harmonie possible.
Non seulement je crois, mais je suis également sûr que cette cohabitation est létale pour le social. Le couple social-libéral est un mirage. Car ce sont deux visées antagonistes. L’une privilégie la performance individuelle et la finance, l’autre la solidarité du collectif. Or l’un est à la merci de l’autre, le social ne peut exister que s’il ne gène pas le libéralisme, qui à son tour … ne se gène pas pour faire cavalier seul dans ses seuls principes financiers, affranchi de la contrainte social. Il faut le dire haut et fort : le social-libéralisme est une boîte de Pandore, un renoncement de gauche, c’est un cheval de Troie libéral ! Seul un infléchissement du capitalisme et de sa globalisation peuvent apporter des garanties pour l’avenir.
Pour preuve le ressort ultime que la candidate identifie pour pouvoir mener sa politique : la croissance. Pas de croissance, pas de social.
D’autre part, elle est restée très vague sur le rôle de l’Europe vis-à-vis de la mondialisation. Même si elle a indiqué que l’Europe doit nous protéger, elle n’a pas dit comment, et encore moins comment mettre en place cette Europe protectrice.
Enfin, sur le renouvellement démocratique, dont il a été fort peu question, à mon grand regret, elle n’a pas cité l’introduction de proportionnelle dans l’élection des députés, préférant citer la réforme du Sénat, le référendum d’initiative populaire. Malheureusement le PS ne propose qu’au plus 20% de proportionnelle dans l’élection des députés.
Finalement, c’est peut-être cela le défaut de la candidate : l’absence de propositions tonitruantes, canons, indiscutables, tranchantes et des zones d’ombre, proposant par omission une lecture partielle et molle, une certaine absence de vision destinée à changer l’ordre des choses. C’est plutôt une politique gestionnaire qui nous est proposé qu’une politique d’action.
En conclusion, cela conforte mes choix de vote pour l’instant : Bové au 1er tour, pour choisir une voie plus stratégique et vigoureuse, qui voit plus loin sur les 3 sujets que j’ai cité (juguler le libéralisme, renouvellement démocratique, une autre Europe), et contribuer à la recomposition de la gauche radicale. Puis au second le candidat le plus à gauche, sans complexe. Ou presque.
Car il reste un dilemme : des 3 grands candidats, Bayrou, également libéral-social, est assez proche. Certes, il ne dit rien sur une Europe protectrice, et il est traditionnellement plus libéral. Mais il va plus loin sur les réformes démocratiques : il propose l’élection de l’assemblée nationale par moitié à la proportionnelle. De plus, il drague ouvertement vers sa gauche, parlant même d’un premier ministre PS, qui, si je ne m’abuse, n’a pas commenté !
Or cette logique d’une meilleure représentation démocratique, cohérente avec une voie centriste, est également propice à la représentation de la gauche radicale, qui se déchire par famine, pour quelques miettes.
De plus, Bayrou est placé par un sondage (rappel : marge d'erreur d'au moins 3%) comme le seul candidat capable de battre Sarko au second tour. Voilà qui va en faire réfléchir plus d’un-e …
Publicité