J'ai fait un cauchemar ... présidentiel !

Publié le par L'Arrosoir

Hier, tard dans la journée, c’est-à-dire en plein milieu de la nuit, un curieux cauchemar m’a soudain assailli. Dans mon délire, je me suis fait peur tout seul avec les 4 derniers sondages sur les élections présidentielles françaises effectués après Villepinte. Qui donnent tous la gauche au même niveau qu’avant le 11 février.

Bien sûr, il faut conditionner cette analyse à la validité des sondages (cf cet article sur le sujet). En particulier, les chiffres que je cite par la suite comporte une marge d’erreur cumulée égale à 21%, 23% si on compte Bayrou. Mais la convergence de plusieurs sondages laisse cependant sceptique.

Les sondages les plus récents donnent entre 36,5 et 39% pour la gauche, entre 42 et 45% si on compte une partie de l’électorat de Bayrou (j’ai pris les 2/5 conformément aux proportions de report de voies). Ceux d’avant sont dans une fourchette identique. Le plus inquiétant, c’est que Villepinte n’a pour l’instant réussi qu’une chose : à faire basculer des électeurs de la gauche radicale vers le PS. Mais pas des électeurs de Bayrou vers Ségolène Royal.

Il est peut être trop tôt pour prétendre que l’effet Villepinte à jouer.

Mais modulo toutes ces hypothèses, quelque chose me frappa soudain. Ca pourrait être assez logique.

Les positionnements successifs de Ségolène Royal vont à l’encontre de la conquête d’un nouvel électorat. Elle est partie à droite de la gauche, sur des positions social-libérales aux reflets des méthodes de Tony Blair, pour ensuite s’élargir vers la gauche de gouvernement traditionnelle, dite sociale démocrate, dans son discours.

Déjà, c’est un peu schizophrène, comme position, toute à la fois libéral et social démocrate. Mais, de plus, le problème, c’est que les 100 propositions n’ont pas élargi le spectre des propositions. Il l’a déplacé vers la sociale démocratie, renforçant au passage l’image d’une candidate girouette.

En réalité, je pense que Ségolène Royal est prise à son propre piège social libéral. Celui qui lui avait permis de gagner en interne ne marche pas en externe. La place est occupée par Bayrou. Et la place n’a de toute façon pas été préparée, loin s’en faut, par le PS depuis 2002.

Elle est aussi prise dans le piège du participatif, qui, qu’on le veuille ou non, l’a placé avec un temps de retard sur l’UMP, qui maintenant force le PS à être en permanence dans la justification et la réponse aux attaques.

Il y a un autre malaise, plus profond : celui de la composition du PS aujourd’hui, qui à force de vouloir éviter l’éclatement entre ses composantes radicales et ses composantes libérales, n’a pas suivi l’impact du libéralisme dans la population. En clair, après le référendum du 29 mai 2005, le PS n’a pas voulu choisir entre ses deux composantes. Il a cherché à maintenir une unité autour d’une position médiane, celle de François Hollande, qui met le parti la croupe entre deux abreuvoirs.

L’autre surprise, c’est que la gauche radicale pèse beaucoup moins qu’espéré. En moyenne 10%, là où elle espérait 20% (attention, modulo une incertitude de 18%, mais corrélée par les différents sondages). Les 20% du non de gauche ne se reportent pas sur cette frange, car le PS occupe toujours la place avec son aile radicale, qu’a réinvesti Ségolène Royal.

Le CNE a-t-il brisé le tabou du libéralisme dans ce pays, et fait bouger les lignes sans qu’on s’en aperçoive ?

Bref, si l’étiage de la gauche continue à demeurer aussi bas, modulo l’incertitude liée aux sondages, il faudra peut être en tirer les conséquences suivantes :

1. Le vote pour la gauche radicale deviendrait un luxe, le vote utile une nécessité. Quel désespoir !

2. Le PS devrait mettre fin à ce grand écart, et assumer que son avenir est vers le centre. Laisser partir ou mettre dehors les radicaux (Mélenchon, Emmanuelli, Fabius, Montebourg, Peillon, etc. Ca fait du monde !)

3. Ségolène Royal, si elle est présente au second tour, devrait aller vers le centre, et vers le social libéralisme. Mais en aura-t-elle la possibilité politique, étant donnée le précipice qui existe entre gauche radicale et gauche libérale ?

Reveillez-moi ! Vous voyez une issue, une erreur ? La seule issue que je vois, c’est de faire valoir les propositions de Ségolène Royal à tout prix, mais que c’est dur … elle continue à faire des promesses inconsidérées (doublement du budget du sport ce matin …), et puis, le coup de grâce … le chiffreur du PS qui démissionne.

Que faire ?
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Publié dans Politique

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Commenter cet article
L
apparemment on est loin d'une absence de Royal au second tour. Le problème semble être que même au second tour, elle ne  fait pas le plein des voix des autres candidats de gauche. Mais bon, devant l'alternative ségo-sako, j'espère que les électeurs réfléchiront.
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L
Tu as raison, pour l'instant les écarts sont significatifs. Mais les grands candidats sont souvent à la peine en fin de campagne, car ils ne bénéficient plus d'un temps de parole équitable mais égal. De plus, les points de vue radicaux gagnent en audience à mesure que la gravité du vote augmente, l'élection se rapprochant. Les problèmes et les solutions chocs ont plus d'impact.Le pire, ce serait que Bayrou ou Le Pen soit à moins de 3% de Royal ou au-dessus. Le PS se mettrait alors à claironner sans relâche la charge du vote utile.
L
Alors tu soutiens plus José ?
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L
Si, mais le doute m'a saisi car l'échéance se rapproche et la gravité du geste aussi. J'ai l'impression (foutus sondages) que le vote utile pour les idées sociales (Royal ou Bayrou) pourrait devenir crucial en raison du risque qui pèse sur ces deux-là de ne pas être au deuxième tour.Faut-il voter suivant ses convictions uniquement ou bien par réalisme politique ? Stratégiquement (en ce cas ce serait plutôt Bové) ou tactiquement (Royal, Bayrou)?Ou bien faut-il privilégier le vote utile à la démocratie, c'est-à-dire à celui ou celle qui aurait le plus de chance d'instituer la VIème république de mes attentes ? C'est peut-être cela l'issue, pour mettre fin à ce diable de vote utile.Enfin, attendons de voir lessuite de l'effet Villepinte ...