Les bleus au Genou de Claire

Publié le par ArbreBlanc

Brialy s’en va, et c’est triste. Avec sa disparition ce sont des émotions et des passions qu’il a su transmettre, poser sur la scène, qui se figent, se dessèchent, se fanent, se glacent, et ça fait mal, mal de voir l’amour mourir en quelque sorte.

J’ai regardé hier « Le Genou de Claire », diffusé par Arté, et j’ai cru y discerné cette douleur sentimentale, mais je n’ai pas pu aller jusqu’au bout, harassé par la débilité du boulot, anxieux de la comédie du professionnalisme qu’il faut jouer, fâché de cette fausseté, de ces fausses pistes, de ces leurres qu’on nous fait tous prendre, perturbé et dénué de la sérénité, du calme, de la joie qu’il faut pour rencontrer les sujets si délicats, aériens que propose Rohmer.

Et puis ces petites échappées de la caméra vers les montagnes du lac d’Annecy, cet écho personnel au lac Majeur.

Existe-t-il, ce moment de coupure où l’on peut cesser d’être rongé, tordu, bafoué, rabaissé par un système dont le fonctionnement est, presqu’à dessein, anxiogène. La lutte pour la survie (économique), le combat pour la nourriture (le chiffre d’affaire) …

Je ne peux pas, en ce moment, trouver un instant sans être inquiet de ce système qui nous envoie dans le mur. Je suis presqu’horrifié de la tournure qu’il prend. Je vois la machine à brider le bonheur, et à cracher du malheur, qui tourne de plus en plus vite et presse de plus en plus.

Jean-Claude, comment accéder à cet instant de repos que tu nous proposes, sans avoir comme seule solution de se foutre de tout ou de baigner dans un optimisme béat ?
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Publié dans Cinéma

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