503, brin d’'espoir

Publié le par ArbreBlanc

José les a eus, ces 500 signatures ! Sa qualification maintient l’espoir que le sujet de l’antilibéralisme et de la mondialisation soit débattu et travaillé par un non marxiste et un non libéral dans cette campagne. Rien que pour ça, j’ai accueilli la nouvelle avec joie.

Néanmoins, je juge pour l’instant le déroulement de sa campagne comme n’étant pas assez politique, et qu’il n’a pas pour l’instant été fracassant, voire plutôt mou sur certains thèmes. Qu’on lui resserve les OGM, la désobéissance civile, l’agriculture, passe encore, à lui d’en sortir. Mais qu’il se laisse enfermer dans le vote utile au second tour, comme rabatteur de voie pour Royal dans cette perspective, voilà qui m’exaspère profondément. Il n’y a guère que sur l’Europe que je trouve ses positions constructives et politiques.

Le plus gros décalage, c’est qu’il devrait, en toute logique, crever l'écran sur l’alter mondialisation, et utiliser cet atout majeur pour lancer le débat. Or pour l’instant rien que certaines phrases très générales lors de l’annonce de Power8, qui ne le distinguent en rien d’un crypto-marxiste. Parler de lutte sociale, d’insurrection contre le libéralisme, comme seule réponse, est insuffisant.

Ce sujet est pourtant un axe politique de première envergure.

1. Le clivage libéral / antilibéral est électoralement significatif. Car nombre de nos concitoyens ont une intuition (déjà exprimée lors du ref TCE), qu'ils ne demandent qu'à re-discuter, sur l'impasse que représente le néolibéralisme. Il correspond à des choix de société fondamentalement opposés, il porte un clivage, maintenant plus ferme et net que celui, émoussé, dans lequel l'UMP et le PS tentent de nous maintenir, entre un libéralisme social et un social libéralisme qui ont échoué à résorber le chômage depuis plus de 10 ans.

2. C’est une arme politique. Matérialiser ce clivage, l'installer dans le paysage politique français, c'est pouvoir mettre en évidence que le PS fait le grand écart entre des positions contradictoires, et que sa candidate et son programme aussi, et qu'elle nous mène en bateau. C'est une arme pour refonder la gauche. La plus puissante qui soit, car elle démontre qu'une social-démocratie française qui prétend tirer partie de la mondialisation est une arnaque.

3. Il est porteur idéologiquement. Il ouvre une espace de réflexion sur la place de la puissance publique et de la mondialisation dans l'économie. En espérant qu’on ne nous resserve pas la bonne vieille révolution communiste ou l’étatisme à gogo, mais plutôt l’économie sociale, la place des services publics, les possibilités de contrôle des marchés, le rôle de l'Etat dans les structures capitalistiques ... les idées, les sujets de discussion ne manquent pas.

Aujourd'hui, seuls quelques arguments rattachés au premier et au troisième point sont utilisés, et sans pour autant parler de solution.

Qu'attend donc t-il pour se démarquer franchement du PS, prouver qu’on n’a pas affaire à des crypto-marxo, parler franchement d’alternative nouvelle et être actif dans la recomposition politique nécessaire pour la gauche ?

J’espère ne pas avoir à attendre jusqu’au 23 avril … pour avoir la preuve que José n’est pas un Fabius bis ou un Buffet ... froid.
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Publié dans Politique

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