Tâches bruxelloises

Publié le par L'Arrosoir

Je sentais bien tous les thèmes de ce billet hier, sous l’influence d’une douce euphorie d’origine sportive et vinicole, dans l’après-midi. Aujourd’hui c’est un peu retombé. La nuit m’a imposé deux réveils, l’un pour Inès, tombée du lit, l’autre pour Gilles, qui cherchait son nounours dans une posture improbable, vers le fond de son lit, enfoui sous la couette, couché à la perpendiculaire.

Ou comment de visions lucides et bien démarquées hier je suis passée à une bouillie plutôt difficile, mais néanmoins devant sortir aujourd’hui, car relative au week-end. Pas la peine du faire du non-sens en pleine semaine …

Samedi commençait par un orage, un sentiment de révolte, une ébullition, qui venait frapper mes tempes et me dire : « Tabula rasa, il faut aller droit aux passions, percer la grisaille, se jeter sur les éléments qu’on adore et se débarrasser des autres. Courir vers la plage, partir à la voile, surfer sur les vagues, quitter les chemins battus et rebattus, rejoindre le monde sauvage, beau et imprévisible, courir après le lac de montagne, celui-là tout en haut, qui est pur et préservé, encore secret, où l’homme n’a pas imprimé sa marque hideuse, indélébile, citadine, urbaine, où tout n’est pas tracé, canalisé, prémâché, écrit, filmé, enregistré, muséifié ! Foncé avec la rage de l’ado, sans sa souffrance, poser un regard neuf et vif, penser les utopies les plus folles ! »

L’ajustage et le montage de quelques étagères à la cave me firent écumer, et je rejoignis le plancher des vaches à midi.

L’après-midi, course à Bruxelles. Bruxelles est une sorte de labyrinthe. Pour trouver quelque chose, c’est bien souvent le bouche à oreille qui fonctionne. Gilles, 4 ans et demi, étant convié à une fête d’anniversaire hier, je suis parti en expédition avec les 2 lutins samedi après-midi à la chasse aux livres d’enfant, armés de deux vélos. Fort bien renseigné par Françoise-ma-douce, qui reposait sa jambe cassée-mais-maintenant-consolidée dans la chaleur des pénates, j’avais pour objectif une librairie dite « Amstramgram ».

Magnifique ! Jamais vu autant de livres pour enfants aussi intéressants, un étalage aussi riche. Même si il n’y avait plus le « Prince de Mots Tordus », qui était le trophée à décrocher, j’ai eu bien du mal à choisir parmi toutes ces histoires intéressantes. J’ai finalement préféré « Le piano de bois » et « Ameuline Fourchetordue » devant d’autres histoires de magiciens, de boucle d’or, de cacatoès ou même carrément des pièces de théâtre pour les petits.

Puis les 2 petits ont été s’oxygéner dans le bois de la Cambre, qui est dans Bruxelles, et qui est fermé à la circulation auto le WE. Affublé d’un tricycle que je prenais en remorque grâce à une ficelle et d’un vélo à roulettes, nous voilà partis pour aller voir les canards, les poules d’eau et les signes, sous un ciel légèrement larmoyant.

Ainsi passa le samedi, qui s’acheva par la dégustation d’une truite fumée toute droit sortie de nos vacances dans le Jura (Foncine-le-Haut), qui fut secondé par des magrets rôtis à la poêle.

Je n’avais du coup pas beaucoup avancé dans ma liste de tâches. Oui, le WE je fais une liste, vu le nombre de choses à faire. En voici le résultat : tout est barré ou presque, l’objectif a été atteint. Nous appelons cela « L’organisation scientifique du samedi », autrement dit la mise en place d’une structuration saine en résultat mais peu propice au plaisir …


Le dimanche fût donc également consacré au menu plaisir de barrer les choses faîtes. Notamment : faire du petit bois pour la cheminée (c’est l’un des privilège de Bruxelles : l’habitat y est encore largement de type maison, avec cheminée, jardin …, même si ces derniers temps les prix pour ce genre de demeure s’envolent), ou bien encore aller au marché du dimanche, autour de la maison communale (appellation locale de la mairie), pour y recueillir de la délicieuse charcuterie italienne et du gorgonzola, des fruits et légumes et des croquettes de crevettes (sorte de petit pain de béchamel parsemé de crevette, enrobé de chapelure, à frire), ou bien encore à se ravitailler en excellent pain et pâtisserie à la boutique « La charlotte royale ».

Autre privilège bruxellois, celui de pouvoir se lancer, sans risquer l’enfumage des poumons, dans un footing dominical autour d’étangs et dans les bois, depuis son domicile, en courant sur autre chose que du macadam ou du béton. A l’occasion, je vous présenterai le parcours en image, ça m’amuse.

Le dimanche atterrit doucement dans une fin humide, où, au coin du feu, aux sons de quelques musiques brésiliennes, nous devisâmes, avant que je tente de réchauffer ma lecture de « Loin de Chandigarh », qui ne m’enchante guère, et dont je vous parlerai si un jour j’arrive au bout de ce pavé.

Bonne semaine !
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Publié dans Plus personnel

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N
Eh bien dis donc ! ça donnerait presque envie de s’exiler en Belgique…mais bon, c’est pas le moment, après Johnny en Suisse, Nicolas en Belgique ça ferait trop !!! …je ne veux pas être un prétexte à la diminution drastique des impôts !!!
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L
Difficile de dire quelle est la part de l'exil pour les Français de Belgique. Entre ceux qui travaillent à la Commission, et ceux qui choisissent la Belgique (comme moi), il y a également un groupe qui est attiré par les avantages fiscaux, mais uniquement les richissimes (à titre d'info je paie 3 fois plus d'impôts ici ...) qui recherchent un taux max plus bas, moins de charges sociales, ou une fiscalité des investissements plus attractive. A mon avis ils sont peu nombreux, mais montés en épingle pour faire peur avec l'exil des fortunes ...