Le pacte éco-Hulot
En commentaire à l'article "Pacte écologique : qui dit mieux ?", publié sur le blog "Les humeurs du professeur Couillon", que j'apprécie. Voir ici pour la description Web du pacte écolo de Hulot.
L’agitation médiatique autour du pacte écologique est bienvenue. Elle permet de mettre sur le devant de la scène la nécessité de fonctionner autour du bio-compatible (énergies renouvelables, biodégradabilité, biodiversité, santé).
Avant de se prononcer sur les engagements – tout autant médiatiques - des candidats, il est intéressant de regarder chacun des 10 objectifs du pacte écologique de plus près.
Et oui, après tout, l’homme a toujours cherché à vivre dans un équilibre avec la Nature. Des faits récents indiquent que, dans nos habitudes actuelles, cet équilibre n’est pas bon et va à la catastrophe. Dans quels domaines faut-il corriger exactement ? Faut-il pour autant cautionner une démarche qui ferait de l’écologie LA priorité ? Ceci ne ressemblerait-il pas plus à un écolo-centrisme qui n’est pas forcément nécessaire ? Ne cherche-t-on pas à forcer la main pour, sous prétexte de l’urgence, faire passer des objectifs secondaires partisans ? Enfin, quelle est la part de responsabilité nationale / internationale ?
Prenons les objectifs un par un, et tâchons de voir en quoi ils sont immédiatement nécessaires (indiscutables) ou bien s’ils procèdent de choix :
Economie (durabilité) : revient à ancrer la bio-compatibilité dans le comportement économique, en favorisant l’économie circulaire : recyclage, réparation des biens, valorisation, biodégradabilité, déchets en ressources, matières recyclables en matières premières. Rien à dire en soi. Ceci découle des autres objectifs.
Energie : le problème le plus urgent : l’effet de serre, qui provient de la combustion des énergies fossiles, doit changer notre mode de recours aux énergies. Mais là, on peut se tourner vers : le renouvelable ou le nucléaire. Or cet objectif se tourne vers la réduction de la consommation d’énergie. Car le nucléaire génère des déchets incompatibles avec le principe « biodégradabilité ». Ce qui est frappant, c’est que jamais le mot nucléaire n’est prononcé (dans le site Web du moins, je n’ai pas lu le bouquin). Or sans nucléaire, sans énergie disponible à la demande (ce que ne sont pas l’éolien ni le solaire pour l’électricité) où va-t-on ? Peut-il exister un système de production électrique qui se passe du nucléaire en France ? Où sont les chiffres ?
Agriculture : quelle urgence ??? je suis dubitatif par rapport aux autres objectifs. Quelle preuve d’une agriculture qui mènerait à la catastrophe nationale ou planétaire ? Ou sanitaire ? Les productions agricoles sont soumises à de très stricts contrôles sanitaires. Ici est à l’œuvre la vision utopiste du naturalisme, l’homme en parfaite harmonie avec la nature.
Territoire : lié aux transports en fait. Passons.
Transport : limiter le transport individuel, en relation avec la réduction d’énergie. Mais pourquoi être aussi drastique, et ne pas miser sur les voitures électriques ? Parce qu’il faut réduire la consommation d’énergie ? Mais pourquoi ? Parce qu’on veut réduire autant que possible le nucléaire ? Parce que le recours à la production d’énergie électrique d’origine renouvelable ne couvrira jamais les besoins ? Mais faisons donc le calcul, et montrons-le avant de s’embarquer sur ces pistes ! Et rien sur le transport de produits polluants, et sa cohorte de marées noires, un oubli sans doute.
Fiscalité : lié à l’économie.
Biodiversité : la biodiversité semble une problématique nationale (raréfaction des ressources de pèche) mais plus encore international (disparition des espèces dans la ceinture équatoriale / tropicale)
Santé : entièrement d’accord, mais déjà traité aujourd’hui, à moins qu’on considère que l’arsenal de réglementations publiques ne soit pas encore assez important ??? Qu’il y a des produits dont on ne connaîtrait pas la dangerosité à long terme ??? Là encore cela manque d’arguments sur le site Web.
Recherche et innovation : sous-objectif pour atteindre les objectifs Energie, Economie, Agriculture, Transport, Santé.
International : à mon avis fondamental, surtout si on considère que c’est l’effet de serre qu’il faut combattre en premier. La distinction entre action du ressort de la nation et action internationale n’est pas assez marquée. Sauf si on considère que tout les objectifs hors International sont nationaux. Auquel cas il s’agirait d’une hypertrophie natio-centriste de l’écologie française, qui donnerait « l’exemple » au monde entier. Ce qui ne m’étonnerait pas …
Soit donc 2 objectifs véritablement écologiques (énergie, biodiversité), 2 partisans (agriculture, santé) et 6 objectifs dérivés.
Faut-il pour cela un vice premier ministre, et dire que l’écologie est LA priorité ? Pour les écologistes oui. Mais c’est une hypocrisie de la part des hommes politiques qui s’y engagent … Car à côté de ce problème, pour une partie vital à court terme (effet de serre), il y en a bien d’autres qui font également appel à la subsistance : l’emploi par exemple ou les prestations sociales (retraite …).
Aussi ma conclusion est-elle : la lettre d’engagement est salutaire, mais le pacte est trop orienté, et doit passer par un débat public avant un quelconque engagement. Sans oublier qu’il n’y a, dans ces desiderata, aucun chiffre ni aucun rapport aux principes qui gouvernent l’économie, et qui vont à contre sens …
Beaucoup de bruit pour faire passer des couleuvres naturalistes ou réel résultat au bout ? RDV dans quelques mois ...
L’agitation médiatique autour du pacte écologique est bienvenue. Elle permet de mettre sur le devant de la scène la nécessité de fonctionner autour du bio-compatible (énergies renouvelables, biodégradabilité, biodiversité, santé).
Economie (durabilité) : revient à ancrer la bio-compatibilité dans le comportement économique, en favorisant l’économie circulaire : recyclage, réparation des biens, valorisation, biodégradabilité, déchets en ressources, matières recyclables en matières premières. Rien à dire en soi. Ceci découle des autres objectifs.
Energie : le problème le plus urgent : l’effet de serre, qui provient de la combustion des énergies fossiles, doit changer notre mode de recours aux énergies. Mais là, on peut se tourner vers : le renouvelable ou le nucléaire. Or cet objectif se tourne vers la réduction de la consommation d’énergie. Car le nucléaire génère des déchets incompatibles avec le principe « biodégradabilité ». Ce qui est frappant, c’est que jamais le mot nucléaire n’est prononcé (dans le site Web du moins, je n’ai pas lu le bouquin). Or sans nucléaire, sans énergie disponible à la demande (ce que ne sont pas l’éolien ni le solaire pour l’électricité) où va-t-on ? Peut-il exister un système de production électrique qui se passe du nucléaire en France ? Où sont les chiffres ?
Agriculture : quelle urgence ??? je suis dubitatif par rapport aux autres objectifs. Quelle preuve d’une agriculture qui mènerait à la catastrophe nationale ou planétaire ? Ou sanitaire ? Les productions agricoles sont soumises à de très stricts contrôles sanitaires. Ici est à l’œuvre la vision utopiste du naturalisme, l’homme en parfaite harmonie avec la nature.
Territoire : lié aux transports en fait. Passons.
Transport : limiter le transport individuel, en relation avec la réduction d’énergie. Mais pourquoi être aussi drastique, et ne pas miser sur les voitures électriques ? Parce qu’il faut réduire la consommation d’énergie ? Mais pourquoi ? Parce qu’on veut réduire autant que possible le nucléaire ? Parce que le recours à la production d’énergie électrique d’origine renouvelable ne couvrira jamais les besoins ? Mais faisons donc le calcul, et montrons-le avant de s’embarquer sur ces pistes ! Et rien sur le transport de produits polluants, et sa cohorte de marées noires, un oubli sans doute.
Fiscalité : lié à l’économie.
Biodiversité : la biodiversité semble une problématique nationale (raréfaction des ressources de pèche) mais plus encore international (disparition des espèces dans la ceinture équatoriale / tropicale)
Santé : entièrement d’accord, mais déjà traité aujourd’hui, à moins qu’on considère que l’arsenal de réglementations publiques ne soit pas encore assez important ??? Qu’il y a des produits dont on ne connaîtrait pas la dangerosité à long terme ??? Là encore cela manque d’arguments sur le site Web.
Recherche et innovation : sous-objectif pour atteindre les objectifs Energie, Economie, Agriculture, Transport, Santé.
International : à mon avis fondamental, surtout si on considère que c’est l’effet de serre qu’il faut combattre en premier. La distinction entre action du ressort de la nation et action internationale n’est pas assez marquée. Sauf si on considère que tout les objectifs hors International sont nationaux. Auquel cas il s’agirait d’une hypertrophie natio-centriste de l’écologie française, qui donnerait « l’exemple » au monde entier. Ce qui ne m’étonnerait pas …
Soit donc 2 objectifs véritablement écologiques (énergie, biodiversité), 2 partisans (agriculture, santé) et 6 objectifs dérivés.
Faut-il pour cela un vice premier ministre, et dire que l’écologie est LA priorité ? Pour les écologistes oui. Mais c’est une hypocrisie de la part des hommes politiques qui s’y engagent … Car à côté de ce problème, pour une partie vital à court terme (effet de serre), il y en a bien d’autres qui font également appel à la subsistance : l’emploi par exemple ou les prestations sociales (retraite …).
Aussi ma conclusion est-elle : la lettre d’engagement est salutaire, mais le pacte est trop orienté, et doit passer par un débat public avant un quelconque engagement. Sans oublier qu’il n’y a, dans ces desiderata, aucun chiffre ni aucun rapport aux principes qui gouvernent l’économie, et qui vont à contre sens …
Beaucoup de bruit pour faire passer des couleuvres naturalistes ou réel résultat au bout ? RDV dans quelques mois ...
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