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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Stratosphère

Jeudi 23 novembre 2006

Que ce soit en politique ou dans bien d’autres domaines, économique, social, personnel, nous sommes tous confrontés à des cas de figure d’alliage. Alliage entre des avantages, des points positifs, des valeurs partagées, et des désavantages, points négatifs, valeurs repoussantes. Les exemples sont nombreux.

Ainsi en politique le candidat avance de bonnes ou de moins bonnes proposition. Il promet de conduire fidèlement la politique choisie, tout en colportant (directement par son éventuel passé, ou par celui de ses congénères) des comportements contradictoires : poursuite du simple intérêt personnel, soif du pouvoir, enrichissement, célébrité. Il plait sur le fond mais peut être ennuyeux dans la communication qu’il emploie, son attitude, ses remarques, ses petites phrases.

De même dans la vie professionnelle est-on très systématiquement en face d’un alliage de type service ou bien (point positif) et dépense (point négatif). L’art du commercial étant de récupérer la dépense en emportant l’adhésion sur les valeurs proposées. Parfois en minimisant celle-ci, afin d’obtenir tout de suite la décision, et en masquant l’enchaînement que crée alors la relation commerciale (du type abonnement qu’il faut résilier par exemple).

Certains sites Web sont aussi des alliages. Là où il nous propose, à travers les blogs, de toucher l’Autre ou certains autres, de trouver sympathie, empathie, proximité, écoute, dialogue, enrichissement, qui sont des valeurs universelles de la personne, il en « profite » pour en tirer un revenu, en faisant payer ses services de « mise en relation ».

Dans la recherche de l’amitié, les alliages sont fréquents, entre ce qui plaît de la personne et ce qui déplait.

Les comportements face aux alliages sont divers. Cela va aller du positiviste, qui grandit l’aspect positif, au négatif, en passant par d’autres postures : l’optimisme, qui mise sur la prévalence du positif sur le négatif à un autre terme, ou son contraire, l’exigence, qui exclut toute situation trop négative (comportement d’écrêtement), le consensus, qui recherche l’équilibre entre les 2 plateaux de la balance, le radicalisme, qui juge sur quelques aspects uniquement et oublie les autres, le supérieur, qui choisit en donnant une place plus élevée à certains points  

Et alors, me direz-vous ? Alors tout ça pour dire que :

  • Nous changeons de posture au cours du temps et des sujets. Que les discussions, les actes, nous font varier sur ces points. Notre décision se modifie au cours du temps. Pourtant, il doit bien y avoir quelque chose de fixe … D’où vient cette fixité ou cette impression de fixité ? Du temps de résistance d’une valeur, d’un sentiment ? Ou bien du désir qu’on lui porte ? Et le mouvement, d’où vient-il si ce n’est de notre caractère « réacteur », plus ou moins incapable de ne pas tenir compte de ce qui parvient à notre conscience ou notre sensibilité à chaque seconde …
  • Qu’on peut jouer, dans les interactions, à balancer d’une posture à l’autre. Si c’est volontaire. Sinon ça s’appelle être influençable !

Ce qui me plaît dans tout ça ? C’est que l’amour n’est pas un alliage. On ne pèse pas le pour ou le contre d’aimer. On aime tout de suite ou après, c’est un sentiment qui nait, qui s’impose à nous. Et voilà …

Par L'Arrosoir
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Mercredi 29 novembre 2006
Cerveau est une sphère
Peuplée de tablettes en verre,
Sur lesquelles bruit une foule de livres ouverts,
Aux pages qui défilent dans des nappes d’air.

Dans la paume de chaque page
Pointe une graine, sourit une plante,
Flotte un champ, souffle une forêt,
Goutant une haleine tissée qui monte
De mats profondeurs.

Les fleurs, légumes, feuilles, tiges, baies
Nourrissent patiemment chaque tome
Qui distille à son tout, brin à brin,
Les mouvements de mes pensées.

Dans le forum elles se rassemblent
La foule grossit et s’éclaire
Jusqu’à donner chair
A une forme espérée
Qui, vers d’autres sphères,
S’en va

Et le forum appelle toujours
D’autres foules
Pour trouver ces suspensions
Plus vivantes, plus claires, plus belles.
Par L'Arrosoir
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Jeudi 7 décembre 2006

Cela n’avait duré qu’un instant. En une fraction de seconde un immense drapeau s’était levé. Il occupait tout l’espace de sa conscience. Comme en rêve il vît alors resurgir un moment de bonheur, triple croisement musical [Nirvana, Incesticide], sidéral [la vitesse du train] et liquide [l’océan, la grève]. Sur la bande vinyle il volait, décrivant des courbes entre les collines et les arbres,  frôlant des boucles d’écumes, vibrant dans la course, surgissant, laissant une traînée de notes acides, râpeuses, frénétiques, danseuses surexcitées en résonnance.

Puis le jour revint.

Par L'Arrosoir
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Vendredi 9 mars 2007
Changement d’atmosphère, le froid, mais surtout l’humidité, les larmes dévalant du ciel, l’horizon opaque, qui retire toute profondeur de champ, la lumière qui sourd à l’aveugle comme en pluie, se retirent dans les profondeurs et les hauteurs.

Le champ s’ouvre.

A Bruxelles aussi, le soleil est revenu. Il n’a plus le teint diaphane qu’on s’était accoutumé à voir. Il assiste plus longuement à nos périodes éveillées, nous devançant maintenant pour ne pas nous abandonner trop tôt.

Il se montre même en perçant, drapé dans une pâte bleue lisse, multipliée, subtilement dégradé lorsqu’elle s’abaisse.

Et il nous donne à voir, composition que nous avions dans notre mémoire visuelle mais aussi dans nos souvenirs, plusieurs tourelles blanches chapeautant des dômes gris, soulignée d’éclairages pamplemousseux qui nous rappellent, dans l’éclair de la « terre bleue comme une orange », que nous ne sommes pas les premiers à se remémorer.

Il est frappant, à Bruxelles, de pouvoir porter le regard, en pleine ville, très loin dans l’horizon.

Au sortir des brumes basses et grises de l’hiver des 50 degrés Nord, l’impression est nette et puissante.
Par ArbreBlanc
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Mardi 15 avril 2008

L'aiguille, le pic percent souvent mon cœur

La grêle bat les fleurs et les touffes

La vague mord la terre

Le torrent gifle et nous empoigne

De la boue, du ciment, des pierres, des couteaux, tombent du bas plafond noir

Des cataractes vibrantes, tremblantes, cassantes s'abattent au sol

Le bouquetin fixe et gratte les pierres qui résonnent dans leur fuite

L'eau emporte, dérobe, opaque opercule aspirant

Le fil de la nuée gémit contre l'aiguisoir

Le ciel craque et de ses râpures, de ses haillons,

Saigne la peur qui sépare le corps de l'âme

L'ouragan de sable – chirurgie ! - anguleux est la meute du vent

La tête se dresse pour nous écraser

Elle nous crie de quitter son séant

Et les parois, ses démons servants, aboient eux aussi

Je marche vite, cours, sans me retourner,

De peur d'être pétrifié dans la lave horrifiante.


Mais même tragique, la montagne me manque

Et c'est de sa brutalité que je veux survivre ou être inhumé


Car le bestiaire écrit, d'après la lune,

Ses vers dans les prunes.

Glacière déboutonnée,

Le vent se cache !

Par ArbreBlanc
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