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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Vendredi 25 janvier 2008

"Tombeau pour 500 000 soldats", livre à l'épaisseur conséquente divisé en sept chants.

Le récit est placé dans une région imaginaire, désertique, centré autour de deux villes (Ectabane, ville côtière et Inaménas la rivale). Ces amas urbains évoquent fortement les villes des anciennes colonies du Maghreb, mais par d'autres signes se trouvent parfois "colorées" en réminiscence du camp de concentration nazi, ou bien encore en hallucination indochinoise. Certaines populations sont esclaves, et portent un anneau à la lèvre pour les distinguer.

La toile de fond du récit, c'est la guerre. Celle qui oppose les défenseurs des cités et les rebelles. Le flot de personnages est continu, plusieurs se succédant, à tour de rôle, s'emparant parfois de la première personne : rebelles, enfants-esclaves de la cité, soldats.

L'ambiance de ce roman, continuelle, c'est la violence, le désir sexuel, les pulsions de mort, et le sexe, dressant un ciel noir et très lourd, voire horrifiant ou  brièvement terriblement fascinant. Prostitution, sévices, adultère, homosexualité (masculine), masturbation exhibitionniste, incestes. Atrocités guerrières. Avidité de sexe des soldats, prenant indistinctement pour objet les hommes ou les femmes, violant sur leur passage. Sévices. Meurtres. La liste est longue, et constitue la matière unique du roman. Pas une seule minute de répit, aucun espace de respiration en dehors de ce ciel pesant (sauf la fin, libératrice mais au goût amer et claustrophobique). Quelques paroxysmes vertigineux et nauséeux : un enfant écrasé par une chenille de char dont le corps reste bloqué dans la chenille et qui doit être retiré par des soldats; une vieille femme qui tue des enfants et les donnent en pâture aux rats, encore agonisant, pour attraper les animaux et les dévorer; une princesse avide de sang humain.

Autre trait distinctif, la corruption permanente des phrases par les fluides corporels : souvent simple accolade ou embrassade au début, les gestes dégénèrent sans cesse et finissent par jaillir (sang, sperme, urine, crachat, lait des femmes, vomis), mouiller, engluer, luire ou coller. Les déboutonnages et les tumescences sont multiples.

Il est également frappant, à la longue, de noter l'absence de sensibilité des personnages, qui sont surtout en acte et très peu en sentiment. Les émotions sont très majoritairement cantonnées l'expression du désir charnel. D'où la sensation de lire une longue litanie d'horreur "sèche", sans dénonciation, sur un ton cruel ou déshumanisé pour le moins, machinal, sans réaction émotive ou sentimentale dans le texte que placerait l'auteur.

Comment peut-on lire un livre pareil jusqu'à son terme ? Pour ce qui me concerne, pour tenter de saisir, par l'effet de répétition, ce que tente d'exprimer l'auteur. Et puis pour guetter (mais bien illusoirement) l'amélioration, je ne parle pas de happy end, le simple changement, la fin du supplice des horreurs.

Sans doute peut-on voir dans cette oeuvre l'allégorie de l'humanité, l'homme semant sans cesse la mort et la violence, pris dans un torrent pulsionnel qui le déborde complètement, en particulier lorsqu'il est en interaction avec d'autres hommes, et la réaction en chaîne permanente que ce flot occasionne.

Mais un tel déchaînement permanent est plus qu'une dénonciation, c'est à une fascination mauvaise que nous convie l'auteur. Est-ce le récit d'une psychopathie ? Perversité polymorphe ? La compréhension du livre ne saurait donc être trouvée uniquement dans la lecture de celui-ci, mais appelle à une explication externe.

La seule que j'ai trouvée pour l'instant, c'est que l'auteur voulait "prendre la matière et la soulever". Le seul point de repère, explicatif, a trait à l'enfer qu'a vécu l'auteur dans son enfance (voir à ce sujet cet article).

Peut-être devrai-je lire "Explications" du même auteur, pour mieux comprendre ses desseins. Dans l'intervalle, Coma m'attend toujours.

par ArbreBlanc publié dans : Littérature
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Jeudi 13 septembre 2007
Non point le mantra des Hindouistes ou des Bouddhistes mais le titre du roman de Rodrigo Fresán, mexicain, publié en 2006, rédigé en grande partie à Barcelone, sélectionné sur le conseil du site Web d’actualité culturelle Chronicart.

Ce qui fait l’attrait de ce bouquin, c’est qu’il est quelque peu singulier. Sa principale singularité étant l’écho d’outre-tombe qu’il déverse. Il se présente en trois parties : la première correspond au récit du personnage principal (récit à la première personne), de l’enfance à la mort, et notamment sa rencontre avec Martin Mantra, guère plus âgé que lui, à l’école. Il est vite fasciné par cet étrange garçon. Il faut dire que jouer à la roulette russe à cet âge (et y survivre) ça vous marque. La folie de sa famille aussi. Et la pratique cinématographique de ce dernier, qui réalise enfant le film continu de sa vie à l’aide de chutes de pellicules émanant de son père, producteur à Hollywood, également. Ceci va, d’un trait, jusqu’à la mort du narrateur et le récit qu’il fait (oui : il est mort mais il continue de parler, après tout pourquoi pas) de sa mort progressive (tumeur au cerveau) puis du passage à la condition de passager d’un cercueil tout blanc, dans le hall de l’aéroport de Mexico.

Car le narrateur n’est pas de Mexico, encore moins mexicain. Mais, et c’est l’un des traits marquants, des leitmotivs du livre, il s’est trouvé plongé dans le goût du fictif de ses habitants. Venu simplement envoyé de Paris pour y faire un reportage, il est vite aspiré, passionné (au sens de l’obsession douloureuse) par cette ville qui bouillonne comme le lac de lave d’un volcan et présente notamment tous les symptômes d’une obnubilation par le réel distordu, par le flot des fictions : le symbole principal étant les catcheurs et leurs masques, personnages populaires d’un théâtre de lutte (bien réelle celle-là) entre le bien et le mal, mais également alimentée par les télénovelas, le poids des mythes ou mystères aztèques, j’en passe.

La deuxième partie du livre est un abécédaire. De A comme Abajo (en bas) [L’inframonde] à Z comme Zona (Zone) [Crépusculaire], sur 350 pages, occupant les ¾ du roman, le narrateur fait le récit de son séjour dans ce qu’on identifie ensuite comme l’antichambre de la post-mort, qu’il occupe assis devant un téléviseur noir et blanc qui projette les images de son cerveau, au milieu de cet espace qu’il nomme l’inframonde (le 9ème sous-sol). Cette partie est plus onirique que la première, sans être cependant délirante, s’en tenant à l’incompréhension de l’inconsistance, comme par exemple celle relative à une théorie des piscines faîtes par sa compagne, Maria, mexicaine, amnésique, qui explique comment la métaphore de plusieurs piscines se déversant l’une dans l’autre dans laquelle elle nage représente le passage durant sa vie par plusieurs dimensions, chaque dimension apportant une maturité supplémentaire. Le narrateur de parler ensuite de piscine vide...

La troisième et dernière partie du roman se déroule dans un état post-mortem, où le narrateur est devenu mi-homme mi-machine. C’est le temps de la recherche du père qu’est devenu entretemps Martin Mantra, lui-même devenu, dans un mouvement hyperbolique, démiurge liturgique dans un temple aztèque, du constat de sa mort et de l’utilisation de la seule balle trouvée dans le pistolet que tient la main du squelette recherché et trouvé, près d’une grande pierre ronde cosmogonique (le codex).

Bienvenu sur la planête Ter-mars, amalgame de réel et de fictif, d’imaginaire. La réussite de ce mélange est pour moi la grande qualité du bouquin et ce qui fait sa saveur. C’est un récit mutant, dépassant la vie vers l’état mortel ou l’état machine, dans lequel roule (au sens propre : repassant plusieurs fois et avec force dans le récit) un flot de symboles, d’émotions et de concepts divers (catch, arme à feu, le codex aztèque, l’acte cinématographique, la mort, etc) qui n’opèrent pas de manière strictement métaphorique mais plus lâchement, sous la forme d’associations, de superposition de plusieurs kaléidoscopes continus.

Le but de l’écrivain semble d’ailleurs plutôt d’ordre émotionnel et primaire, rythmique, dans le but de présenter une histoire originale, ni pure science fiction ni pure relation du réel. Entre les deux, un genre à part, sans aspiration humaniste, morale, philosophique ou sentimentale. Une utilisation de connaissances littéraires ou historiques pointues (référence à Malcom Lowry, à Kerouac, ou aux figures aztèques comme Teotochtitlan ou Ketzalcoatl) ou de référence comme Serge Gainsbourg et L’Homme à la tête de choux, ou encore à la formule « Que ma joie demeure » ajoute un raffinement très agréable dans le flot du récit.

On aime ou on aime pas : ce mélange, ces télescopages, comme une fresque picturale mise en mouvement, un long travelling bizarre comme coupé mais sans coupure, succession permanente de fondus-enchaînés au gré de la chaîne linéaire des mots, et selon on peut trouver cela sans objet ou trop long, ou au contraire jubilatoire. Moi, j’ai admiré la prouesse formelle tout en me demandant continûment, jusqu’au dernier mot, où l’auteur voulait en venir …
par ArbreBlanc publié dans : Littérature
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Jeudi 7 juin 2007
J’ai enfin terminé ce petit article, qui traîne dans mon traitement de texte depuis un moment, sur le roman de Tarun J Tejpal, auteur indien, premier livre de l’écrivain salué pour l’indépendance éditoriale de sa revue.

Je m’attendais, occidental pétri de tentations, occidental pétri d’utopies, occidental pétri de simplisme, à un voyage mystique, à une révélation sur la méditation et sur Bouddha, à une histoire qui m’aurait jeté hors de moi et m’aurait propulsé dans un espace de pensées totalement différent, qui m’aurait donc métamorphosé. Ce n’était pas ce à quoi il fallait s’attendre.

Ce roman est « juste » indien. Il est écrit dans un style simple, phrase courte, sans grand lyrisme, mais avec un fil du récit très solide qui tient en éveil d’un bout à l’autre, nous promenant dans l’Inde contemporaine, dans plusieurs villes, avec une constante : les lieux qui font l’objet d’une description ample sont toujours ceux d’une habitation, maison ou appartement, les autres éléments faisant l’objet de description étant les paysages, les voyages et les hommes.

Mais je m’égare : en fait il s’agit d’abord du récit d’une histoire d’amour terminée, quand on en est à l’épilogue. Et ce n’est pas que cela, c’est un récit aux fils multiples (et exposés avec précaution, presque avec clarté) qui revient sur des heures de l’histoire indienne comme celles de l’indépendance et de la procession de Gandhi, de la rivalité entre les différentes ethnies (hindous, mulsulmans) qui composent l’Inde, sur la trajectoire familiale et en particulier sur les épreuves qu’a du subir la grand-mère du narrateur, lorsque sa ferme subit l’attaque sanglante, monstrueuse d’une autre ethnie, qui raconte le cheminement d’un homme, le narrateur, pris entre le dégoût du réel (et son activité de journalisme) et sa difficulté à devenir écrivain, ses tentatives vaines d’écrire un livre (4 je crois), dans lequel on ne peut ne pas voir un parallèle entre l’écrivain du roman et le narrateur.

C’est aussi une double histoire amoureuse, l’une, celle du présent, d’un couple mixte et très charnel, et l’autre, celle du passé, d’une américaine émigrée en Inde 50 ans plus tôt, et dont la vie avec le fils homosexuel d’un Maharajah puis la passion pour un indien – Rachkas – donne lieu à de très belles pages érotiques faîtes de fluides et de tumescence renouvelées.

Et enfin c’est aussi l’histoire d’une installation dans les contreforts de l’Himalaya, une histoire de trajets automobiles, une appréciation des choix sociaux de l’Inde (éducation, lutte pour le pouvoir).

Bref, c’est un livre en fait très dense, aux effluves indiennes passionnées et non pas mystiques, qui sont dévoilées dans une atmosphère élémentaire, simple, claire dont la lecture est très agréable.

Reposant et passionnant à la fois.
par ArbreBlanc publié dans : Littérature
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Mardi 23 janvier 2007
Après avoir lu une anthologie des poèmes de Hugo, je me suis lancé dans la lecture d’un de ces romans, en l’occurrence « Les Travailleurs de la Mer », choisi dans la multitude pour son titre. Je l’ai terminé il y a quelques jours.

J’ai finalement beaucoup aimé ce roman, pour sa dimension épique, tragique, passionnelle et son final austère, sacrificiel, en apothéose d’amour et de souffrance.

Hugo dit quelque part dans le roman que la conscience est peut-être une ligne droite, mais la vie est pleine des courbes de la destinée. Une ligne cependant trace sa constante dans le roman : celle de la passion, de l’amour. Ligne menacée par la mort dans une longue séquence, dans le tourbillon sauvage de la mer et du vent. Le roman court de rebondissements en rebondissements, de plus en plus intenses, et finit en apothéose d’émotion dans la tragédie d’un homme seul.

Pour ceux qui ne souhaitent pas voir l’histoire dévoilée, arrêtez-vous là. Il faut un peu de courage si vous voulez vous lancer dans l’aventure, mais cela reste un roman moderne, très romantique (au sens du mouvement littéraire). Pour les autres, voici un peu plus de détails.

L’histoire en quelques mots : Gilliat, solitaire mystérieux de l’île, fin connaisseur de la mer et de ses dangers, tombe subitement dans la passion pour Deruchette, nièce de mess Lethierry, après que celle-ci, au tout début du roman, ait écrit son nom dans la neige, sans le connaître, le jour de Noël, et se fut enfuie en riant. Il ira donc, parce qu’elle est promise à celui qui ramènera la machine à vapeur du bateau naufragé de mess Lethierry, la Durance, combattre la mer et les écueils nommées Douvres, lieu féroce, désert et hostile. Là il livrera un long combat titanesque, se nourrissant de coquillages, réussissant l’impossible – extraire la machine qui est miraculeusement conservée - échappant à la tempête, ainsi qu’à une pieuvre, et au naufrage, rongé par la fièvre, en proie à la faim et la soif, pour ramener la machine à Saint Sampson. Et là, au lieu de s’unir à sa promise, il assistera à l’éclosion de son amour pour un autre, et préférera lui donner le mariage et la liberté avec l’homme qu’elle aime, le révérend Ebenezer Caudray, et les regarder s’éloigner vers l’Angleterre sur le sloop Cashmere.

Le roman est un grand crescendo. S’il commence assez lentement, et qu’il faut deux cents pages pour arriver au premier rebondissement, l’accélération est permanente, et la densité la plus grande est dans ce final, grandiose, qui raconte un homme qui regarde sa bien aimée partir avec son nouveau mari, alors qu’il vient de les marier, puis qui se laisse recouvrir par les flots sur la Chaise Gild-Horm-‘Ur, anfractuosité en hauteur dans les roches de la côte, recouverte et isolée par la marée haute, bien connue pour ses victimes.

Le début est assez laborieux. De longues descriptions érudites sur les termes de marine, les mœurs  des îles anglo-normandes, la géographie des îles, et des ramifications très nombreuses, qui brossent patiemment le tableau de l’action, font que le fil de la fiction met beaucoup de pages à se mettre en place.

Mais en quelques pages, le roman décolle, vers son milieu, au moment précis du naufrage de la Durande, sur les écueils Douvres, de manière volontaire par son capitaine, Clubin. Celui-ci croyait pouvoir combiner trois choses par ce naufrage : l’héroïsme, en restant seul sur le navire qui sombre tandis que s’éloignent les passagers dans la chaloupe de sauvetage, une fausse disparition pour les gens de l’île, qui l’auraient cru naufragé, ainsi que la fuite et la richesse, car il est muni de 3 billets de 25 000 francs arrachés sous la menace d’un revolver à Saint Malo à un ancien associé de mess Lethierry, qui lui avait volé ces richesses.

Mais voilà : il croyait s’échouer sur les rochers Hanois, et pouvoir rejoindre Guernesey à la nage. Hors il se trouve sur les écueils Douvres, les plus terribles, car il s’est en réalité égaré dans la brume. Tentant le tout pour le tout il se jette à l’eau, pour rejoindre un rocher proche, lorsqu’il sent, dans l’eau noire et froide, qu’il est happé à la jambe …

Si, à ce moment précis, les pièces de puzzle mises en place par Hugo s’assemblent pour donner le coup d’envoi de l’épopée, jamais par la suite le déroulement du roman n’est prévisible. Il court d’accidents en providences, de succès en déconvenues, à un rythme toujours plus rapide, plein de bonnes et de mauvaises surprises, portant les personnages dans des états paroxystiques : hébétude, abandon, renoncements, amour, bonheur, sacrifice.

Du point de vue du style, Hugo use abondamment des personnifications, en particulier de la mer, du vent, des animaux sauvages, ce qui grandit, étire, intensifie considérablement certains moments forts. Il use également parfois de métaphores filées sur de longues lignes, même si ce procédé est assez rare.

Le roman comporte somme toute très peu de douceur, même s’il en a pour Deruchette. L’horreur, l’adversité, la monstruosité, le danger, la menace sont des sujets qui bercent en particulier l’épisode des Douvres. Quelques points de vue politiques, sur la religion ou la France, transparaissent parfois, surtout au début.

Que ce soit dans ses poésies ou dans ce roman, Hugo fait preuve d’une habilité narrative à laquelle se mêle le recours aux concepts pour décrire le monde, la confrontation de l’homme avec la nature, l’horreur sacrée et quelques évasions sentimentales.

Il est de ces romans qui finalement vous prennent, vous marquent, vous transforment, altèrent vos perceptions réelles, s’immiscent dans votre vie, vous chauffe, parfois à ébullition. Pour moi, ce roman en fait partie, à côté d’autres œuvres comme celles de Giono, de Pirotte, de Tolstoi, « Sous le volcan » de Malcolm Lowry, pour n’en citer que quelques unes, et j’en oublie beaucoup d’autres.
par L'Arrosoir publié dans : Littérature
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Mercredi 13 décembre 2006

Pour changer un peu, voici les livres que j'espère bientôt (avoir le temps de) lire :

  • Coma, Pierre Guyotat 
  • Tombeau pour 500 000 soldats, Pierre Guyotat
  • Mantra, Rodrigo Fresan
  • Bestialité, Jean Rollin
  • Loin de Chandigarh, Tarun Tejpal
  • Une adolescence en Gueldre, Jean-Claude Pirotte 

sans oublier Rimbaud, je dois me le procurer, et ceux, déjà lu, dont je voudrais parler un peu plus : poèmes de Victor Hugo, Pedro Paramo, divers Houellebecq.

J'hésite à me plonger dans "Les Bienveillantes", de Jonathan Littell, j'attends de lire quelques avis, ceux du blog La lettrine ou bien celui de Chronicart pour me décider.

Avez-vous un commentaire sur ces livres ?

par L'Arrosoir publié dans : Littérature
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Dimanche 10 décembre 2006
Non, je ne parle pas de ce qui arrive en ce moment à la gauche antilibérale … Attendons mardi soir.

« L’expiation » est le nom d’un poème. Dans lequel figure des vers très célèbres, qui parlent d’une ville située en Flandres, non loin de Bruxelles. Waterloo !

J’ai ré-découvert ces vers et découvert le poème dans son ensemble qui figure dans « Châtiments » de Victor Hugo. Un poème de 386 vers, écrit en 7 parties, et qui propose de retracer l’épopée puis la débâcle napoléonienne pour mieux marquer le crime originelle entachant le trajet de Napoléon, à savoir le coup d’état du 18 Brumaire (10 novembre 1799), qui mit fin à la 1er république Française, et constituer une résonnance avec le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1850.

Voici ces quelques vers si connus (dans un contexte que je connaissais si peu …) :

(…)
Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
(…)

Et Hugo de terminer dans le tombeau de l’empereur :

(…)
La tombe alors s’emplit d’une lumière étrange
Semblable à la clarté de Dieu quand il se venge ;
Pareils aux mots que vit resplendir Balthazar,
Deux mots dans l’ombre écrits flamboyaient sur César ;
Bonaparte tremblant comme un enfant sans mère,
Leva sa face pâle et lut : - DIX-HUIT BRUMAIRE !

Qui sait, peut-être à la manière de la gauche antilibérale dans quelques jours qui s’horrifierait en clâmant : 29 mai 2005 !
par L'Arrosoir publié dans : Littérature
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