Deux de ses membres, Cedric Bixler-Zavala et Omar Rodriguez-Lopez ont alors fondé The Mars Volta, et ont sorti depuis 3 albums. Je vous présente Frances the Mute, le deuxième, sorti en 2005.

Le fond de l’air reste rock, les ingrédients qui le constituent sont là, notamment l’instrumentation. Mais la rythmique et les mélodies, si parfois elles lui empruntent ses habitudes sur certains titres, sont souvent constituées sur un autre fond, plus proche du funk, avec énormément de liberté et de variations, ce qui rapproche certains passages d’une pratique proche du jazz.
Ce qui est frappant, c’est la longueur de certains morceaux (3 au-delà de 10 minutes, 3 autres au-dessus de 5 minutes), et la variété très importante des rythmes, toujours trépidants et bourrés d’énergie, des instrumentations, des mélodies tout au long de l’album : beaucoup de riffs de guitare, quelques réflexes punk mais qui ne constituent pas la matrice du son, venant simplement l’agrémenter, l’électronica est très présente et passe quelques moments sur le devant de la scène, en nappes, en brumes qui envahissent progressivement tout l’espace sonore, large spectre d’inspiration (samba, psychédélique [guitares en écho et distorsions longues], western), des intrusions d’enregistrements de rue ou de forêt, textures sonores très variée, allant jusqu’au piano, saxophone, trompette, cordes, flûte, orgue Hammond, aucun temps mort, frénétiquement éclectique (sur les deux premiers morceaux, la tonalité change presque toutes les 30 secondes)... En un mot, une énorme richesse musicale dotée d’une forte fièvre rock qui plane entre jazz et funk. Impressionnant !
Récit du premier morceau :
rythmique percussion – basse – lead guitar de base funk punkisée (répétition du motif sans variation), on dirait du Red Hot Chili Peppers mélodiquement et rythmiquement suralimenté, très vite solo de guitare,
changement de rythme, un espace musical s’ouvre avec apparition du son synthétique,
retour aux sources (guitare simple, légèrement augmentée d’un fond synthétique) qui s’amplifie en riff de guitare aigües, métallique, parcourues de réverbérations (échos), finissant en crescendo d’assaut sonores,
retour du chant sur cette base, soutenue par des sons de corde synthétique, finition en riff de guitare sur roulement de percussion,
et on repart pour un tour : base funk punkisée, qui se détend dans des espaces denses où chaque instrument reprend la base en la ralentissant et l’enrichissant,
mais là : transition pour une bulle synthétique (électronique) d’où émerge une rythmique de transe techno parcouru d’extraits d’enregistrement de son de la rue (conservations, circulation),
qui lance le deuxième morceau.
Ouf ! Tout cela en 13 minutes et 2 secondes. Je n’ai pas vu le temps passé.
Bref, c’est adorable et je vous le conseille.









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