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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Vendredi 21 décembre 2007
(Ceux qui lisent encore ce blog ont du mérite, la fréquence étant devenue erratique. Je sens cependant en ce moment comme un regain. Signalez-vous !)

Un simple livre peut changer beaucoup de choses. Avec la connaissance encyclopédique que nous ingurgitons, on peut s’étonner de tels virages. Ou bien pointer du doigt une certains inadéquation de ce qu’on nous met dans le cerveau.

Le cerveau justement : le siège où tout se noue. Où comment un livre sur le sommeil (« La révolution du sommeil »), présentant simplement les éléments de base constitutifs de notre psychologie, plante le décor entre conscience, siège du raisonnement, de la logique, du temps, des contraintes (le cerveau gauche) et moi profond (inconscient pour ses détracteurs), s’exprimant par les rêves à notre conscience, avec un contenu orientée vers les associations, les intuitions, l’esprit de synthèse, l’irrationnel(le cerveau droit).

Au fin fond de nous-mêmes le moteur sacré des désirs est celui qui nous meut. Faire triompher la communauté des désirs pacifistes, positifs, non destructeurs, non agressifs, non conflictuels, favorisant l’harmonie des êtres et de leur environnement, la voilà l’illumination, la lumière forte et apaisante qui m’a flashé en hallucination, le voici l’intérêt général qui m’intéresse réellement, et qui se définit en termes de valeurs (prochainement énumérées ici).

Toute situation sociale nouvelle amenant une progression vers cette communauté est la voie. Toute situation où perdurent les éléments qui l’entravent doit être refuséeet progressivement supprimée en douceur. L’individualisme, le modernisme dans une certains mesure (je n’ai pas écrit le progrès), la non équité sociale, le profit que tout le monde s’arrache, les privilèges de quelques uns qui veulent partager de moins en moins, les conflits sociaux, l’hypocrisie environnementale galopante (Cf Bali, sujet d’un prochain article), une société qui refuse obstinément de satisfaire les besoins primaires gratuitement (se nourrir, se loger, se chauffer) et qui tend à en rendre certains payant (créer du lien social devient payant sur les sites Internet de rencontre par exemple) : autant de choix de société qui n’ont au final que la nuisance pour retombée.

Tout ceux qui barrent la route sous prétexte d’intérêt général suranné doivent dégager la voie.
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Vendredi 3 août 2007
L'arbre blanc a un problème important. C’est : perte de confiance dans le système supposé nous entourer sans cesse, présent dans chaque interaction sociale. Ce problème existe depuis mai 2007.

Il faut être sans cesse vigilant pour que l’interlocuteur ne vous extorque des choses que vous regretteriez juste après. L’interlocuteur songe rarement à vous faire plaisir. Il est plutôt là pour mettre en avant sa valeur, vendre, donner des ordres, promouvoir des valeurs ou des choses ou des personnes. Il faut sans cesse être prêt à répondre, à contre-attaquer en cas d’agression. Les agressions sont nombreuses. Le système fonctionne en partie sur la base du conflit. Le conflit est la matérialisation de la mise en rapport directe de deux individualités.

La souffrance provient de l’absence de situation, de groupe partageant ce constat, et où les rêves pourraient au moins s’exprimer. Où les désirs peuvent trouver un écho pour se transformer en actes, sans souffrance en contre partie.

Est-ce un problème psychologique ou une souffrance sociale ? Un système humain peut-il fonctionner autrement ? Certains répondent que le conflit est au cœur de ce système, je pense qu’ils n’ont pas vu la relation entre conflit et individualité.

Les solutions traditionnellement à mettre en œuvre sont : privilégier la confiance en soi, s’exprimer et se mettre en valeur, combattre, convaincre, s’endurcir, développer les techniques de réponse dans les conflits. En somme, renforcer son individualité pour la mettre au même niveau que les autres.

Je ne veux pas de ces solutions. Déjà, je suis non violent. Ensuite, elles soignent le mal par le narcissisme, l’égoïsme. Elles ne s’attachent pas au choc entre les rêves (de chacun, de tous) et la réalité matérielle.

Au lieu de cela, je me suis rendu compte, ces jours derniers, que le rapport entre les rêves et la réalité :
- sont au cœur de réflexion d’une vie, comme celle d’Ingmar Bergman ou d’Antonioni,
- étaient déjà présentes dans l’article traitant de l’alliage, qui est une forme où rêve et réalité entre en conflit,
- seront douloureux pour celles et ceux pour lesquels le système ne veut pas donner ou ne donne pas de réponse

Pour la dernière catégorie de personnes, s’adapter étant s’aliéner, où est la solution ?
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Mardi 3 juillet 2007
Après une semaine passée au Club Méditerranée de Serre Chevalier. Un grand moment : la retrouvaille avec la montagne, que j’avais laissé il y a maintenant bientôt 9 ans suite à mon départ de Grenoble pour Paris, à la fin de mes études là-bas.

Avant d’y retourner, je me figurais retrouver cette sensation d’énormité, de hauteur, que j’avais ressentie en face des massifs, en haut des falaises et des sommets. Je songeais également à ce départ vers Paris, pris pour des raisons professionnelles, pour profiter de l’élan du business parisien. Rétrospectivement, ce choix pour raisons économiques, je le regrette, tout simplement, parce qu’en fait à cette époque j’ai choisi l’utile plutôt que l’agréable, le matériel / le réel en opposition au rêve. Ce n’est que plusieurs années après que je m’en aperçois, en étant éloigné.

J’anticipais une grande émotion à l’arrivée, dès les portes de Grenoble, mais là j’ai ressenti tout à fait autre chose, pas de sentiment de grandeur, plutôt une habitude à contempler les massifs, et aucune nostalgie grenobloise. Aussi ai-je pensé alors que dans le temps l’idéal constitué avait probablement dépassé la réalité, l’utopie dépassé le rêve.

Ce n’est qu’au cours de la semaine, en renouant sur le terrain, pierre après pierre, montée après montée, sommet contemplé après sommet, que les fils se sont renoués et que j’ai pris conscience que cette montagne, je ne l’aime pas de loin. Elle prend pour moi toute sa saveur dans l’empilement de ses plis, qu’ils soient calcaires, gréseux ou schisteux, dans la masse des pierriers, ces grandes pentes remplies de blocs et de cailloux tombés des sommets, dans l’étendu des alpages, dans le désert de l’altitude, dans l’innombrable des sommets, dans le grain de sa peau en somme.

J’ai ainsi pu découvrir et retrouver le massif des Ecrins, et la vallée de la Guisane, située entre le col du Lautaret et Briançon, et mieux situer les pics et dômes, les glaciers, Névache, l’Izoard, voir les Rousses, apercevoir les aiguilles d’Arves, voir au loin le Taillefer, le Pic de l’Ornon de funeste mémoire (orage). Et regarder de plus près le Grand Aréa, au-dessus de  La Salle Les Alpes, le col de l’Echeaudat, le massif du Grand Combénot, la Meige (n° 4032, private joke), l’aiguillette du Lauzet, le lac Noir et le lac Lérié ….

… pendant que les enfants s’amusaient gaiement au club.

Et avant que l’été pourri ne s’installe sur la France … et sur Bruxelles. En hiver la pluie et le froid bruxellois sont supportables, après tout ils sont de saison, mais c’est pour l’instant  l’été que le climat est le plus difficile à supporter, car il fait vraiment un temps d’automne. Il n’y aurait pas d’été à Bruxelles ?
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Mardi 29 mai 2007
Avoir l’impression de s’être morfondu pendant quelques années, d’avoir passé son temps à rechercher l’inaction, la paresse, alors que cela menait à l’inconfort moral et spirituel : voici l’impression que je laisse derrière moi après ce samedi 19 mai (ça date un peu déjà, mais ne se dément pas). La fêlure, la plaie irritante semble s’être ressoudée, raccommodée d’un coup, en l’espace de quelques heures, sans être passé par les mains d’un psy ou d’un environnement euphorique, non, dans l’environnement usuel.

Voilà, il semble que j’en ai fini, enfin, avec le complexe que m’inspirait autrui, l’altruisme venant d’autrui plus précisément, et qu’une intériorisation équilibrée se soit enfin produite. Ce mouvement je le dois, je le pressens, à la vision claire et solide d’un avenir propre qui peut fonctionner en dehors des contingences, d’un moi affirmé et solide, guidant comme un fanal, qui serait une vraie nouveauté après des années de moi mis en commun, moyenné, tordu pour faire corps avec l’environnement, avec un sentiment de limitation, d’obstruction étouffant et nauséeuse.

Plusieurs événements extérieurs se sont produits : l’émancipation politique d’une part, le constat réaffirmé par la thérapie de l’écrit de ce blog de points de vue dont la recherche de l’équilibre questionnait sans arrêt la partialité, la dépendance à d’autres jugements, le parti-pris, l’a priori, le cliché, toutes ces postures qui sont des armes d’opinion. Non pas qui ne serait QUE des armes d’opinion, non, qui sont DES ARMES.

Je crois être parvenu au stade où la différence n’engendre pas forcément l’envahissement extérieur ou la barricade intérieure, mais vient se loger dans une chambre grise, une sorte de zone démilitarisée. Je peux désormais croiser l’hostilité du quotidien, lorsqu’elle existe, lorsque je la rencontre, en la mettant à distance sans me sentir blessé.

Effleurer quelques mythes, cela fait du bien, mais il faut leur laisser le temps de résonner pour mieux entendre leurs sifflements dans les haubans. Surf, architecture, deux positions primordiales car au cœur de l’humain : corps à corps naturel d’un côté, élan esthétique de l’autre.

Maintenant, j’entrevois beaucoup plus l’avenir comme une navigation à la surface d’un vaste océan plutôt que comme une pierre au fond d’un torrent. Et revient, de manière magnifique, le goût et la recherche de l’initiative, non pas comme un passage obligé du monde économique qui préfigure l’exploitation, mais comme une trajectoire élévatrice, libératrice, vers des territoires de franche pureté, de lumière, de résonnance dans des collines hautes et souples.

Un vrai soleil de l’âme …
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Vendredi 18 mai 2007
Un marasme certain s’est abattu sur ma tête.

Retombé, l’élan idéologique de la campagne, déçu du débat d’idée qui n’a pas eu lieu, de véritables sujets qui n’ont pas émergé. Je lisais hier une interview de Morin et Ferry dans Le Monde 2, datant d’avant le second tour, et j’y ai trouvé tout ce qui m’a manqué, principalement le constat – partagé – que les idéaux ont désertés la politique et ont été substitués à des considérations économico-centrées d’origine purement systémiques et sociologiques, à la lointaine exhalaison humaine. Bonheur, sagesse, paix : ne cherchez pas ces mots dans les références de premier rang de nos comédiens politiques.

Et me voici donc, en conséquence, entraîné, mais peut-être pour plusieurs raisons, dans une déprime large, qui appelle les quelques questions suivantes.

Pourquoi donc ce découragement, cette déprime ? S’agit-il, personnellement, du nième constat d’une distance effarante entre les idées qui m’habitent, les impressions, les sentiments, et les autres, en quelque sorte de la difficulté de communiquer, voire de l’incommunicabilité ?

Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ? Y a-t-il vraiment problème ? Ou bien est-ce une sorte de perte de confiance excessive, de tabula rasa qui viendrait d’on ne sait où, périodiquement, faisant soudain patauger ? Ai-je pour autant toujours eu l’impression de patauger comme un caillou au fond du lit d’un torrent, et de ne pas apercevoir de signes de remontée à la surface ? Je crois que ça s’appelle ne pas avoir le moral, tout simplement. De tels moments peuvent parfaitement exister si c’est pour mieux rebondir.

Serait-ce ce boulot devenu, avec la réflexion des présidentielles, foncièrement inintéressant, car du domaine du chiffre d’affaire à faire, auquel est instillé sans y être inféodé un collectif minimal ? Serait-ce la pauvreté des rapports humains qui en découle, l’absence totale d’échos à mes idéaux ? Cette pauvreté est-elle de mon fait ou bien est-elle due à mon environnement ?

Je ne crois pas uniquement à un rôle professionnel renouvelé pour rebondir. Certes j’ai des idées du côté de l’environnemental, de l’architecture, mais le chemin me paraît si long et il semble avoir tant de composantes techniques ou commerciales devant ses avantages (mais plus que maintenant, c’est sûr), qu’il me faudra autre chose.

Cette autre chose, c’est une évolution personnelle. Laquelle ? A moi de trouver.

En tout cas l’engagement est bloqué, que ce soit pour des choses personnelles ou autres, toute chose personnelle se ramenant à une dimension collective qui appelle une renonciation immédiate. Curieux, non ? Alors, névrosé ? Non, ce diagnostic est probablement déplacé et signe d’un noircissement ambiant. Découragement plutôt.

Faut-il prendre le mors aux dents, foncer, développer ces idées à soi pour que les autres suivent ? Mais alors comment faire pour ne pas se faire déposséder ? Comment se posséder soi ?

Trop de spectacle, de mise en scène dont ferait partie ce blog ? Mais n’y a-t-il pas forcément mise en scène dès qu’on interagit avec quiconque ? Ou alors est-ce une question de degré que je ne sentirais pas ?

Voici pourquoi le cours de ce blog s’est asséché. Pourtant, tant de choses à raconter mais pas la volonté de les écrire : lectures, musiques, expériences maritimes …

Ca viendra.
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Vendredi 30 mars 2007
Break d'une semaine : bol d'air marin, repérage de la côte jusqu'à Fort Mahon, plage, vélo. A bientôt !
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Vendredi 23 mars 2007
J’ai grandi à la campagne, et j’en ai gardé beaucoup de choses. Tellement que je me demande parfois si je suis un citadin, et en quoi un citadin et un rural diffèrent. 14 ans à plein temps à la campagne, ça marque

J’ai gardé notamment le goût des pousses, des plantations, des semailles, des récoltes et autres cueillettes, et je peux depuis cette année m’adonner à nouveau au jardinage. Je me rappelle avec bonheur mes plantations de topinambour, les plantations de millet de mon frère, mes récoltes dans les champs alentours (cela s’appelle le glanage), et bien d’autres aventures naturelles, humides, aériennes, terreuses, paysagères...

Outre les habituelles fleurs du balcon, héritées de Paris, cette année je compte bien renforcer deux secteurs : les aromatiques, pour tenir compagnie au thym serpolet, au romarin et au persil et le potager.

Les semis ont été faits, et les pousses apparaissent, bien au chaud et bien éclairée : basilic, sauge, aneth, coriandre. Les tomates vont suivre.

Voici le résultat après 2 semaines d’attente :



Vivement le repiquage dans quelques semaines, tout s’annonce bien pour l’instant, et j’espère que le temps bruxellois se prêtera à de bonnes récoltes !
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Mardi 13 mars 2007
Jean, un ami de Liège, un type sympa et tranquille, a loupé un virage à moto et s’est tué dimanche.

Son affabilité, sa décontraction, son humour nous manquera. Je me souviendrai entre autre qu’il faisait partie du comité « d’accueil » lorsque j’ai rencontré la bande des liégeois à Charneux, qui m’avait gaillardement mais néanmoins chaleureusement (au coin du feu de la cheminée !) tendu la main pour faire connaissance.

Alors il y a la tristesse, la peine, et le partage de la douleur, de la perte avec ses proches.

Et puis toujours le même sursaut : la mort ne doit pas tout submerger, en particulier effacer notre dignité et celle du disparu. En quelque sorte, elle doit garder sa tragique solitude, et elle doit souligner la vie comme un combat. Reste chez toi ! Ne nous empoisonne pas plus que ça ! Tes pouvoirs traumatiques sont, mais tu ne nous corrompras pas par tes conséquences aux pouvoirs vénéneux.

En soi, pour moi, elle ne porte de vie que ce qu’on garde en nous, les vivants, du mort, et qui continuons la lutte.
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Mardi 13 février 2007
Voici que sur l’écran multicolore Internetisé est tombé un document contenant 100 propositions, intitulé « Le pacte présidentiel » (disponible ici pour ceux qui souhaite cueillir la chose). Un peu comme un chamois qui aurait trouvé un pot de confiture, j’ai mis un peu de temps à trouver le côté par lequel le prendre. Car à le lire par le menu, puis à tenter de le mettre en perspective, je me suis vite aperçu qu’il manquait quelque chose pour que la démarche soit plus objective. Cet exercice peut tourner à la consommation de propagande, et j’ai retrouvé un stigmate que j’avais exposé il y a quelques semaines dans cet article : la sensation de gober des réponses dictées dans un cadre de pensée qu’il faut s’approprier pour pouvoir saisir le message.

Je vous expose donc la démarche que j'ai décidé d'utiliser pour se faire une idée parmi la myriade d’idées, de propositions, de projets exprimée par les uns et les autres, sans avoir le tournis de la girouette et sans céder aux charmes de la forme, à la posture, à l'image pure.

L’idée, c’est de lire une proposition en regard d’un besoin. Après tout, un projet doit répondre à des attentes, des nécessités, des objectifs. J’ai donc commencé par définir ces besoins, de manière à juger chaque programme, tant du point de vue de sa prise de conscience des problèmes qui me viennent à l’esprit, que du point de vue de ceux que je n’avais pas à l’esprit, et des solutions concrètes, gages de réussites, qu’il prévoit.

Je raisonne par cercle de nécessité, du plus nécessaire au plus accessoire, de manière à pouvoir juger des priorités de chaque discours. Je tente également de m’éclairer en évoquant certaines manières de faire plutôt que d’autre.

Cercle 1 : Lutte contre l’exclusion sociale

Un vocable qui a marqué les esprits en 1995, retourné à  l’anonymat du langage, mais qui à mon sens est LA priorité. Cette lutte doit, à mon sens, répondre à trois problèmes.

Le premier problème d’exclusion, c’est celui des sans logis, qui sont dans une situation sanitaire, morale, sociale inacceptable. Ils sont environ 86 500 en France. Pour ceux-ci, il faut permettre de gérer l’urgence, éviter le pire, bref, avoir une présence humanitaire pour eux, et tenter de les sortir de ces marécages, en les aidant, en les suivant, en les réinsérant.

Le second problème d’exclusion, moins aigu pour les personnes que le premier, mais quantitativement beaucoup plus important, et porteur de rébellion sociale, c’est l’exclusion dans les banlieues. Les 40% de jeunes au chômage dans ces quartiers, leur isolement dans des ghettos, créé une situation explosive, qui a déjà explosé une fois, et qu’il faut résoudre par des moyens d’actions qui doivent prendre en compte : la prise en charge des exclus, non pas par des escadrons de police mais par des escadrons de travailleurs sociaux, leur insertion sociale, en les formant et leur trouvant un emploi, et probablement leur réinsertion républicaine. Pour ceux qui seraient tentés, dans ces quartiers, de glisser vers cette désespérance, et qui sont aujourd’hui scolarisés, il faut à tout prix que l’éducation et la formation qui leur est délivrée soit meilleure qu’aujourd’hui. Enfin, globalement, l’image des quartiers doit être améliorée, et je pense que le concours de ceux qui en sont issu et qui se sont insérés est crucial.

Le troisième problème d’exclusion concerne les immigrés sans papier, qui, lorsqu’ils sont insérés, ou lorsqu’ils fuient les traitements contraires aux Droits de l’Homme, ou lorsqu’ils sont en harmonie avec nos valeurs, doivent être accueillis à bras ouvert, et quelque soit leur cas, accueillis dignement et pris en charge rapidement.

Cercle 2 : Lutte contre la pauvreté

Ceci concerne des profils variés de personnes : actifs, chômeurs, étudiants, retraités, handicapés. C’est dans ce cercle qu’on trouve le potentiel d’exclu, car leurs ressources sont faibles. Ce cercle se caractérise par la difficulté à répondre à des besoins primaires tels que se soigner, se loger, se chauffer, se nourrir, se distraire un peu. Bien sûr, la solution de fond, pour les actifs, les chômeurs et les handicapés, c’est toujours de pouvoir prendre l’ascenseur social : trouver un job tout court ou un job mieux payé. Sans cette solution, c’est le désespoir, la déprime, l’abnégation qui s’installe. Mais cet ascenseur étant capricieux, il faut trouver des palliatifs aux situations d’urgence. Dans ce domaine, la priorité, c’est la santé, qui doit être prise en charge par l’assurance sociale pour être accessibles à toutes les populations menacées dans ce cercle. Ensuite, c’est, pour les actifs, chômeurs, retraités et handicapés, le logement social ou l’aide au logement, en fonction des besoins. Pour les retraités, il faut également traiter le problème des petites retraites, et trouver le bon seuil auquel doit se situer le minimum retraite, qui est aujourd’hui à 503 euros par mois. Je trouve ce chiffre choquant. Pour les étudiants, dont certains s’endettent pour pouvoir se payer leurs études, il est nécessaire d’accroître l’offre de service public pour eux, en termes de logement, et peut-être de revoir le système des bourses.

Cercle 3 : Renouvellement démocratique et égalité des chances

Le renouvellement de la démocratie représentative est urgent, et l’introduction de dispositifs participatifs ne doit masquer cette urgence. J’appelle de mes vœux, en priorité, une VIème république, où le président de la République ne serait plus élu au suffrage universel, perdrait ses prérogatives de chef de l’exécutif et de chef des armées au profit d’un premier ministre désigné par un parlement renouvelé, dont les députés seraient élus à la proportionnelle pour les 2/3, tout les 5 ans, en alternance avec une désignation de 10 représentants par région, à la majorité simple par les assemblées régionales (elles-mêmes déjà élues à la proportionnelle) par exemple. Le Sénat serait dissout. Des organes de consultation et de débat avec les citoyens, à l’échelle des départements ou des villes, seraient créés.

Dans le domaine de l’égalité des chances, la république et l’Etat doivent imaginer des moyens d’action pour mettre concrètement en œuvre cette égalité, qui est présente en droit, que ce soit par de la discrimination positive, par le respect des différences, la promotion des valeurs communes, par la vigilance vis-à-vis des tendances de repli des communautés sur elles-mêmes.

Cercle 4 : Lutte pour une société écologique

La lutte pour une société écologique, qui soit la plus respectueuse possible de l’environnement, doit urgemment traiter le problème du réchauffement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminuer le recours aux énergies renouvelables productrices de CO2 (pétrole, gaz, charbon), et prendre en compte le problème liés aux déchets de toute sorte que nous générons, fussent-ils du plastique ou du plutonium. Dans ce domaine, il est impératif, pour prétendre agir, de doter l’Etat d’un organe dédié à cette question, qui devra étudier les perspectives, les scénarios envisageables pour réduire tout ces problèmes. Il est également indispensable de porter cette question dans une instance internationale. Il n’est pas certains que nous ne devions pas réduire notre consommation d’énergie de beaucoup, réduire nos déplacements, voire même réduire la croissance, ou organiser la décroissance, des activités économiques qui compromettent tout ces objectifs.

Cercle 5 : les autres … ils sont nombreux !

Après, je ne trouve plus opportun de hiérarchiser, car les problématiques ont des priorités voisines, qui sont assez couplés entre eux, à mon goût. Je parle donc de … secteur (qui a dit camembert ?). La liste ici n’est pas limitative et peut évoluer avec le temps. Je ne parle pas par exemple de sécurité (on en a déjà une forte dose, pas la peine d’en rajouter),

Secteur Santé publique

Dans ce domaine, il faut maintenir, sans relâche, un haut niveau de qualité des soins pour tous. Il est inenvisageable de voir des soins conditionnés à des ressources. Il faut également poursuivre la lutte contre les maladies graves, et se battre pour éviter de voir se transformer les souffrances, les faiblesses, les maladies des uns en profit des autres.

Secteur « Vivre ensemble dans l’ascenseur social ».

Cet ascenseur, cela fait plus de 30 ans qu’il ne satisfait pas toutes les demandes. Il doit permettre d’augmenter les revenus net (hors inflation) des personnes, avec un équilibre entre indexation (salaire minimum) et négociation, leur fournir des revenus du travail, et la possibilité de la mobilité professionnelle. J’oserai également dire qu’il doit permettre de monter en harmonie avec ses voisins, et que les facteurs d’antagonisme social doivent être jugulés. La lutte contre le chômage est une des priorités de ce cercle, mais, plus largement, comme déjà exposé dans un article passé, c’est aussi l’économie qui doit ici être discutée de manière à plus justement redistribuer la valeur ajoutée aux salariés, valoriser l’emploi. En tout cas, il faut lutter contre le chacun pour soi, la dérégulation, la loi sauvage du marché, et agir, pas simplement limiter les dégâts, pour structurellement aller vers une économie plus collective. Concernant une éventuelle stratégie de croissance, ce point est à discuter avec précaution, en raison du cercle « Lutte pour une société écologique ». Dans ce cercle, il ne faut pas oublier le rôle de la Justice dans le vivre ensemble, qui doit être dotée des moyens de son fonctionnement et de son humanité (amélioration des conditions d’incarcération) pour arrondir les angles des conflits et les sociabiliser. Enfin ce cercle doit absolument bénéficier d’un système de formation plus efficace, et je pense qu’il faut arriver à dissocier, dans l’enseignement, ce qui est de l’ordre de l’éducation et ce qui est de l’ordre de la formation. Oui, le rôle de l’école c’est d’éduquer, mais aussi de FORMER.

Secteur « Nous faisons partie de l’Europe »

Il est essentiel de prévoir un RENFORCEMENT de la construction Européenne, au travers d’une REORIENTATION de l’Europe pour en faire une puissance publique dotée de prérogatives sociales et de rouages plus démocratiques. Les réponses nationales à des problèmes internationaux sont et seront de plus en plus inappropriées, et le politique de plus en plus mal à l’aise et en crise sur ces bases. Seule l’Europe peut, à long terme, nous permettre de sauvegarder le principe d’une intervention publique en nous protégeant de la globalisation. L’ouverture vers l’Europe doit s’amplifier, par exemple sous forme de bourses d’apprentissage des langues, comme cela est fait en Belgique, ou une mise en place à plus grande échelle des écoles européennes. En matière de démocratie, les représentations nationales et européennes devraient émaner des mêmes élections. En clair, la désignation du parlement national et du parlement européen doivent fusionner, et le calendrier des élections en Europe doit être harmonisé. La Commission doit devenir, à mon sens, à terme, un Etat, une puissance publique dont l’objectif ne serait plus uniquement la mise en œuvre d’un marché unique ou de politiques régulatrices, mais de gouverner, de concert avec les nations, l’Union Européenne. L’Europe sociale est à construire, et pourrait prendre la forme d’un salaire minimum européen et la mise en œuvre d’une protection sociale de base (emploi, maladie / accident du travail, exclusion, retraite) par l’Europe, complétée par chaque pays suivant ses désidérata. Enfin, il faut mettre en place une constitution apolitique, dans laquelle aucun principe de teinte libéral, marxiste ou étatiste n’est mentionné.

Secteur Réforme de l’Etat

Je souhaite qu’on sorte de l’Etat qui résout tout, tout seul, par le haut. L’Etat doit développer l’appui sur d’autres corps, et en particulier le corps associatif et celui des travailleurs sociaux. Je pense de plus en plus que l’Etat doit s’entourer de partenaires (publics ou privés) pour mener à bien son action, et qu’il ne doit pas nécessairement être à la fois le prescripteur et l’exécuteur. L’Etat doit apprendre à déléguer pour tout les sujets où cette « sous-traitance » ne compromet pas l’exécution des objectifs ni l’optimisation de la dépense. Il doit maintenir sa présence dans deux domaines clés : il doit rester le détenteur des moyens financiers de sa politique, et il doit en être le prescripteur et assurer un contrôle sans faille ni compromission.

Secteur Solidarité sociale

Le principe d’une solidarité budgétairement équilibrée, financée par toute la population, maintenant les assurances et l’assistance sociales existantes (exclusion, emploi, handicap, santé, famille, retraite, vieillesse) sur le principe de la répartition, quitte à niveler les prestations, ne venant pas ajouter à la financiarisation de l’économie mondiale par les fonds de pension (aux côtés des pétrodollars), doit être défendu. La problématique du vieillissement de la population doit être abordée pour en dégager les conséquences et réfléchir à son impact sur le long terme. Là aussi, il faut se battre pour éviter de voir se transformer la vieillesse des uns en profit des autres

Secteur Arts et Cultures

L’exercice des activités artistiques ou culturelles doit être encouragé sans relâche, et les obstacles à leur développement, comme la diffusion des œuvres numériques, doivent être traités.

Bon, tout ceci est amené à être modifié, à évoluer, à s’enrichir au contact des propositions (qui pointeront du doigt d’autres problèmes), à rendre plus concrets certains besoins de manière à mieux définir les problèmes rencontrés dans certains cercles ou secteurs. Il faudrait également trouver la place des valeurs dans cette grille de lecture. J’espère cependant m’en sortir en ayant trouvé une méthode, un référentiel pour juger de chaque projet !

Et vous, comment faîtes-vous ?
par L'Arrosoir publié dans : Plus personnel
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Lundi 29 janvier 2007
Je sentais bien tous les thèmes de ce billet hier, sous l’influence d’une douce euphorie d’origine sportive et vinicole, dans l’après-midi. Aujourd’hui c’est un peu retombé. La nuit m’a imposé deux réveils, l’un pour Inès, tombée du lit, l’autre pour Gilles, qui cherchait son nounours dans une posture improbable, vers le fond de son lit, enfoui sous la couette, couché à la perpendiculaire.

Ou comment de visions lucides et bien démarquées hier je suis passée à une bouillie plutôt difficile, mais néanmoins devant sortir aujourd’hui, car relative au week-end. Pas la peine du faire du non-sens en pleine semaine …

Samedi commençait par un orage, un sentiment de révolte, une ébullition, qui venait frapper mes tempes et me dire : « Tabula rasa, il faut aller droit aux passions, percer la grisaille, se jeter sur les éléments qu’on adore et se débarrasser des autres. Courir vers la plage, partir à la voile, surfer sur les vagues, quitter les chemins battus et rebattus, rejoindre le monde sauvage, beau et imprévisible, courir après le lac de montagne, celui-là tout en haut, qui est pur et préservé, encore secret, où l’homme n’a pas imprimé sa marque hideuse, indélébile, citadine, urbaine, où tout n’est pas tracé, canalisé, prémâché, écrit, filmé, enregistré, muséifié ! Foncé avec la rage de l’ado, sans sa souffrance, poser un regard neuf et vif, penser les utopies les plus folles ! »

L’ajustage et le montage de quelques étagères à la cave me firent écumer, et je rejoignis le plancher des vaches à midi.

L’après-midi, course à Bruxelles. Bruxelles est une sorte de labyrinthe. Pour trouver quelque chose, c’est bien souvent le bouche à oreille qui fonctionne. Gilles, 4 ans et demi, étant convié à une fête d’anniversaire hier, je suis parti en expédition avec les 2 lutins samedi après-midi à la chasse aux livres d’enfant, armés de deux vélos. Fort bien renseigné par Françoise-ma-douce, qui reposait sa jambe cassée-mais-maintenant-consolidée dans la chaleur des pénates, j’avais pour objectif une librairie dite « Amstramgram ».

Magnifique ! Jamais vu autant de livres pour enfants aussi intéressants, un étalage aussi riche. Même si il n’y avait plus le « Prince de Mots Tordus », qui était le trophée à décrocher, j’ai eu bien du mal à choisir parmi toutes ces histoires intéressantes. J’ai finalement préféré « Le piano de bois » et « Ameuline Fourchetordue » devant d’autres histoires de magiciens, de boucle d’or, de cacatoès ou même carrément des pièces de théâtre pour les petits.

Puis les 2 petits ont été s’oxygéner dans le bois de la Cambre, qui est dans Bruxelles, et qui est fermé à la circulation auto le WE. Affublé d’un tricycle que je prenais en remorque grâce à une ficelle et d’un vélo à roulettes, nous voilà partis pour aller voir les canards, les poules d’eau et les signes, sous un ciel légèrement larmoyant.

Ainsi passa le samedi, qui s’acheva par la dégustation d’une truite fumée toute droit sortie de nos vacances dans le Jura (Foncine-le-Haut), qui fut secondé par des magrets rôtis à la poêle.

Je n’avais du coup pas beaucoup avancé dans ma liste de tâches. Oui, le WE je fais une liste, vu le nombre de choses à faire. En voici le résultat : tout est barré ou presque, l’objectif a été atteint. Nous appelons cela « L’organisation scientifique du samedi », autrement dit la mise en place d’une structuration saine en résultat mais peu propice au plaisir …


Le dimanche fût donc également consacré au menu plaisir de barrer les choses faîtes. Notamment : faire du petit bois pour la cheminée (c’est l’un des privilège de Bruxelles : l’habitat y est encore largement de type maison, avec cheminée, jardin …, même si ces derniers temps les prix pour ce genre de demeure s’envolent), ou bien encore aller au marché du dimanche, autour de la maison communale (appellation locale de la mairie), pour y recueillir de la délicieuse charcuterie italienne et du gorgonzola, des fruits et légumes et des croquettes de crevettes (sorte de petit pain de béchamel parsemé de crevette, enrobé de chapelure, à frire), ou bien encore à se ravitailler en excellent pain et pâtisserie à la boutique « La charlotte royale ».

Autre privilège bruxellois, celui de pouvoir se lancer, sans risquer l’enfumage des poumons, dans un footing dominical autour d’étangs et dans les bois, depuis son domicile, en courant sur autre chose que du macadam ou du béton. A l’occasion, je vous présenterai le parcours en image, ça m’amuse.

Le dimanche atterrit doucement dans une fin humide, où, au coin du feu, aux sons de quelques musiques brésiliennes, nous devisâmes, avant que je tente de réchauffer ma lecture de « Loin de Chandigarh », qui ne m’enchante guère, et dont je vous parlerai si un jour j’arrive au bout de ce pavé.

Bonne semaine !
par L'Arrosoir publié dans : Plus personnel
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