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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Mercredi 9 juillet 2008
Excellente synthèse qui pointe les incertitudes sur lesquelles sont basées les certitudes du GIEC : lien
par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Mardi 25 mars 2008

Ils parlent, ils parlent, mais bon, voilà finalement comment ils pensent :

SI le pétrôle contribue au réchauffement climatique ALORS il faut diminuer la consommation de pétrôle de 20%

SI nous manquons de pétrôle ALORS il faut chercher un autre carburant

COMME nous faisons confiance à la croissance, qui est le seul mode possible de perpétuation d'une économie capitaliste

COMME nous faisons confiance dans la perpétuation d'une économie capitaliste PARCE QUE c'est la promesse de l'embourgeoisement et de l'épanouissement de chaque individu

EN CONSEQUENCE nous ne pouvons pas réduire notre consommation de carburant, car cela entraînerait une dé-croissance

MAIS COMME nous pouvons produire du carburant à partir de la biomasse (biocarburants)

ALORS nous allons remplacer le pétrôle par 20% biocarburants

Qu'elle est belle, la pseudo-harmonie rationnelle !

Seulement, si on continue ne serait-ce qu'un peu ...

SI nous fixons un objectif de 20% de biocarburants ALORS il faut consacrer 70% des terres cultivables européennes à cet objectif

COMME ce n'est pas possible de ne pas manger (tout le monde, mais surtout le bourgeois qui n'est guère jardinier)

COMME nous pouvons échanger des matières premières avec d'autres zones géographiques,

ALORS nous allons faire produire nos biocarburants dans d'autres pays, à faible densité de population et à fort potentiel de développemen agricole

MAIS COMME pour développer l'agriculture de ces pays il faut avoir recours à la déforestation et aux engrais non biologiques

ALORS ce n'est pas possible

DONC : ce n'est pas possible et on cherche autre chose.

 

OBJECTION VOTRE HONNEUR 1 : coco, il faut savoir jauger les avantages et les inconvénients. Il y a des avantages, des inconvénients, on ne les jauge pas, on ne les évalue pas, mais on juge quand même (le rationnel a ses limites mais aussi ses milices sans limites) et mon opinion est faite. Ensuite je passe à l'action politique : je milite à tout va pour une thèse de manière assez aveugle. Ensuite si tout le monde va dans un autre sens, ben moi aussi et toi avec. C'est clair ?

OBJECTION VOTRE HONNEUR 2 : je ne suis pas d'accord, donc je lutte contre toi. Nous combattons, celui qui a la majorité l'emporte. Tous les moyens légaux sont bons, y compris les plus sentimentaux bien sûr. Fais comme tu veux, mais renard ou lion tu devras prendre ton parti.

 

Je ne l'aime guère, mais je dois reconnaître que ma culture collective, française DONC teintée de machiavélisme, me prédispose à lui reconnaître une place : ah, ce bon vieux Vilfredor (Paretor), s'il était encore de ce monde il dirait : "Je vous l'avais dit, une grosse partie des actions humaines emprunte la voie de justifications pseudo-logique, juste pour faire semblant d'être rationnel, alors qu'au final c'est un sentiment de satisfaction, satisfaction d'intérêt individuel voire collectif qui fait avancer la machine !".

CONCLUSION : pas beau à voir pour l'instant, il manque des bases sereines on dirait (OU peut-on échapper à sa culture ?)

par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Lundi 7 janvier 2008
Promenons-nous à Bali, tout le monde ([finit par] ou [a le]) sourire !

Bali vu du journal Le Monde

Sur Bali, notons déjà les relations et la gradation qui est effectuée par le journal Le Monde :

Le Monde, 15/12/2007 : "La conférence de Bali permet in extremis de dégager un accord" : on sent la déception

Le constat relaté était résumé dans cette phrase :

"Le texte élude les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire, auxquelles s'opposaient les Etats-Unis. L'Union européenne a pour sa part renoncé à ses objections sur la formulation d'un texte concernant le rôle des pays émergents dans la lutte contre le réchauffement climatique. L'UE s'est rangée derrière la proposition de l'Inde et du G77 qui demande aux pays riches de renforcer leur rôle en fournissant des technologies propres et du financement afin d'aider les pays en développement à combattre le réchauffement climatique."

Plutôt morose : plus de référence chiffrées, plus de GIEC, et des concessions de l'UE aux Etats-Unis et aux pays émergents.

Le Monde, 16/12/2007 : "Accord minimal à Bali sur le climat et l'après-Kyoto" = quelques lointaines lueurs positives

Le 16, le lendemain donc, ça n'est guère mieux, mais des aspects positifs commencent à sortir : "L'Union européenne (UE) a accepté que ne figure pas explicitement l'objectif de réduction de 25% à 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 par les pays industrialisés. Cependant, les parties reconnaissent que « des réductions sévères des émissions mondiales devront être conduites » et soulignent « l'urgence » de lutter contre le changement climatique, renvoyant par une note en bas de page au rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), que l'UE désirait voir mentionner.

C'est un peu plus balancé, et les travaux du GIEC refont surface, même s'ils se trouvent au fin fond d'un bas de page ... On s'accroche, on s'accroche ...

Le Monde, 16/12/2007 : "La conférence sur le climat s'achève par un pénible accord" = l'espoir revient dans le paysage

Cet article détaille les différents blocages, et notamment explique très bien (et bien mieux que les 2 articles précédents) que l'UE a lâché du lest pour sauver la conférence, au prix de deux concessions :

  •     L'une aux Etats-Unis (retrait des objectifs chiffrés et pas de mention aux travaux du GIEC)
  •     L'autre aux pays émergents, qui, en réaction à l'attitude des Etats-Unis, ont eux-aussi demandé et obtenu que la date de 2050 ne soit pas contraignante pour eux, et de plus ont exigé des transferts de technologie en contrepartie d'une mesure et d'une quantification de leur effort de lutte contre le réchauffement.

Par ailleurs apparait l'esprit positif, qui précise que tous ces reculs ne sont pas si graves : car la conférence a en fait rempli son objectif, qui était "d"élaborer un plan de travail précis et fixer une date de conclusion : 2009. « C'est une percée, a commenté Stavros Dimas, le commissaire européen à l'environnement. Nous avons un agenda, nous allons définir les fondations du futur accord, nous avons un sentier bien tracé. »"

Bali vu des organes de la conférence : un véritable succès

Si l'on se fit à la déclaration finale du président de la conférence, c'est un plein succès car la conférence débouche sur une feuille de route vers un climat futur stable et sûr. Cette feuille de route contiendrait des décisions à prendre à l'avenir déterminant le chemin menant à ce climat.

Le Communiqué de presse final est également relativement dithyrambique :

"Les 187 pays présents à Bali samedi ont décidé de lancer les négociations d’un accord international crucial et ferme sur les changements climatiques.

Cette décision est assortie d’un énoncé clair des grands sujets qui seront débattus jusqu’en 2009 : action requise en faveur de l’adaptation aux effets négatifs de l’évolution du climat, telles la sécheresse et les crues, moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de favoriser un large emploi des technologies non dommageables pour le climat, modalités de financement des mesures d’adaptation et d’atténuation."

On peut déjà noter un premier point un peu préoccupant dans ce communiqué : il est en effet considéré que "le piégeage et le stockage du carbone [est] un moyen viable et propre de continuer à recourir aux combustibles fossiles.". Or aujourd'hui les études n'en sont qu'à leur début, et on est très loin de pouvoir considérer l'utilisation à grande échelle comme possible. En filigrames apparaît une position plutôt préoccupante, fréquemment mise en avant par les Etats-Unis : l'évolution vers des comportements naturellement moins impactant pour le climat ne constitue pas la seule piste à privilégier, il faut aussi considérer l'utilisation de technologies pour supprimer les effets négatifs induits par d'autres technologies. Première déception : il ne s'agit pas de revenir à une économie intrinséquement plus respectueuse de l'environnement, mais d'en gommer les effets négatifs.

Pour le reste, la feuille de route de Bali est donc le sésame pour la fin du réchauffement climatique. Alors, que dit-elle cette fameuse feuille de route ?
Feuille de route ou sortie de route ?

Les éléments chiffrés sont-ils préservés ? NON

Le principe de la quantification des objectifs d'émission et de la mesure des quantités effectivement émises, utilisée dans le protocole de Kyoto, est remise en cause dans la feuille de route, car le principe de quantifier et de mesure rétrograde au rang de la piste possible, et non plus de l'outil indispensable. Par ailleurs, aucun objectif de date à laquelle les émissions devront avoir diminuées n'est mentionné.

Il est fait mention des travaux du GIEC (qui n'est pas simplement renvoyé en bas de page). La formulation est "[les participants de la conférence] reconnaissent qu'une profonde réduction des émissions globales sera nécessaire pour atteindre les objectifs, et qu'il est urgent de traiter ce problème".

Que devient le protocole de Kyoto ? EFFACÉ


Kyoto semble effacer par la feuille de route, qui le mentionne que comme une expérience passée à prendre en compte. La référence de la feuille de route, c'est la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, signées en 1994. Or le protocole de Kyoto venait préciser et rendre plus contraignant la convention. Le mentionner uniquement comme une expérience du passé a une signification directe : on oublie Kyoto, et on repart de zéro. Cela semble un premier message de cette feuille de route.

Que deviennent les conclusions scientifiques du GIEC ? BALBUTIÉES

L'absence de mention à des résultats scientifiques, en particulier ceux du GIEC, est également préoccupante, et apparaît comme un recul par rapport à la convention, qui elle prévoyait un organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique, "chargé de fournir en temps opportun à la Conférence des Parties et, le cas échéant, à ses autres organes subsidiaires des renseignements et des avis sur les aspects scientifiques et technologiques de la Convention.", et relayant les travaux du GIEC, par ailleurs émanant également des Nations Unies, au sein de la conférence.

Quelles sont les moyens techniques concrets de limitation des émissions mentionnés ? UN SEUL : EVITER LA DEFORESTATION

Le seul moyen technique concret mentionné, page 1, est la lutte contre la déforestation. Les autres causes d'émission de gaz à effet de serre ne sont même pas mentionnées.
Des décisions sur les moyens et les actions à mettre en oeuvre ont-elles été prises ? NON

Beaucoup d'actions et de dispositifs sont mentionnés, mais presque comme à titre d'exemple possible, qui doivent être pris en considération dans le processus. Les différentes chapitres des moyens évoqués sont les suivants :

  • Réduction des changements du climat (c'est dans cette partie qu'est mentionné, comme une piste possible, la réduction des émissions),
  • Le renforcement des actions d'adaptation :
    • Coopération internationale pour la mise en oeuvre de plans d'action urgents, pour répondre donc aux catastrophes naturelles,
    • Gestion des risques, y compris par le biais ... d'assurances !
    • Diversification économique,
  • Développement technologique, avec transfert des technologies vers les pays en voie de développement,
  • Développement de solutions financières, sans mention du marchés des droits à polluer, prévu et mis en place par Kyoto.

Un calendrier précis a-t-il été arrété ? OUI

Les travaux issus de la convention doivent reprendre au plus tard en avril 2008. Mais ce ne sera pas une nouvelle conférence, mais un groupe ad-hoc constitué pour conduire le processus, qui va se réunir, et qui doit proposer une nouvelle convention pour courant 2009 pour adoption par la conférence suivante. Un calendrier dit INDICATIF est ensuite inséré en fin avec les dates prévues de réunion de ce groupe.

Conclusion : Bali semble plus une étape de plus VERS le réchauffement climatique que CONTRE


Le compte-rendu du journal Le Monde du 15/12/2007 me semble le plus fidèle, et de plus il semble que nous assistions à un retour en arrière, avant Kyoto (merci les Etats Unis), hors de toute perspective quantifiée notamment sur les causes du réchauffement (dommage pour tous les travaux du GIEC ...).

Mais par la magie de la communication positive, nous aurons l'impression, même si on sent bien le flou dans lequel nous nous trouvons maintenant, que cette conférence aura été une étape normale sur la voie de la lutte contre le réchauffement climatique.

Ouvrons les yeux : à défaut de lutte contre le réchauffement, nous avons assisté à un spectacle très courant, non seulement entre les nations, mais aussi parfois entre les groupes humains ou les individus : l'aveuglement dans la préservation des intérêts ou des principes particuliers au détriment des intérêts ou principes généraux. Car à côté de la lutte contre le réchauffement, on nous a aussi servi une rivalité entre pays émergents, UE et Etats-Unis.

Deux conceptions sont en réalité déjà en train de s'affronter : la conception normative, point de vue de l'UE qui :

   1. base ses conclusions sur des études scientifiques et un groupe de travail,
   2. définit des objectifs contraignants, sous la forme de pourcentage de réduction à partager entre les pays de la planète,
   3. envisage l'action sous forme proactive, par résolution des causes amenant les problèmes climatiques,

et la conception probabiliste marché, point de vue des Etats-Unis, qui :

   1. font plus confiance à l'incitation (soft law) qu'à la norme,
   2. et comptent sur le marché pour ancrer ces principes dans le réel, via leur financiarisation,
   3. et mesurerons l'état du réchauffement avec un gros thermomètre plongé dans l'océan, en envisageant l'action sous forme réactive.

A ce stade des constats sur le réchauffement climatique, cela donne vraiment envie d'une autre humanité.
par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Jeudi 24 mai 2007
Au-delà du buzz vert, qui voit fleurir l’écologie comme un thème à la mode dont on parle beaucoup, et comme un créneau marketing, il faut agir. S’acheter un pull en coton « bio » ne suffit pas, cela aurait même tendance à pouvoir devenir le refuge de la bonne conscience.

L’urgence écologique c’est la réduction des émissions de CO2. Je commence à m’apercevoir combien concrètement cela peut être difficile et demande en fait que la conviction et l’objectif soit partagé par tous les acteurs de la société, et donc y compris les plus retors, c’est-à-dire ceux qui possèdent un pouvoir de décision, n’ont pas acquis cette conviction, et campent encore sur des modèles fondés sur - par exemple - celle de la recherche du profit économique immédiat.

Je prends deux exemples concrets de ma vie quotidienne.

Le premier, c’est le renouvellement de ma voiture de société. La rumeur veut qu’un tel avantage soit attaché à de hauts dirigeants : mais en Belgique, beaucoup de collaborateurs en ont une, car il s’agit d’un moyen de contournement des impôts sur le revenu, qui pèsent très lourd.

De manière assez évidente, le véhicule de choix pour moi c’est une Toyota Prius. Je n’ai aucune action chez Toyota, aucun pot de vin de leur part, je me fis simplement aux mesures gouvernementales : c’est la voiture à essence qui émet le moins de CO2 par kilomètre, et qui en émet autant qu’une Volkswagen Polo diesel.

Je me tourne donc vers le service de gestion de la flotte de véhicule de ma société et lui fait part de mon souhait, qui est compatible avec mon budget d’achat (et même en dessous).

Mais premier problème : le parc auto est exclusivement diesel, en raison du coup de la consommation de carburant (qui est aussi payé par la société). Or la Prius est un véhicule exclusivement essence.

Je me fends donc d’une demande d’exception à la politique. Refus, motivé par de soi disant « benchmarks » de consommation qui « démontreraient » que la Prius en réalité consomme beaucoup plus.

Cet usage de la rumeur me met hors de moi, comme à chaque fois que j’ai affaire à un personnage visiblement malhonnête et hypocrite pour lequel le bavardage tient lieu de vérité et de paravent à l’inaction ou la protection de positions établies.

J’ai donc du répondre en lui demandant de changer sa position, argumentant poliment qu’une consommation officielle c’est une information fiable et bien définie par une directive européenne, que les consommations réelles, oui, peuvent être supérieures, mais que cela s’applique sans distinction à tous véhicules, pour des raisons liées à l’habitude de conduite par exemple ou à la charge du véhicule, et arguant du fait que, même si je respecte les sources de son (soi-disant) benchmarking, un tel procédé est loin d’avoir les garanties d’impartialité et de précision de la mesure officielle.

J’attends maintenant de voir la réaction de mon interlocuteur, surtout avec le directeur RH en copie (puisqu’ils ont pris la décision ensemble).

Deuxième exemple, changer la production d’eau chaude (sanitaire et chauffage) dans son habitation. Là encore, il n’est pas très difficile de trouver la solution (panneaux solaires, poêle à bois avec échangeur de chauffage pour l’eau, accumulateur chauffage / eau chaude 1000l, couplage avec une chaudière classique en cas d’insuffisance, et le tour est joué). Mais encore faut-il persuader, lorsqu’on est locataire, son proprio. Ou bien en avoir les moyens, car l’installation d’une telle solution coûte cher, mon estimation de budget pour l’achat des différents composants étant à 9000 euros TTC. En gros, pour le nec plus ultra il faut investir dans les 15 000 euros TTC.

Et donc encore faut-il que le proprio soit convaincu (je n’essaye même pas : je préfère devenir propriétaire et concevoir moi-même l’installation pour qu’elle soit la plus efficace possible) et en avoir les moyens.

La réponse au défi écologique implique donc :
  • Que de nombreux acteurs soient convaincus, et pas simplement les initiateurs ou les conducteurs des projets de réduction des émissions de CO2,
  • D’en avoir les moyens.

Quand on voit la rumeur qui taxe de chimère le réchauffement climatique, sous des prétextes en réalité d’égoïsme (croyant que cela va leur amener le beau temps), de racisme (croyant que les principales victimes seront dans les pays du Sud), on se dit qu’à défaut de sagesse il faut absolument maîtriser l’art de la conduite du changement pour que des décisions démocratiques et des agissements au niveau des nations entières puissent voir le jour.

Quel boulot …
par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Lundi 5 mars 2007
Au conseil européen de la fin de cette semaine (jeudi et vendredi), seront examinées les propositions de politique énergétique de la commission, objet d’un précédent article.

Comme pressenti dans une réaction récente, le débat va tourner autour de la place du nucléaire, source d’énergie NON renouvelable, mais ne produisant pas directement de carbone lors de son utilisation. Encore faut-il voir le coût en carbone de son extraction, de son enrichissement, de son transport, de son recyclage. Qui est sans doute bien plus élevé que l’éolien ou le solaire, même en tenant compte de l’énergie nécessaire pour fabriquer les éoliennes ou les panneaux solaires.

Mais le point le plus grave, qui est totalement anti-écologique, c’est bien sûr le problème aigu des déchets, au premier rang desquels celui du plutonium, véritable poison pour l’homme, tant pour les risques de prolifération nucléaire qu’il induit, que pour sa toxicité qui dure des dizaines de milliers d’années. Cette question est totalement occultée et c’est un scandale.

Nous sommes donc en présence de l’opposition annoncée de deux logiques : l’une, celle du volontarisme écologique, qui consiste à développer les énergies renouvelables et à privilégier les solutions les moins polluantes, les plus acceptables pour l’environnement, soutenue par l’Allemagne qui a enrôlé la Grande Bretagne, l’autre celle de l’opportunisme nucléaire, qui n’est qu’une solution partielle, dont il convient de mesurer les inconvénients écologiques à long terme.

Les deux logiques sont soutenues par des industriels : industrie éolienne et solaire très en avance outre-Rhin, bien en avance sur la France en tout cas, Areva, conglomérat public en France, qui salivent probablement tout deux à l’idée de rafler les contrats de construction de centrale (et de recyclage des combustibles pour Areva).

Dommage que ce sommet intervienne avant l’élection présidentielle, ou tant mieux, c’est selon.

Dommage car on ne verra pas les candidats majeurs à l’œuvre en pratique sur la question du nucléaire, même si on a eu un aperçu de la position de Ségolène Royal, pas franchement pour le nucléaire mais pas franchement contre non plus, et qui nous ressert le dessert d’avenir avec débat sirupeux, moratoires chocolatés mais sans donner d’avis sur le fond. Or ce fond-là, faut-il le faire dépendre d’un débat participatif ou bien d’un choix politique clair et assumé, basé sur des convictions écologiques profondes ? Je ne vous parle même pas des deux autres, même si il y a en un qui pourrait encore nous surprendre tant il est prêt à tout (et tant mieux).

Tant mieux car ils vont pouvoir s’exprimer sur ce sujet concret et je les attends avec envie, tant sur la question énergétique, que sur le sujet écologique ou européen. Je serai franchement déçu si cette question ne filtre pas dans les médias.

Et pour finir, un petit aperçu de la question à travers une dépêche pour le monde économique, disponible ici. Où on s’aperçoit que le super-patronat européen, Business Europe, présidé par E.-A. Seillière, qui coordonne les organisations patronales européennes, dont le Medef en France,  souhaite que la solution du nucléaire soit étudiée de près. Oui, car le renouvelable serait plus contraignant que le nucléaire en terme de coûts. Où sont les chiffres ? Je demande à voir.

Alors je vais voir, sur leur site, et je n’ai rien trouvé. Juste le fait qu’ils souhaitent voir étudier les impacts économiques des choix européens.

Je vais vous dire franchement : moins il y aura de nucléaire, mieux nous nous porterons. Et peut-on chiffrer le risque du nucléaire ? Les conséquences humaines, et pas simplement économique, en cas de contamination ?

Un exemple concret, une fois de plus, et sans forcer, du clivage réel entre primo-économistes et primo-humains. Les uns auront une préférence marquée pour ce qui sauvegarde la santé économique, c’est-à-dire la compétitivité, impérative dans des économies globalisées, et la possibilité de continuer à satisfaire l’actionnaire, devant les risques de dégâts sociaux ou humains. Les autres ayant une position inverse, prêts à sacrifier ou à prendre des risques avec l’économie (si toutefois il y a des risques à mettre en place des éoliennes !!!) pour sauvegarder l’humain et le sociétal.

Encore une illustration d’un antagonisme marqué et devant lequel il faut prendre parti ! Le vocable d’antilibéral a bel et bien un sens, si vous en doutiez, tentez d’infirmer la logique suivante :

1. la solution économique est plus rentable lorsqu’elle se dégage des risques sociaux ou humains qui ne menacent pas directement son activité, car elle n’en a pas à en supporter les coûts
2. la globalisation des économies tend à répandre le modèle le plus rentable
3. conjonction des deux points précédents : c’est le pays où les risques sociaux ou humains sont les plus élevés qui gagne, et a tendance à répandre ses standards, tant qu’il n’y aucune catastrophe.

Acceptez-vous d’être gouverné au niveau mondial par le catastrophisme ?

OUI : votez Bayrou, Sarko, etc.
EUH, J'HESITE : votez Royal, un pied dans chaque camp, et priez pour que San Andreas ne vous coupe pas en deux.
NON : votez alter mondialiste, donc Bové (Buffet, Laguillier ou Besancenot si vous ne pouvez pas faire autrement).
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Mercredi 21 février 2007
Ce matin …

Ca suffit !

On n’entend rien, rien de concret, tranchant, pourtant le problème est énorme. Il est mondial, il demande des changements colossaux, de l’innovation. Il faut le dire : devant le réchauffement, aujourd’hui, on est à poil !

Ce que j’ai pu lire le plus récemment en matière d’énergie, c’est cet article du Monde, qui dit « A l'avenir, le pétrole sera plus coûteux et son extraction plus polluante » parce qu’on va se mettre à extraire le pétrole extra lourd !  Jusqu’à la lie nous boirions donc les hydrocarbures ? Après, le gaz, puis, à +10 degrés de réchauffement, on s’attaquera au charbon ?

Attendons-nous pour évoluer de réagir à des états de fait, à des problèmes graves, n’avons-nous donc aucune capacité d’anticipation, ne sommes-nous donc que des bêtes réactives ?  Y a des jours comme ça …

Tous les arguments qui poussent à agir par nécessité sont bienvenus, car ils nous forcent à agir, mais allons-nous attendre d’avoir des ports inondés, des canicules 1 an sur 2, des déserts plus étendus, des guerres pour l’accès à l’eau pour faire quelque chose ? Ne croire qu’en un modèle réactif, incapable de promouvoir et de s’attacher à un idéal, de se fixer des objectifs et d’y arriver, c’est cela qui me révolte.

Quand j’entends encore des perles du genre : « Encore une invention des médias et des technocrates, le réchauffement climatique, on n’en a pas la preuve », j’ai envie de sortir le dernier rapport du GIEC, qui évalue la probabilité de réchauffement à 90%, et de dire : vous préférez ne rien faire alors qu’il y a 9 chances sur 10 pour que ça se produise ?

Et crac ! Juste après l’article du Monde, qui a pour mérite de démontrer que la fin des hydrocarbures s’annonce peut-être plus vite qu’on ne le pensait, et qu’on va bientôt marcher sur la tête pour aller chercher l’or noir, je tombe sur ça.

Tout n’est pas négatif dans cette dépêche. Mais elle a tendance à renvoyer la balle dans un autre camp, n’acceptant aucune répercutions économique majeures. Extrait avec surlignage des mots qui font bondir :

« Selon lui, la déclaration exige la mise en place par les gouvernements d'un cadre mondial permettant d'atténuer les effets du changement climatique sans affecter le développement économique et la production énergétique. Le texte demande la mise en place d'un plan définitif d'ici 2012. »

Chacun son coin, chacun son camp, chacun ses intérêts, le réchauffement climatique va évidemment dégénérer en conflit, dont l’un des plus importants sera autour du choix du nucléaire, en filigrane combat entre productiviste, pro-nucléaires, et les autres, pro-renouvelables. Surtout pas de réduction de la consommation d’énergie (ne pas affecter la production), pas de décroissance (poursuivons cette logique productiviste jusqu’au bout, aveuglément) ! Plusieurs milliers de tonnes de plutonium en plus sur la planète par an. Les réserves d’Uranium ? 50 ans au rythme de la consommation actuelle. Je ne suis pas du tout convaincu que cette position soit viable très longtemps.

Certains matins, il vaudrait mieux se lever à midi pour ne pas lire ces horreurs. On se retrouve dans l'anti-libéralisme ...

L’après-midi ….

Heureusement Le Monde a publié une actualité sur le plan de la Commission Européenne (Cf cet article que j’avais fait sur l’initiative de Bruxelles). De quoi se calmer un peu, être un peu rassuré sur l’existence d’objectifs. J’attends avec IMPATIENCE le bruit ENORME que cette information devrait faire DEMAIN dans la campagne et les médias !!! Si, si je vous assure. Tout ceux qui ont signé le pacte d’Hulot et si ostensiblement porter le thème dans la campagne vous nous rappeler leur constance sur le sujet, voyons.

Merci à l’Europe de porter le sujet de manière concrète. Mais reste la contrepartie : les objectifs fixés, on fait comment ?

Vraiment, il est temps que la nuit arrive ...
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Mercredi 7 février 2007
Mais qu’est-ce que j’ai donc à déblatérer si fort au sujet du nucléaire ? Je vais vous expliquer : le 26 avril 2006 ont été marqué les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl. Alors que je n’avais jamais cherché à connaître les détails nucléaires de cet événement, j’avais à l’époque été dévoré d’une fièvre proche de l’obsession sur le sujet, destinée à déterminer quel est le danger réel de l’utilisation de cette énergie. Des fois comme ça, un rayon gamma vous pique …

A l’époque, je n’avais pas pu partager aussi en détail toutes mes trouvailles, n’ayant pas une fenêtre d’expression aussi large que ce blog. Et c’est ainsi qu’un résidu de cette fièvre, aboutissement de la pulsion expressionniste d’il y a 10 mois, vient emplir quelques articles. D’autres suivront probablement, étant donné la sensibilité de ce sujet.

Bon, aujourd’hui, le plutonium, son potentiel explosif dans les centrales, et l’hydrogène.

Pourquoi le plutonium ? Pour deux raisons.

1. Il est utilisé dans les centrales REP françaises et belges, présent dans un combustible qu’on appelle MOX (multi oxydes, mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium). Le pourcentage de plutonium présent dans ces combustibles, en rapport à l’uranium 238, est de 4%. Seul un tiers des assemblages sont de type MOX en France, de manière à garantir la sureté. Sachant qu’une centrale de puissance 900 MW contient environ 79 tonnes d’uranium 238, elle contient donc un peu plus d’une tonne de plutonium.

2. Pour se désintégrer et libérer de l’énergie, le plutonium doit entrer en collision avec un neutron rapide, au contraire de l’uranium 235, qui lui exige un neutron lent.

Mettons les deux ensemble. On en déduit qu’en cas de perte du modérateur (le milieu qui ralentit les neutrons dans une centrale, eau liquide sous pression pour les REP, graphite pour Tchernobyl), la fission du plutonium est favorisée.

Résultat : le coefficient de vide des réacteurs est moins négatif avec du plutonium. Allez, j’arrête de vous faire peur : il reste négatif. Donc la réaction nucléaire ne s’emballe pas outre mesure si elle devient incontrôlée. Ceci dit, elle sera de plus forte ampleur. Et les sécurités, sont-elle de plus forte ampleur ? Les barres de contrôles d’insère-t-elle plus vite depuis qu’on utilise du MOX ? Non.

Tiens, j’ai dit qu’il y avait un peu plus d’une tonne de plutonium dans un réacteur. Au fait, quel potentiel d’explosion cela représente-t-il ? La bombe nucléaire qui a explosé au-dessus de Nagasaki contenait 6,1 kg de plutonium pur, parmi lesquels 5 kilos n’ont pas fissionnés, et a dégagé une explosion de l’ordre de 22 kilo tonnes de TNT.

Si le plutonium présent dans une centrale REP était pur, il pourrait dégager une explosion d’une puissance d’un facteur 175, soit environ 38 méga tonne. Heureusement qu’il ne l’est pas ! Tant que le cœur du réacteur ne fusionne pas, tout va bien. Mais en cas de fusion, les scientifiques cherchent encore à savoir si les éléments du cœur fondu se … stratifient, en clair se re-concentrent. On n’est pas encore sûr de ce qui se passe exactement.

Je ne vous parle même pas de la toxicité du plutonium. Un milligramme inhalé et c’est le cancer du poumon garanti.

Enfin, cela a très peu de chance de se produire. Tout comme une explosion d’hydrogène. Enfin, lisez les descriptions en anglais de l’accident de Three Miles Island, et vous constaterez comme moi qu’à l’issue de l’accident, on ne savait plus très bien si la teneur en hydrogène et en oxygène aller faire exploser le réacteur. De quoi frémir …

Les centrales nucléaires ont un tel potentiel de dommage qu’on peut légitimement se demander si le public est réellement informé des dangers, et si il existe des mesures de sécurité réellement efficaces pour nous en protéger. En tout cas, une centrale nucléaire qui ne serait pas sous contrôle public semble moralement inacceptable. Privatisation d'EDF, à suivre ...
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Mercredi 24 janvier 2007
Je vous invite à un petit jeu : que feriez-vous dans votre quotidien pour réduire à zéro vos émissions directes ou indirectes de CO2 et n’utiliser que des énergies renouvelables ?

Commençons par les déplacements : lorsqu’il n’est pas nécessaire de transporter une lourde charge, je pourrai opter pour le multi-modal train + vélo. Quelques désagréments lorsqu’il pleut, vente, neige ou gèle, mais peut-être reste-t-il à inventer des accessoires pour ces domaines : toit, essuie-lunettes, voiles, chaînes pour les pneus. Pour le chauffage, c’est intégré !

Pour transporter des choses volumineuses ou lourdes, on peut opter pour la remarque attachée au vélocipède. Pour les charges plus lourdes, un véhicule à moteur s’imposera. Sera-t-il possible ou nécessaire d’en posséder en permanence une ? Non, si des services de location extrêmement souples, permettant d’obtenir un véhicule dans l’heure qui suit, et pourquoi pas devant votre porte, se mettait à exister.

Et quel moteur ? Pas droit au pétrole, au gaz, au charbon ou à l’uranium : électrique, pile à hydrogène ou éthanol alors.

Pour les déplacements plus longs, il me faudra choisir entre train + moyens de déplacement à l’arrivée, ou véhicule personnel.

Passons maintenant à l’habitat.

Pour tout ce qui fonctionne à l’énergie électrique, il faudra être approvisionné par un fournisseur, car même en disposant de capteurs solaires ou de micro-éoliennes, on ne couvre pas les besoins de l’habitat. Encore faudra-t-il penser d’ailleurs à remplacer les équipements qui consomment beaucoup d’énergie. Et il faudra peut-être installer un accumulateur, fourni et maintenu par le fournisseur, qui permette de lisser l’approvisionnement d’origine non planifiable (éolien, solaire, mouvements des vagues …). De plus, il faut pouvoir choisir un fournisseur qui donne dans le 100% renouvelable, n’utilisant donc ni hydrocarbure, ni carbone ni uranium comme source d’énergie, et sans qu’il participe à la déforestation de la planète !

Pour tout ce qui nécessite une source d’énergie et qui n’est pas électrique, c’est-à-dire le chauffage et l’eau chaude, il faudra d’autres dispositifs. Soit on passe à l’électrique, soit on opte pour : les panneaux solaires sur le toit avec des ballons d’accumulation, ou au bois. Il ne faut également pas oublier d’améliorer l’isolation de l’habitat, pour tendre vers une habitation à énergie positive. Pour cela, je devrai faire appel à une expertise et à des matériaux spéciaux. Pourvu qu’ils soient accessibles !

Et le lieu de travail ? Idem, trouver une solution au chauffage et à l’eau chaude. Peut-être faudra-t-il promouvoir cette forme d’énergie, car, si pour ses moyens strictement personnels la décision et l’action sont facile à mener, il n’en est pas de même pour les équipements collectifs, privés ou publics.

Venons-en aux émissions indirectes. Tous les biens acquis et les services utilisés devront avoir été fabriqués, transportés ou exécutés sans l’émission d’un seul gramme de CO2, il me faudra donc là aussi sélectionner suivant un label dont il faudra avoir fait la promotion.

Bref, la route est longue … le plus facile reste toujours de l’ordre du strictement personnel, mais pour les efforts collectifs ou indirects, c’est toute une chaîne de label ou de réglementation qui doit être en place, soutenu par un lobbying approprié.

Ma conclusion est donc : l’arme efficace se situe au niveau des comportements, des règlements, des solutions techniques et des labels qualité. Pas naïvement au niveau des marchés. Zut, encore un argument antilibéral. Je vous assure cette fois je n’ai pas fait exprès …
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Vendredi 12 janvier 2007

Vous trouverez le résumé des propositions ici. Pour le dossier de presse complet, c’est ici. Il comporte notamment : un mémo sur le nucléaire, un mémo concernant les réseaux, un communiqué concernant l’état de la concurrence sur le marché de l’énergie en Europe, une communication concernant la lutte contre le réchauffement climatique, une communication concernant le plan d’amélioration de l’efficacité énergétique.


Ce qui frappe dans ces propositions, ce sont trois choses. La première, positive, c’est l’aspect chiffré du plan énergétique : réduire de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (protocole de Kyoto : -8% d’ici 2012), porter la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie à 20% d’ici 2020, avec au moins 10% pour les biocarburants, économiser 20% de la consommation totale d’ici 2020, financement d’un plan de soutien à la recherche.


La deuxième, tout aussi positive, c’est son aspect réaliste et pratique, car ce sont des propositions d’action concrètes et fouillées qui sont présentées : comment économiser l’énergie, comment sensibiliser les populations, comment soutenir les technologies énergétiques, etc. Lisez vous-même.


La troisième, un peu plus controversé à mon avis, c’est de présenter la libre concurrence sur le marché de l’énergie comme un moyen, en argumentant que c’est un marché libéralisé et en libre concurrence qui dégagera les marges d’investissement nécessaire, et que c’est le même marché qui donnera le choix aux consommateurs.


Sur ce point, une aparté. Ne recommençons pas la polémique qui a fonctionné pendant le TCE, tâchons de savoir pourquoi la Commission s’appuie là-dessus. La raison profonde, c’est l’acte unique européen qui prévoit l’Europe du marché unique. Le seul outil économique mis à disposition de l’Europe se nomme marché libre. Tout vient de ce que la Commission n’est pas un Etat capable de mettre en place une entreprise publique ou un monopole. Le parti pris ne remonte donc pas à la Constitution européenne, mais à 1986, si je ne me trompe, soutenu (mais comment faire autrement ?) par une mise en œuvre libérale. Le Non au TCE aurait en fait dit non aux conséquences de cet aspect du traité, 20 ans après, devant la mise en œuvre de libéralisations de marchés jusqu’ici publics (transport, énergie).


Je regrette que soit absent des réflexions concernant la sécurisation des approvisionnements. Il est clair (l’épisode avec la Russie l’a encore récemment démontré) que l’Europe gagnerait à parler d’une seule voie puissante plutôt que via plusieurs voies discordantes et moins fortes. Mais pour cela, il faudrait que l’énergie soit une prérogative de l’Union.


Les réactions ont été diversement présentées par les médias parmi les pays européens.


En France, si vous prenez le journal Le Monde (voir
ici), daté du 11/01/2006, il présente certes une synthèse objective du plan. Mais l’analyse fait la part plus que belle à la critique de deux aspects :
  • la mention du nucléaire, avec la mise en avant de ces avantages plutôt que ses inconvénients, en précisant toutefois que chaque Etat est libre de ses choix,
  • la mise en avant d’un marché libéré comme moyen d’atteindre les objectifs.

Je regrette tout de même qu’on s’arrête aux critiques et qu’on donne de la voie sur les polémiques. Les propositions non polémiques de l’UE sont toutes réalistes et à saluer, à souligner, et valent largement plus que le pacte éco-Hulot par exemple, qui ne comporte aucun chiffre, beaucoup moins d’actions, et aucun cadre de réflexion. Là au moins nous disposons d’un cadre pour réfléchir. Je suis indigné par cette différence de traitement médiatique de la part d’un journal aussi sérieux, d’un tel manque d’impartialité et d’une telle présence de la critique qui brouille totalement le message.


Libération (voir ici), quant à lui, s’emploie uniquement à miner l’effort, et propose une vision subjective qui n’est pas du domaine de l’information, en glosant sur les difficultés de l’Europe. Là aussi sans mettre en avant le caractère positif et constructif de la démarche. Le résumé des propositions de l’UE est à ce titre scandaleusement superficiel. De là à penser que le vent noniste souffle maintenant sur le journal, soucieux de s’aligner sur la position de la candidate PS, il n’y a qu’un pas qu’on peut franchir sans remord.


Et ailleurs ? Je n’ai que l’exemple de la Belgique sous la main. C’est très différent. Le journal Le Soir donne au moins deux points de vue différents : ceux qui saluent, en Europe, l’annonce de ces propositions (Pologne, Belgique) et ceux qui critiquent (France, Allemagne), en concluant sur les divisions européennes sur le sujet. Mais au moins, on a une présentation équilibrée !


Au-delà du contenu de ces propositions, que je trouve salutaires en dehors du recours au marché, on trouve ici un bel aperçu du blocage européen : des Etats-nations encore très présents, car sans substitution à un niveau plus élevé. Ne serait-ce pas dans la direction d’une puissance publique européenne étatisée qu’il faudrait aller pour sortir de l’impasse ?

par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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