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Vous trouverez le résumé des propositions ici. Pour le dossier de presse complet, c’est ici. Il comporte notamment : un mémo sur le nucléaire, un mémo concernant les réseaux, un communiqué concernant l’état de la concurrence sur le marché de l’énergie en Europe, une communication concernant la lutte contre le réchauffement climatique, une communication concernant le plan d’amélioration de l’efficacité énergétique.
Je regrette tout de même qu’on s’arrête aux critiques et qu’on donne de la voie sur les polémiques. Les propositions non polémiques de l’UE sont toutes réalistes et à saluer, à souligner, et valent largement plus que le pacte éco-Hulot par exemple, qui ne comporte aucun chiffre, beaucoup moins d’actions, et aucun cadre de réflexion. Là au moins nous disposons d’un cadre pour réfléchir. Je suis indigné par cette différence de traitement médiatique de la part d’un journal aussi sérieux, d’un tel manque d’impartialité et d’une telle présence de la critique qui brouille totalement le message.
Libération (voir ici), quant à lui, s’emploie uniquement à miner l’effort, et propose une vision subjective qui n’est pas du domaine de l’information, en glosant sur les difficultés de l’Europe. Là aussi sans mettre en avant le caractère positif et constructif de la démarche. Le résumé des propositions de l’UE est à ce titre scandaleusement superficiel. De là à penser que le vent noniste souffle maintenant sur le journal, soucieux de s’aligner sur la position de la candidate PS, il n’y a qu’un pas qu’on peut franchir sans remord.
Et ailleurs ? Je n’ai que l’exemple de la Belgique sous la main. C’est très différent. Le journal Le Soir donne au moins deux points de vue différents : ceux qui saluent, en Europe, l’annonce de ces propositions (Pologne, Belgique) et ceux qui critiquent (France, Allemagne), en concluant sur les divisions européennes sur le sujet. Mais au moins, on a une présentation équilibrée !
Au-delà du contenu de ces propositions, que je trouve salutaires en dehors du recours au marché, on trouve ici un bel aperçu du blocage européen : des Etats-nations encore très présents, car sans substitution à un niveau plus élevé. Ne serait-ce pas dans la direction d’une puissance publique européenne étatisée qu’il faudrait aller pour sortir de l’impasse ?
Ils parlent, ils parlent, mais bon, voilà finalement comment ils pensent :
SI le pétrôle contribue au réchauffement climatique ALORS il faut diminuer la consommation de pétrôle de 20%
SI nous manquons de pétrôle ALORS il faut chercher un autre carburant
COMME nous faisons confiance à la croissance, qui est le seul mode possible de perpétuation d'une économie capitaliste
COMME nous faisons confiance dans la perpétuation d'une économie capitaliste PARCE QUE c'est la promesse de l'embourgeoisement et de l'épanouissement de chaque individu
EN CONSEQUENCE nous ne pouvons pas réduire notre consommation de carburant, car cela entraînerait une dé-croissance
MAIS COMME nous pouvons produire du carburant à partir de la biomasse (biocarburants)
ALORS nous allons remplacer le pétrôle par 20% biocarburants
Qu'elle est belle, la pseudo-harmonie rationnelle !
Seulement, si on continue ne serait-ce qu'un peu ...
SI nous fixons un objectif de 20% de biocarburants ALORS il faut consacrer 70% des terres cultivables européennes à cet objectif
COMME ce n'est pas possible de ne pas manger (tout le monde, mais surtout le bourgeois qui n'est guère jardinier)
COMME nous pouvons échanger des matières premières avec d'autres zones géographiques,
ALORS nous allons faire produire nos biocarburants dans d'autres pays, à faible densité de population et à fort potentiel de développemen agricole
MAIS COMME pour développer l'agriculture de ces pays il faut avoir recours à la déforestation et aux engrais non biologiques
ALORS ce n'est pas possible
DONC : ce n'est pas possible et on cherche autre chose.
OBJECTION VOTRE HONNEUR 1 : coco, il faut savoir jauger les avantages et les inconvénients. Il y a des avantages, des inconvénients, on ne les jauge pas, on ne les évalue pas, mais on juge quand même (le rationnel a ses limites mais aussi ses milices sans limites) et mon opinion est faite. Ensuite je passe à l'action politique : je milite à tout va pour une thèse de manière assez aveugle. Ensuite si tout le monde va dans un autre sens, ben moi aussi et toi avec. C'est clair ?
OBJECTION VOTRE HONNEUR 2 : je ne suis pas d'accord, donc je lutte contre toi. Nous combattons, celui qui a la majorité l'emporte. Tous les moyens légaux sont bons, y compris les plus sentimentaux bien sûr. Fais comme tu veux, mais renard ou lion tu devras prendre ton parti.
Je ne l'aime guère, mais je dois reconnaître que ma culture collective, française DONC teintée de machiavélisme, me prédispose à lui reconnaître une place : ah, ce bon vieux Vilfredor (Paretor), s'il était encore de ce monde il dirait : "Je vous l'avais dit, une grosse partie des actions humaines emprunte la voie de justifications pseudo-logique, juste pour faire semblant d'être rationnel, alors qu'au final c'est un sentiment de satisfaction, satisfaction d'intérêt individuel voire collectif qui fait avancer la machine !".
CONCLUSION : pas beau à voir pour l'instant, il manque des bases sereines on dirait (OU peut-on échapper à sa culture ?)
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