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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Dimanche 20 avril 2008

Beaucoup de formes d'art comtemporain à ArtBrussels. C'est la pagaille ! Personnellement je suis déçu de ce mélange qui frise l'entassement sans queue ni tête, et spécialement du peu d'émotion que suscite les peintures. Filtrage en question ? Et si le numérique était en train de manger le tangible, rongeant ce genre de manifestation, liée à un lieu et à un espace réel, et le mitant ?

Ici on apprend en fait qu'ArtBrussels est représentatif du marché mondial de l'art. Ce n'est donc pas une simple lubie de sélection locale (25% de galeries Belges seulement), mais bien l'image de ce que les plus grandes galeries proposent, au moins certaines.

Pourtant la FIAC m'avait tout de même arraché quelques émois, mais il est vrai il y a 14 ans déjà. Alors ... il faudra retourner à la FIAC 2008, du 23 au 26 octobre 2008. Pour affiner l'impression.

En attentant, un peu de recherche sur les Blogs ...

Et bien rien à se mettre sous la dent, de quelqu'un qui y serait allé et qui commenterait la chose. On trouve l'article douteusement dithyrambique du Monde (qui en creux souligne le sinistre possible des foires) et une note d'un type qui y a perdu un polaroïd (remarque privée à destination de cette personne : nulle trace de ce polaroïd, l'inspecteur LaBavette mène l'enquête).

Hmmm, mon flair d'investigateur me sussure : ça sent le phénomène auto-réalisateur. Soit : la presse en parle, fait monter la mayo, on en parle, on buzz, on vend / achète parce qu'on en parle.

ArtBrussels, franchement décevant.

par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mercredi 19 mars 2008

Tibet.png (le drapeau du Tibet)

 

Un peu d'histoire ...

Le Tibet existe comme entité identifiable dans l'histoire depuis le VIIème siècle. D'abord royaume, il est ensuite devenu "région autonome" sous protectorat mongol puis chinois à partir de 1720. Ce sont les Chinois qui ont ainsi installé le VIIème dalaï lama, titre donné au plus haut chef spirituel du Tibet et chef temporel du gouvernement du Tibet.

Au XIXème siècle le Tibet retrouve sa souveraineté à la faveur de l'affaiblissement de la Chine, due en partie aux invasions occidentales. A la fin du XIXème siècle la Grande Bretagne commence à s'intéresser au Tibet. Elle tente d'abord de pouvoir y faire du commerce en concluant des accords avec les Chinois. Le Grande-Bretagne est préssée par les velléités Russes sur ce territoire.

Mais l'exercice de la souveraineté de la Chine sur le Tibet étant à cette époque purement formelle, la Grande-Bretagne décide de passer directement à l'action et lance, en 1904, une opération militaire contre le Tibet, occupant Lhassa, déclenchant la fuite du 13ème Dalaï-Lama et massacrant la défense tibétaine. Puis en 4 ans la Grande-Bretagne parvient à ses fins commerciales (installation de 3 bases commerciales) et diplomatiques.Le Tibet passe sous influence Britannique de fait, sans être à proprement parlé une colonie ni un protectorat mais avec une position privilégiée de la Grande-Bretagne.

Durant cette période, en 1905, la Chine entreprend de recoloniser la ville de Chamdo, située à l'extrème est du Tibet. L'afflux de Chinois provoque une disette à Batang, dans le Sichuan voisin. En réaction, la Chine souhaite réduire le nombre de moines bouddhistes, considérés comme des bouches inutiles. Un soulèvement des moines bouddhiste se produit alors dans toutes les régions du Kham, qui est réprimée par les Chinois avec une extrème brutalité, et se solde par l'envahissement de l'Est du Tibet. Simultanément, le 13ème dalaï lama revient au Tibet en 1906.

Le traité de Pékin, signé entre la Chine et la Grande-Bretagne rétablit alors la souveraineté chinoise sur le Tibet, qui étend sa colonisation jusqu'à chasser et destituer le dalaï lama en 1910. Celui-ci fuit alors pour l'Inde, sous domination Britannique.

Mais à la faveur de la révolution chinoise de 1911, le dalaï lama rentre au Tibet,et y  fait expulser les Chinois. Le 14 février 1913 le 13ème Dalai proclame l'indépendance de son pays. Mais la Chine s'y oppose. S'en suit une période de stabilité mais marquée de conflits militaires aux frontières avec la Chine nationaliste.

En 1950, la Chine réoccupe militairement la Tibet et met en place un nouveau régime, plaçant le Tibet sous la dépendance de Pékin. En 1956 débute la révolte des Tibétains, et en 1959 le 14ème dalaï-lama s'enfuit à nouveau en Inde. Il y est depuis cette époque.

Depuis 1959 : violation continue des droits de l'Homme

Par la suite, la Chine s'est régulièrement livrée à des activités contraires aux droits de l'Homme : mariages forcés de Tibétaines avec des colons chinois, pas d'enseignement de la langue Tibétaine, esclavage sexuel et prostitution de nombreuses Tibétaines, moines torturés et exécutés (110 000 en 1966), destruction des symboles religieux, "rééducation" d'une violence extrème lors de la collectivisation dans les années 70, avec exécutions sommaires, répression sanglantes des manifestations, avec arrestations et torture (600 en 1987), loi martiale ...

Autonomie du Tibet : quelle réalité aujourd'hui ?

L'examen de l'histoire de cette région permet d'identifier : un peuple tibétain, et une région qu'il occupe depuis au moins 14 siècles, parfois de manière souveraine mais beaucoup plus souvent sous souveraineté ou suzeraineté de la Chine.

Il est par ailleurs indiscutable que le peuple Tibétain a été soumis à l'oppression de la République Populaire de Chine. Les Nations Unies ont, par trois résolutions (1959, 1960, 1965), condamnés les actions de la Chine au Tibet, constatant la violation des droits de l'homme et des règles internationales, dénonçant la violation continuelle des droits fondamentaux des Tibétains.

Si l'on reconnaît, de plus, le droit d'un peuple à disposer d'un territoire stable, et le droit d'un peuple à disposer de lui-même (l'un des objectifs des Nations Unies : article 1 point 2 de la Charte des Nations Unies), c'est également l'occupation par la Chine, et sa mainmise sur l'administration et le gouvernement des Tibétains, qu'il faut condamner.

La Chine prétend avoir entendu ces demandes et depuis avoir rétabli le droit des Tibétains. Ce que conteste le gouvernement Tibétain en exil. C'est sur ce conflit que tout, à mon sens, devrait se nouer aujourd'hui.

Comment éclaircir la situation si ce n'est en en faisant une question internationale ? Etant données les abominations Chinoises du passé, jusqu'à quel point la Chine dit vrai ou ment aujourd'hui ? Quelle est la situation réelle du peuple Tibétain ? Quelles actions en phase avec cette réalité faut-il entreprendre ?

Un point semble clair au moins aujourd'hui : la Chine n'a pas décolonisé le Tibet, et elle l'occupe au moins ethniquement. Ce point suffit, à mon sens, pour exiger de la Chine l'acceptation d'un éclaircissement sur la situation véritable au Tibet par la Communauté Internationale, et la cessation inconditionnelle de cette colonisation.

Faut-il boycotter les JO ?

Tant qu'il existe une situation avérée d'hégémonie Chinoise au Tibet, il faut protester et faire pression pour obtenir un droit de regard de la Communauté Internationale sur cette question. Cependant, il faut se garder de tout procès d'intention. Et d'autre part ce sont les Nations Unies qui doivent s'emparer de la question, car la question nécessite une position la plus impartiale possible.

Pourquoi tant d'agitation à propos du Tibet maintenant ? Pourquoi s'agiter maintenant et non pas s'être plus investi dans l'action internationale avant ? Il semble que, préssés par leurs bonnes consciences, les nations occidentales élèvent la voie comme pour se placer en symétrie médiatique avec le poids que prend la protestation Tibétaine dans les médias ...

Est-ce que boycotter peut faire avancer la question ? Est-ce que porter un pins peut aider ?

Tout tient à mon avis dans la précision du message. Ne devrait-on pas préférer une déclaration, verbale, officielle, précise et solennelle, à un geste, muet, plus anonyme, vague et provocant ? Faut-il répondre à l'agitation médiatique par une image et une "simple" protestation ? Je pense que non : il faut répondre par une action politique concrète, précise et opportune.

Voyons ce que vont faire nos chers dirigeants.

par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mardi 15 janvier 2008

A peine l'éblouissement des projecteurs et des paillettes de l'élection présidentielle française passés, et ce fut la campagne pour les élections fédérales en Belgique.

Ces élections désignent le parlement de Belgique, tandis que les élections communales sont l'équivalent des municipales, qu'il y a des élections provinciales (équivalent des régionales) qui élisent les parlements des 3 régions (Wallonne, Flamande, Bruxelles Capitale).

Peu de sujets de fond abordés, mais surtout beaucoup de rivalités politiques entre les partis, notamment entre partis francophones. Sur les rangs, côté francophone :

  • le MR, présidé par Didier Reynders, sensiblement équivalent à l'UMP,
  • le PS, dirigé par l'homme au noeud papillon - Elio Di Rupo - sosie du Parti Socialiste,
  • le CDH à la couleur orange, dirigé par Joëlle Milquet,
  • les écolos.

Plus quelques partis francophones confidentiels (les rattachistes à la France, ultra-minoritaires [environ 1% des suffrages], le Front National, le parti communiste).

Et puis déjà quelques frictions sud (Wallonie) / nord (Flandres), notamment entre le SPA (Parti Socialiste côté flamand) et le PS. Oui, je n'ai pas cité les partis politiques flamands (CDNV/NVA, Groen, Vlams Belang, SPA, VLD), car les partis politiques sont totalement scindés en fonction de la langue. Chacun fait campagne de son côté, sur son territoire, qui coïncide avec les dominantes linguistiques : flamand au nord, français au sud. La seule exception notable est Bruxelles : enclave au milieu de la région flamande, composée à 80% de francophones (+ quelques européens de tous bords ...).

Bon, suite à ces élections le parti remportant le plus de voix est le CDNV, le sosie flamand du CDH, qui est allié avec un petit parti, la NVA, ouvertement nationaliste pro-flandre. Yves Leterme, précédemment président de la région flamande, recueille 800 000 voix sur son nom, il est donc désigné par le roi pour former un gouvernement.

Les tractations commencent pour former une coalition oranges (CDH + CDNV) bleus (MR, VLD). Les négociations d'un accord de gouvernement durent de juin à septembre. C'est l'une des particularités du système belge et une des conséquences d'un système à proportionnelle intégrale : les partis politiques décident exactement de ce qu'ils mèneront comme programme après les élections, en négociant entre eux. Il ne s'agit donc pas du tout d'appliquer les promesses d'un parti, mais de composer avec les partis désignés par les élections.

Ces négociations butent cependant à répétition dès qu'il s'agit d'aborder le sujet de la réforme de l'état, autrement dit du basculement des compétences de l'état fédéral vers les régions. En effet, les flamands ont promis et veulent beaucoup, et cela de longue date. Arguant encore aujourd'hui des brimades subies de la part des francophones du temps où cette langue était devenue la langue des élites dans toute la Belgique, écrasant parfois les dialectes flamands (le flamand n'est pas une langue unique, c'est un ensemble de plusieurs dialectes du néerlandais) sur leur passage, profitant d'une santé économique éclatante, et d'autant plus brillante en comparaison d'une économie Walonne encore marquée par les industries lourdes du 19ème siècle, pointant l'inutilité des efforts financiers consentis par le Nord (riche) pour redresser le Sud (pauvre), au travers d'un plan intitulé plan Marshal, les partis du Nord et avec eux pas mal d'électeurs veulent tout simplement que chaque communauté se débrouille désormais un peu plus .. seule, en particulier financièrement.

Rien de moins étonnant : avec un parti nationaliste flamand dans le jeu, et un parti attaché à l'intérêt des francophones de l'autre - le FDF, en cartel avec le MR, tout est en place pour que l'adrénaline monte à la première discorde. Mais c'est surtout la radicalisation flamande, non seulement de la NVA mais aussi du CDNV, acculé comme beaucoup de partis flamands à une position nationaliste sous peine de disgrace électorale et de montée du Vlams Belang, et l'intransigeance des partis francophones, refusant de lâcher quoi que ce soit sans contrepartie, qui bloquent la machine.

Cette période fut émaillée d'incidents inter-communautaires systématiquement mis au premier plan dans les médias :

  • le rappel qu'Yves Leterme avait qualifié les francophones de "pas assez intelligents pour apprendre le néerlandais" dans le passé,
  • sa bourde lors de la fête nationale, où il chante la Marseillaise au lieu de l'hymne belge, en réponse à une demande d'un média francophone,
  • un vote unissant les partis flamands au parlement pour la scission de l'arrondissement électoral Bruxelles - Hal - Vilvoorde, qui a le désavantage en l'état d'empécher les flamands d'avoir une chance d'élire un flamand dans les régions de Hal ou Vilvoorde, à l'écrasante majorité flamande,
  • l'annulation, par la région flamande, de la désignation des bourgmestres (l'équivalent des maires) de communes situées en périphérie de la région de Bruxelles, maintenant à majorité francophone, car les conseils communaux conduits pour ces désignations ont été effectués en français,
  • Yves Leterme comparant la RTBF à une radio rwandaise qui a diffusé des appels au génocide à l'époque.

Sans compter la crispation francophone initiée par la RTBF avec sa fameuse émission / fiction sur la fin de la Belgique, qui a renforcé la peur chez les francophones et ne leur a donné comme horizon que celle d'une indépendance de la Flandres.

Aussi les principaux partis politiques belges ont-ils pour l'instant opté pour un gouvernement provisoire (il en existait un : celui d'avant !), d'une durée limitée (3 mois), qui n'aura aucune compétence sur la réforme de l'état, pour palier aux urgences sociales et économiques.

Rien n'est donc résolu, la négociation continuant , notamment au sein d'un comité présidé par yves Leterme, et baptisé Octopus (la pieuvre ...), et les réticences demeurant. Le compte à rebours est de toute façon lancé : le 23 mars prochain, Yves Leterme doit succéder au premier ministre sortant.

Ce spectacle, pour un étranger en Belgique comme moi, par ailleurs attaché au dialogue et à l'harmonie entre les communautés, est vraiment déprimant (plus que Sarkozy se baladant à EuroDisney). Il n'y a que les Belges pour s'en moquer, et considérer tout cela comme un psychodrame politique qui débouche tôt ou tard sur une solution. C'est le repli communautaire (présent des deux côtés d'ailleurs, mais tiré par le Nord), le rejet de l'autre par la langue et par l'histoire, bref la fièvre nationaliste.

Cette fièvre a l'air tellement ancrée au Nord que je ne discerne vraiment aucune voie qui n'appauvrirait pas économiquement les francophones, et continuerait d'étrangler Bruxelles, qui étouffe dans ses frontières régionales actuelles, trop étriquées pour lui permettre d'avoir les moyens économiques d'une capitale, notamment par le manque d'impôts :beaucoup de flamands, dont les impôts vont vers la région flamande, où ils habitent, tirent leur revenu du pôle économique bruxellois. Et la Commission européenne est dispensée d'impôts, tant les institutions que ses fonctionnaires.

Est-ce la présence de communautés linguistiques constituées (flamand, francophone) ou leur rivalité qui constitue un poison pour la Belgique ? Que manque-t-il pour que ces deux communautés pratiquent l'échange et l'harmonie au lieu de s'opposer ?

Tirer un trait sur les rivalités et les abus du passé, certainement, pour désamorcer la spirale sans fin de l'opposition et son sous-jacent : la loi du talion. Mais au-delà il faut probablement une attache supra-communautaire, de même qu'une meilleure compréhension respective, au niveau des langues, c'est-à-dire pratiquer un réel bilinguisme, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Rendez-vous en mars pour la suite du feuilleton belge ...

par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mercredi 20 juin 2007
Vous l’avez peut-être entendu quelque part, j’ai appris ce soir que :

Ses voisins gagnent au loto, elle porte plainte

mercredi 20.06.2007, 19:22
Une Néerlandaise se disant traumatisée par le fait de ne pas avoir gagné à une loterie et qui avait engagé des poursuites contre le jeu a été déboutée par un tribunal d'Amsterdam. Helene de Gier n'avait pas participé à la « Loterie nationale des codes postaux » contrairement à ses voisins. Les joueurs, dont les codes postaux sont choisis au hasard, peuvent gagner jusqu'à plusieurs millions d'euros. Mme De Gier vivait dans une rue de la petite ville d'Heusden (sud) où sept personnes ont gagné chacune 13,9 millions d'euros le 1er janvier 2006. Avec son mari, elle a engagé des poursuites, arguant que le jeu constituait une violation de sa vie privée en raison du battage médiatique lié la sélection de sa ville.


La polémique, l’affrontement, la jalousie, valeurs universelles ? Je ne comprends pas du tout cet engouement des néerlandais pour la compétition à tous crins, à tous prix fusse-t-elle ultra-négative. Mais ce n'est qu'une image ...
par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Jeudi 12 avril 2007
Un peu d’air belge pour changer. Ou des différences culturelles importantes malgré la proximité géographique et linguistiques.

Je suis tombé sur une étude sur l’absentéisme au travail, dont voici le lien. Ces statistiques ont été réalisées par une mutuelle (Securex) dite libre.

Oui, il faut expliquer qu’en Belgique, une mutuelle est la dénomination équivalente à assurance maladie en France. L’équivalent aux mutuelles françaises sont appelées assurances santé. Il n’existe non pas une seule mais plusieurs mutuelles, en fait des dizaines, qui sont classées par union : alliance nationale des mutualités chrétiennes; union nationale des mutualités socialistes; union nationale des mutualités neutres; union nationale des mutualités libérales; union nationale des mutualités libres.

Première différence notable : une mutuelle n’hésite pas à réaliser ces statistiques et les publier. C’est le côté franc-direct-massif du pays, beaucoup moins porté à se lancer dans des élucubrations théoriques complexes, et où les points de vue sont francs mais dénués d’agressivité. C’est un fait : la théorie m’a l’air moins populaire qu’en France, à la faveur du pragmatisme. Sans pour autant dire qu’il n’y aurait aucun intellectuel : mais les deux « mondes » ont l’air plus séparés.

Deuxième aspect : le document ne fait pas la démonstration cartésienne de l’absentéisme, pour lui une statistique sur les congés maladie suffit … La corrélation entre les jours d’absence et leur connotation familiale ou socio-économique sert de démonstration, ce qui est un peu court, mais sans qu’on puisse néanmoins s’empêcher de penser ou chercher si il y a bien un fond de vérité derrière tout cela … Les Français ne sont pas les seuls accros aux statistiques et aux sondages, rassurez-vous c’est largement partagé !

Troisième aspect : l’éclairage, sans fard et avec humour, sur sa propre population. Le discours n’est pas celui du jugement, de la sanction, de la dénonciation, mais celui de la prévention du phénomène sous une forme comique, que la révélation d’une tendance anti-travail rendra d’autant plus humoristique que la tentation d’une telle attitude, par épicurisme, paresse, ou autre travail est forte chez le lecteur.

Allez, je vous avoue, je n’ai pas assez suivi l’actualité belge pour savoir si ces statistiques vont se transformer en loi dans le mois qui suit … mais ça m’étonnerait fort. Quelque part, vive la légèreté belge !
par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Jeudi 22 février 2007
Et oui, encore un exemple de l’extension du domaine de l’argent (et non pas de la lutte), et de ses impacts dénaturants et sélectifs. Je mets en ligne cette copie d’un article paru dans le supplément « The New York Times » du Monde.

L’exemple est assez inattendu : il s’agit du surf. J’ai un peu pratiqué ce sport, j’en suis fan, mordu même. C’est une activité très exigeante, difficile et très physique. Pour pouvoir descendre sa première vague debout (et non pas dessous, envoyer par la déferlante vers le fond, rouler dans le tourbillon du déferlement), il faut bien, en moyenne, 4 à 500 tentatives infructueuses. Tourner est une autre affaire, parcourir la vague encore une autre. Passer la « barre », c’est-à-dire la zone de déferlement, pour aller se positionner au « peak », endroit d’où on peut prendre les vagues, nécessite d’avoir une bonne condition de nageur, pour ramer avec ses bras à fond pendant au moins 1 à 2 minutes, et cela on le fait 20 ou 30 fois par session.

Le surf-business, on le connaît tous. Icône publicitaire par excellence, le domaine s’est popularisé depuis au moins 10 ans, et a permis l’avènement d’une florissante industrie de l’habillement dans ce domaine.

Le sujet de l’article, c’est que le surf aurait tendance à devenir une activité privilégiée des plus nantis, au même titre que le golf. Savez-vous pourquoi ?

Devinez, devinez. Parce que c’est à la mode ? Certainement un peu à cause de ça, mais ce n’est pas l’unique raison.

Parce que c’est pépère ? Alors là pas du tout, il faut une grosse condition physique, surtout sur des vagues qui dépassent le mètre.

Pour se rafraîchir en raison du changement climatique ? Non, mais on y viendra peut être … si on s’aperçoit que les clims c’est nocif pour le tain et la santé.

Non, vous n’y êtes pas …. C’est :

Parce que le temps d’attente entre deux séries (ensemble de vagues propices aux meilleures chevauchées) est long et laisse le temps de parler de …. business.

Si, si vous avez bien lu : business. Dans l’eau, le surfer nanti parle de business avec son alter ego tout aussi nanti et business. Il peut y mener son activité commerciale. Sur l’eau il va vendre, exemple cité dans l’article, des maisons. Le surf, c’est agréable, mais c’est tellement mieux lorsqu’on peut mener son activité d’obsessionnel du chiffre, de l’argent, du profit en même temps. Le surf, c’est beau, pur, on est dans l’océan, c’est une évasion … non allez faut pas pousser quand même, même dans le tableau le plus idyllique il faut vendre.

Vendre, vendre, vendre, partout, tout le temps, l’économique envahira jusqu’au moindre détail de nos vies, de moins en moins de place pour un rapport qui n’ait pas une arrière pensée vénale. Nous devenons – et cela continuera – des commerciaux de chaque instant, des homo businessus dont le réflexe premier, pour toute chose, sera un chiffre, une valeur. Cette pensée, là, combien elle coûte ?

Ainsi en vient-on, pour préserver certaines activités, fussent-elles physiques ou mentales, à souhaiter la limitation de ce phénomène, à promouvoir et se battre pour autre chose qu’une pensée commerciale, à se battre pour que les limites soient fixées.

Je vous l’ai déjà dit : dès qu’on réfléchit un peu au sort de certaines valeurs dans une foule d’exemple, on vire antilibéral … c’est-à-dire favorable à une limitation de la liberté économique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui afin de limiter les revenus et mettre fin à sa prépondérance comme actitivité.

Non sans cynisme, l’article dit que, de la sorte, le surf retourne à ses racines aristocratiques, dans la mesure où il s’agissait, à l’origine, d’une pratique de l’élite hawaïenne.

Attirant toujours plus de monde, et des personnes toujours plus nanties, qui font le transfert par hélicoptère vers des bateaux spécialement affrétés dans les zones de bonne vague, qui se trouve un peu partout autour du monde, et beaucoup dans les pays en voie de développement, certaines côtes, comme au Costa Rica, ont ainsi été développées (constructions touristiques) pour accueillir les foules qui viennent au surf comme on va bosser.

Le temps où ce sport était artisanal, celui d’une couche marginale, de contre-culture, une aventure,c'est du passé. Sort de toute activité humaine ?

Ce qui est amusant, c'est d'essayer de trouver une activité qui ne soit pas gagner par ce phénomène, même les élevages de mouton en plein Larzac sont touchés. Alors, vous trouvez ?
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Dimanche 11 février 2007
Et voilà donc qu’un Wallon s’exprime dans Le Monde ! Et pas n’importe lequel : Paul-Henry Gendebien, président du Rassemblement Wallonie-France (RWF), parti qui prône depuis de nombreuses années le rattachement de la Wallonie à la France (voir ici pour le point de vue).

Moi qui suis Français établi en Belgique depuis peu, à Bruxelles, je m’étonne néanmoins de cette parution. Elle me semble un peu hasardeuse étant donné le poids de la personne mentionnée en Belgique, qui est très faible. Certes, il s’agite depuis de nombreuses années avec son idée, mais il n’a jamais réussi, pour le moment, à convaincre un nombre significatif de Belges, et a régulièrement fait des scores très confidentiels aux élections.

Sa position politique est isolée. L’existence et le renforcement, dans les médias, des tensions séparatistes n’a pas incité les grands partis francophones de Belgique à se tourner vers la France. Le chef de file du plus grand d’entre eux (le Parti Socialiste), Elio di Rupo, pense plutôt, en toute extrémité, à une Wallonie indépendante, à laquelle serait rattachée Bruxelles (qui est à plus de 80% francophone), position alignée avec les sondages d’opinion par ailleurs, sauf pour Bruxelles, les Bruxellois se voyant plus comme une cité indépendante avec un statut international.

Du reste, on n’entend guère parler des voisins francophones du Nord en France, si ce n’est à l’occasion de rumeurs séparatistes. Si l’amitié est incontestable, les barrières et les différences irréductibles m’ont bien l’air d’exister. Non, les Wallons ne se sentent pas Français, ils sont francophones de Belgique et connaissent nos défauts (arrogance, attitude hypercritique, mauvaise humeur, agressivité [qu'ils appellent "nervosité"], égocentrisme, moquerie pour nos voisins Belges, j’en passe) et nos qualités (finesse d’esprit, finesse des goûts, sens du débat démocratique, j’en passe aussi).

Tout ceci me fait penser à des ballons d’essais, que ce soit le canular récent de la RTBF ou cette parution, qui a pour intérêt de voir quelle attention pourrait manifester la France, par la voie de ces responsables politiques notamment, à cette question. Lors du désormais célèbre fiction de la RTBF, les seules réactions françaises qui me sont unanimement parvenues concernaient … l’outrecuidance à utiliser une chaîne publique à une heure de forte écoute pour flouer les téléspectateurs. Rien de plus.

Reste que la question est très présente et le sera lors des prochaines élections générales ici, et qu’elle est assez aigüe à Bruxelles, ilot francophone en Flandre, séparé par la Wallonie par l’intermédiaire des communes de Braine l’Alleud et Rhode St Genèse. Personnellement, je ne constate jamais d’inimitié publique entre un francophone et un néerlandophone, mais plutôt des préférences en coulisse dans certains cas, assez fréquent. L'esprit n'est jamais au heurt, mais à la recherche d'un consensus qui satisfait tout le monde.
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Lundi 22 janvier 2007
Ah les sondages, leur facilité, leur charme, l’impression d’avoir la preuve de gagner, de savoir avec certitude là où aller … Le sondage est devenu l’outil indispensable dont les médias et les candidats se délectent goulûment dans la simplicité de quelques chiffres. Et son petit minorant habituel lorsqu’il a l’air de dire que le vent ne tourne pas dans la bonne direction : « Les sondages ne veulent rien dire, de toute façon je ne calque pas mon comportement sur les sondages ».

Je vous propose quelques découvertes que j’ai faîtes personnellement sur ces instruments si médiatisés.

La première, en relation avec ce domaine des mathématiques qu’on nomme statistiques, c’est que les instituts emploient une méthode particulière, dénommée méthode des quotas, qui consiste à « sélectionner un échantillon qui soit un modèle réduit de la population sur certains critères de partitionnement dont on peut penser qu’ils ont un lien avec la thématique de l’enquête ». Le problème de cette méthode, c’est :

  • qu’elle ne permet pas de calculer un intervalle de confiance, c’est-à-dire de dire que le score mesuré par le sondage est valide à X % près avec Y % de chance,
  • qu’il est difficile de trouver les bons critères de partitionnement, ceux qui sont étudiés classiquement sont l’âge et la région, parfois les catégories professionnelles.

En d’autre terme, nous ne pouvons accorder notre confiance aux sondages que dans la mesure où ils ne se sont pas trop trompés par le passé … or le passé ne préfigure jamais l’avenir évidemment.

La deuxième, c’est que les résultats publiés par les instituts ne sont pas directement les résultats bruts obtenus. Ils sont corrigés par la suite par ce qu’on appelle une matrice de redressement, qui consiste à ajuster le poids de chaque réponse collectée de manière à ce que l’échantillon soit rapproché des caractéristiques de la population entière. Il existe ainsi des ajustements pour rétablir les contingents de personne qui n’avouent pas facilement leur préférence (pour l’extrême droite en particulier). Ce sont des masses d’études électorales sur plusieurs années qui sont utilisées.

En conséquence, les résultats sont réajustés sur la base de données datant d’élections précédentes. Cet ajustement est par ailleurs limité par la Commission des Sondages. Il rend encore moins fiables les estimations du vote des extrêmes, en particulier de l’extrême droite.

Ipsos, sur son site Web, mentionne à plusieurs reprises l’exercice et des difficultés passées, et reconnaît que le redressement pose parfois de « sérieux problèmes ». En particulier, il semble, pour Ipsos, que ce soit le résultat de la dernière élection qui influence de manière importante le redressement. Qu’un parti est fait un score historiquement faible à cette élection, et il a des chances d’être sous-estimé.

La troisième, c’est que la taille de l’échantillon n’a rien à voir avec la taille de la population. Plus l’échantillon est important, plus la précision du sondage est grande. Si la méthode de tirage au sort aléatoire était utilisée pour faire les sondages, et non pas les quotas, un échantillon de 1000 personnes donnerait un résultat bon à 3% près avec 95% de change de ne pas se tromper. On peut en conclure, les sondages par quotas sélectionnant des échantillons de moins de 1000 personnes généralement, que leur marge d’erreur est d’au moins 3% à 95% de chance.

Bref, ce serait tellement plus intéressant, plutôt qu’on nous balance les résultats sans recul, d’avoir un peu plus de données sur les sondages réalisés ! Redressement, taux de rejet … Pourquoi ces informations ne sont-elles pas disponibles ? Car elle brouillerait l’image du produit et en dévoilerait un des rouages aux concurrents.

On ne peut que conclure sur l’opacité de ces outils et se garder de céder à la tentation d’y voir l’expression d’une prédiction.
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Mercredi 29 novembre 2006
Quelques liens bien ironiques : un article sur les Gérards de la télé et la télé de Karl Zéro. Il faut plonger de temps en temps dans le bain sûr de la critique, très présente en France d’ailleurs.
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Mercredi 22 novembre 2006

Je me suis intéressé à ça aujourd’hui, après en avoir vaguement entendu parler cette année. Dans ma tête, jusqu’à présent, c’est pas beaucoup plus qu’un leitmotiv : le Web avec du lien social. Et une bizarrerie : pourquoi 2.0 ? Voudrait dire qu’il y a une nouvelle version du protocole qui a fait le succès d’Internet, j’ai nommé le sieur H.T.T.P. ??? Après 1.1 on passe à 2.0 c’est ça ?

Euhhh, bon, je ferais mieux de lire l’article paraît-il fondateur de Tim O’Reilly. Non sans être aller avant sur le blog deuxzero.com, qui ne m’a pas beaucoup aidé à comprendre si ce n’est qu’il sera joli le Web 2.0, design, plein de belles couleurs, avec les photos des gens et encore plus mode-buzz-hype. C’est déjà ça …Au fait j’ai trouvé plus d’info dans un article du journal du Net qui lui renvoit à l’article d’O’Reilly.

Patiente un peu que je lise….

Non mais arrête de faire du bruit avec ton clavier, là, je n’arrive pas à me concentrer. Attends, c’est dur, en anglais, avec plein de mots tordus (truism, folsonomy, wisdom, intelligence, mashup).

Bon on va prendre un café virtuel ?

Où j’en étais déjà, page 5 voilà. Kékidizé le monsieur ? Ah oui, mon dieu, cette horrible bulle Internet kété pas belle trop grosse qui a réduit ses ambitions mais semble avoir de beaux restes.

Bon j’ai fini. Je t’épargne les détails. C’est un peu long et très orienté Web en fait.

Déjà il dit qu’il y un phénomène marketing autour qu’il faut dissocier d’une nouvelle sagesse conventionnelle (ça doit vouloir dire « réflexion partagée » ou quelque chose comme ça).

Ensuite, il cite tout un tas de sites Web et d’applications informatiques populaires basées sur Internet, genre Napster ou Bittorrent pour illustrer. Puis il précise que ce n’est pas une technologie, mais un concept, sans frontières définies mais plutôt du genre centre de gravité. Les sites Web 2.0 se fédèrent autour des principes principaux suivants : utilisation du Web comme plateforme (?), contrôle à l’utilisateur, proposant des services, basés sur la participation de ces mêmes utilisateurs, remix d’informations (mashup) ou tirant parti de l’intelligence collective.

Il argumente quelques points plus en détail (l’approche service, l’intelligence collective), puis bifurque vers des considérations plus techniques : la fin du cycle de production des logiciels, avec des versions bêtas en permanence, donc continuellement en évolution, l’avènement de modèle de programmation dits « légers », la fin du PC comme support unique du logiciel, puis la technologie Ajax. Et en conclusion : le rappel des caractères déterminants du Web 2.0.

Mon bilan c’est qu’il y a de quoi en faire effectivement une chimère, une illusion économique, un pur désir quoi : encore plus de moi, de la personne sur le Web. Par ci par là il y a un peu de ça dans le Web (je pense aux blogs ou forums) mais bon, faut quand même pas prendre la relation d’achat-vente comme le vecteur universel de la découverte de l’autre ! Le dialogue face à face, forme à fleur de peau du moi, débit instantané de moi par lequel passent tant de chose mis à part les mots, ce n’est pas encore ça. On a des substituts décorrélés (texte, image, sons), jamais les 5 sens en même temps.

Ce que j’en conclus aussi, c’est que c’est un peu fourre tout comme concept. On mélange beaucoup de choses sans être centré sur le social. C’est centré sur le Web.

Tant mieux ou tant pis ? Moi qui manipule le numérique à longueur de journée, qui a eu tout le temps de voir comment il s’insinue partout, et comment il peut nous forcer à passer par un médiateur pour aller vers l’autre (Internet en est un) pour que d'autres PERSONNES se sucrent au passage dans certains cas (les blogs payant, ça vous dit quelque chose ?), j’aime que les choses soient claires : l’homme doit prévaloir sur les solutions numériques et pas l’inverse. Même si une alchimie (le cyber) peut naître … et qu'elle est fascinante. Et qu'on est de plus en plus dedans.

par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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