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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Samedi 5 avril 2008

Depuis l'un des premiers articles de ce blog, je pointe la présence d'antagonismes sociaux. Et le commercial, qui sous prétexte de bien-être ou d'écologie, vous vend un truc est un passeur de ces antagonismes, qui autrement seraient invivables.

Antagonisme ... de classe, disait Marx, qui basait son analyse et son verdict sur le dépassement de l'antagonisme de classe. Les possesseurs du capital sont priméoccupés d'extraire le maximum de richesse de leurs entreprises, pressurant les employés, qui a leur tour voudrait bien retirer plus de leur travail.

Antagonisme de l'individuel et du collectif. Entre social et liberté il faudrait choisir. L'individu est tourné vers la satisfaction de ses désirs, dont on autorise, suivant les sociétés, plus ou moins de latitude par rapport aux désirs des autres. La société, par contre, donnera pour partie des contraintes, sous forme d'impôts, de règles, de lois, de moeurs. Et l'antagonisme, constitutif de nos rapports individuels et sociaux, trouve son atténuation dans la limite que tout individu met à ses désirs, sous peine d'anomie ou de solitude des désirs.

Antagonisme entre dirigeant, qui commande, et dirigé, qui obéit. Dirigeants politiques, dirigeants économiques, hiérarchie. Concentration rationnelle issue d'une recherche d'efficacité, aboutissant à des rôles antagoniques.

Antogonisme entre conviction (intime) et responsabilité (collective), entre la focalisation sur la personne dans des rapports inter-individuels, ou bien aux groupes ou institutions, et focalisation sur d'autres, un groupe, au nom duquel il faut mener des actions en accord avec des objectifs.

Antagonisme du libéralisme politique, où chaque institution, dotée d'un pouvoir limité, limité par celui des autres institutions, construit sa stabilité sur l'exercice d'opposition aux limites.

Conflit ? Et non, justement, pas forcément. Le conflit est un mode de matérialisation de l'antagonisme MAIS n'en ai pas le seul mode de résolution ou d'avancée. Exit donc : la seule théorie de la médiation. Car il y a plus intrigant.

L'antagonisme est une forme exacerbée de différence. En tant que telle, la différence est INTERSTITIELLE. C'est-à-dire qu'elle permet que se glisse, dans l'interaction ou la réception de cette différence, une création. Celle que ni l'origine de la différence ni son récepteur n'auraient pu imaginer SEULS. D'où le sacré. D'où l'Art. D'où l'amour. D'où des quantités de choses qui sont le moteur de l'humain.

Il appartient à une démarche sociologique d'étudier, et discerner, dans l'histoire, quels sont les antagonismes invariants, et ceux qui sont transitoires, instables et générateurs de changement. Et puis ceux qui passe d'un mode à l'autre : non pas invariants mais suffisamment stables pour perdurés, puis être finalement démolis pour passer à autre chose.

L'antagonisme capitalisme / démocratie est-il de cette dernière nature ? Pour faire référence à l'agitation d'un drapeau rouge récent, digne d'un toréador, peut-on se demander, pour la vingtième fois depuis les 35 dernières années si : l'antagonisme entre capitalisme et démocratie occidentale est-il à ce point exacerbé qu'une réaction - de désespoir - des classes ulcérées pourraient se manifester ? Et faire évoluer le rapport antagonique actuel (quelque chose de l'ordre du social-libéralisme, qu'on soit d'un bord ou de l'autre - sauf du centre, qui se réclame de la même chose) ?

Et comment, faute d'avoir répondu à cette question, ne peut-on pas voir dans la survivance du marxisme, un empoisonnement bloquant l'évolution de cet antagonisme ? Ou bien encore, en clair, comme ne pas voir que PCF, LCR et autre LO jouent les conservateurs attardés, monopolisant un certain espoir ? Illusion du communisme pur, en conséquence, du partage de tout entre tous, qui n'est qu'un argument de propagande.

Je pense que le problème s'énonce clairement : une position sans appui sociologique, voir sans appui sur la psychologie sociale, ne vaut que pour faire de la politique, car autrement il faut prendre en compte tous les antagonismes (mais aussi les symbioses) qui traversent nos sociétés.

Mais une position politique ne pouvant pas être rationnelle (elle paraît très souvent au mieux pseudo-logique, et est parfois immorale - voir la grâce des condamnés de l'arche de Zoé obtenue en contrepartie du soutien militaire des Français au Tchad), je pense donc, en conséquence, qu'il est illusoire de vouloir réconcilier politique et raison. Encore un antagonisme, qui plus est très stable ... d'où je retire la décision de ne plus m'engager comme militant.

Pourquoi, dès lors, ne pas se laisser dériver au fil de l'interstitiel humain ?

par ArbreBlanc publié dans : Réflexion
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Samedi 24 mars 2007
L’OFCE (Organisme Français de Conjoncture Economique) a mis en ligne un long rapport sur sa vision de la situation économique en France dans la perspective des élections présidentielles. L’OFCE, dirigée par Jean-Paul Fitoussi, n’est pas un bastion libéral, traditionnellement attaché à l’Etat Providence, régulièrement keynésien dans le passé. Autant dire, en un mot, plutôt apte à donner des diagnostics et des réponses économiques pour la gauche.

Aussi vous je vous conseille vivement de lire ce rapport, ou du moins de le parcourir (plus de 220 pages), qui tombe à pic pour nourrir le débat : dans ce recueil, en plus d’une critique de l’économie « religieuse », se trouve une confirmation des rouages présentés dans l’article précédent sur la mondialisation : les économies développées se protègent en augmentant la productivité, et la recherche d’une croissance des exportations incite les Etats à une concurrence fiscale.

Je retiens notamment ce passage : « La France est-elle condamnée à aligner ses taux d’IS sur les plus bas européens et à alléger indéfiniment l’imposition locale des entreprises, au risque, sinon, de perdre progressivement toute sa substance économique ou, à tout le moins, ses bases fiscales ? Probablement pas. En effet, grâce à sa position géographique – située au coeur de l’UE et bénéficiant d’un marché de grande taille –, la France offre aux entreprises résidentes une « rente de localisation ». En outre, la qualité de ses infrastructures publiques, notamment de transport et communications, mais aussi d’éducation, de recherche, etc., fait que ces mêmes entreprises bénéficient, dans leur production, de l’usage « gratuit » d’un « facteur public », également générateur de rente. La résultante économique de ces rentes est de permettre à la France de pratiquer un taux d’imposition des entreprises plus élevé que celui des petits pays périphériques de l’UE, et de n’être donc pas obligée de s’aligner sur le « moins-disant fiscal ». Mais quel est l’ordre de grandeur de cette marge de manoeuvre ? Selon des estimations récentes, elle serait de 6 à 8 points. Si donc la moyenne des taux d’imposition des sociétés dans l’UE devait, comme cela semble être le cas, converger vers 12% à 15%, le taux français pourrait être maintenu aux alentours de 20%, ce qui implique cependant une baisse significative, réduisant les recettes fiscales à ce titre d’environ 1 point de PIB. [C’est-à-dire une baisse sur la fiscalité des entreprises d’environ un quart, soit environ 17 milliards d’euros, soit environ 2,5% des prélèvements sur le PIB]

Qu’il n’y ait, à court terme, pas d’autre choix que le jeu dangereux de la concurrence fiscale avec nos partenaires européens ne signifie nullement qu’il faille abandonner toute volonté d’y mettre un jour un terme, et d’harmoniser, dès que possible, ce qui peut l’être. Ainsi, la Commission européenne propose-t-elle de réduire les distorsions engendrées par certains aspects des différences de traitement fiscal des bénéfices des sociétés en harmonisant et en consolidant l’assiette de l’IS. (…)» (source : OFCE)

En clair, pour que le programme de Ségolène Royal puisse s’appliquer, il lui faudra augmenter les impôts sur les personnes, c’est-à-dire affaiblir (temporairement ?) la demande intérieure, principale contributrice à la croissance. Ceci aurait pour effet de restaurer notre vitalité exportatrice, mais cela suppose qu’aucun pays européen ne se livre à une surenchère dans cette concurrence.

De plus, le nom d’un pays revient régulièrement dans nos malheurs à l’exportation : l’Allemagne. Qui, en réduisant récemment son taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés et un effort sur ses coûts de production, notamment des réductions de salaire, a pu se redresser, sans pour autant revenir à son niveau de 1990, tandis que la part de la France ne cessait de décroître. L’étude rapprochée, menée par la banque de France et d’Italie, peut être moins sujets à sensibilité de gauche, est disponible ici.

Or l’Allemagne détient la clé d’autres leviers économiques, notamment la BCE. La marge de manœuvre dans ce domaine apparaît donc très limitée.

J’espère que la parution de cet ouvrage collectif de l’OFCE va lancer le débat, tant nécessaire, sur cette question.
par ArbreBlanc publié dans : Réflexion
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Mercredi 31 janvier 2007
Face à Internet, pour trouver une information sur Tchernobyl, le point de départ est le moteur de recherche ou l’annuaire.

Je ne vais pas me lancer dans un comparatif des différents moteurs de recherche, surtout qu’il en existe beaucoup, comme on peut le constater ici. Ce qu’on peut juste constater c’est que :

1. Aucune mesure de l’efficacité des moteurs n’est disponible. Ils ne sont utilisés que dans la mesure où on leur fait confiance, soit parce qu’ils sortent des résultats acceptables, soit parce que les autres l’utilisent massivement. Ou du rôle de la confiance sur Internet … Enfin, si vous connaissez une source d’information ou de recherche qui s’attaque à cette question, n’hésitez pas à me le signaler !

2. Il existe plusieurs types de moteurs : des moteurs généralistes, spécialistes, et des métas moteurs. Ces derniers fonctionnent en appelant plusieurs moteurs généralistes et en combinant les résultats.

3. Les moteurs classent les résultats suivant des critères qui leur sont propres. Cette classification joue un rôle de premier plan, car devant un grand nombre de résultat, seules les premières pages, voire la première sera consultée.

J’utilise couramment Google, en réalité, je devrais en utiliser plusieurs et comparer leurs résultats. Mais bon, à chaque recherche ce serait épuisant … Un méta moteur, qui délivre une combinaison de résultat, semble être un compromis acceptable, sauf qu’ils devraient décrire la technique de combinaison … ce qui n’est pas le cas !

Le fait est que ces outils sont obscurs dans leur fonctionnement, et étant donné leur criticité dans la recherche d’information, ils devraient publier un minimum de principes de classements et d’indexation. C’est malheureusement rarement le cas.

Intéressons-nous aux résultats dans les moteurs de recherche. Ils appellent plusieurs remarques.

La citation des sources est rare. Hormis cette description et celle de l’ISRN, les récits citant des publications d’expert sont inexistants, y compris sur Wikipedia (voir ici la description), pour lequel les sources ne sont pas directes, tout comme pour la SFEN .

Hors, en lisant les différents comptes-rendus de l’accident, des divergences apparaissent, sur le niveau de détail, sur la formulation des causes, plus ou moins précises, et sur d’autres données. En fait, on se rend compte à plusieurs reprises qu’on retrouve, traduit en français, des parties du texte d’un rapport de l’AIEA (que j’ai eu beaucoup de mal à trouver), et que certaines traductions se sont ainsi propagées dans les sites, voire même ont été copiées-collées. C’est de cette manière que des hypothèses de départ se transforment en raccourcis erronés, par exemple sur le scénario exact des 4 secondes qui ont débouché sur l’excursion de puissance, ou sur le niveau de puissance atteint, ou encore sur le poids de la dalle soulevée, qui va, suivant les textes, de 850 à 2000 tonnes.

De nombreuses couches sont ainsi venues se superposer à une souche de départ (peut-être pas la seule d’ailleurs …) qui elle-même comportait de nombreuses hypothèses et suppositions clairement mentionnées.

Encore heureux que la polémique sur le nombre de victimes soit restée à cet état, et qu’on trouve encore trace de scepticisme sur la publication du rapport de l’ONU sur le nombre de victimes, comme ici par exemple.

Un regard sur ces recherches permet donc de conclure quant à la nature sélective et approximative du Web relativement à l’information ou encore plus à la connaissance. Le Web agit comme un média déformant, du fait de la recopie / synthèse sans source qui s’y opère. Là où le numérique étend notre mémoire et l’accessibilité à cette mémoire, les outils de recherche y opère une sélection, qui obéit à des règles inconnues.

Aussi faut-il se poser la question de ce que signifie le terme de « publication » sur le Web, relativement à sa signification pour les autres canaux de diffusion. Le niveau de confiance et de preuve est-il assez élevé pour qualifier ce média à ce type d’activité ?

Pour conclure, je vous invite à parcourir le site de l’IRSN, où il est clairement mis en évidence que les REP (Réacteurs à Eau sous Pression, solution technique utilisée en France et en Belgique notamment) ont des points faibles découverts après Tchernobyl, notamment les scénarios d’endommagements du coeur, qui ne sont pas prédits avec exactitude ou mal connus (voir ici) et font toujours l’objet de recherche, 20 ans après, et celui d’une diminution de la concentration en bore de l’eau du circuit primaire (dite « bouchon d’eau claire »).

Je précise que ce dernier phénomène s’est produit deux fois en France, à la centrale du Blayais, sans conséquence catastrophique. Voir ici pour le récit alarmiste, ici pour celui de 2004 (pas de trace pour celui de 1989) pour la confirmation des incidents relatés.

Enfin, si vous faîtes encore confiance à Internet …
par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Jeudi 25 janvier 2007

Il est encore possible, vingt ans après, de retrouver sur Internet des informations précises et techniques sur l’explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl. Ceci nécessite quelques recherches, mais on finit par trouver les détails.

Le mécanisme exact ayant conduit à l’accident est un emballement de la réaction nucléaire, ce qu’on nomme un accident de criticité. Une réaction nucléaire possède trois régimes possibles :

  • sous-critique : la réaction nucléaire diminue et s’éteint.
  • critique : la réaction nucléaire s’entretient sans augmenter
  • sur critique : la réaction nucléaire augmente. Dans ce domaine, on distingue deux régimes, suivant que l’augmentation est lente ou instantanée.

Dans un réacteur on utilise les trois régimes, tout en cherchant à ne jamais se trouver en situation de criticité instantanée. En particulier, on utilise le régime sur-critique pour accélérer (doucement !) le réacteur. Ce régime utilise des neutrons dit retardés, car apparaissant du fait de réaction nucléaires secondaires, dans un laps de temps qu’on peut surveiller (de l’ordre du plusieurs dizaines de secondes).

La réaction nucléaire est par ailleurs contrôlée, limitée devrait-on dire, par la présence de matériaux qui absorbe les neutrons, nécessaires à la réaction. Ces matériaux sont présents dans des barres de contrôles, qu’on plonge plus ou moins dans le cœur suivant que l’on souhaite accélérer ou réduire la réaction. Sans la présence de ces barres, le réacteur s’emballe et peut exploser. C’est ce qui s’est passé à Tchernobyl, où, pour faire des « tests », les barres ont été retirées du cœur au-delà de ce qui était autorisé et les équipements de refroidissements en partie désactivés.

Le défaut du réacteur utilisé à Tchernobyl, de type RBMK, est qu’il possède des régimes de fonctionnement auxquels il a un coefficient de vide dit positif, c’est-à-dire que l’emballement de la réaction ne s’arrête pas seul.

En effet, tout les mécanismes de secours qu’on peut actionner en cas de criticité instantanée, à la main ou automatiquement, sont inopérant car ils ne réagissent pas assez vite. Dans le cas de Tchernobyl, l’emballement n’a duré que 4 secondes et la puissance dégagée a dépassé d’un facteur 80 la puissance maximale du réacteur.

Ce dégagement de puissance a fait exploser le combustible radioactif, c’est-à-dire les pastilles d’oxyde d’uranium, et c’est cette explosion qui a soulevé la dalle supérieure du réacteur, d’un poids, selon les sources, compris entre 450 et 2000 tonnes, à une hauteur de 14m.

Une seconde explosion a ensuite eu lieu, probablement une explosion d’hydrogène, quelques secondes après.

Dans les réactions utilisées en Europe occidentale, de conception REP, ce phénomène est beaucoup plus improbable, car ils n’ont pas de régime de fonctionnement à coefficient positif. En effet, en cas de dégagement d’une forte quantité d’énergie, les neutrons ne sont plus « modérés », c’est-à-dire ralentis. Or ils doivent être ralentis pour entraîner la fission de l’uranium. Dans un réacteur REP, c’est l’eau liquide sous pression qui ralentit ces neutrons. Si elle se vaporise elle ne joue plus son rôle, stoppant l’augmentation de la réaction. Dans les réacteurs RBMK, c’est le graphite qui joue le rôle de modérateur, et celui-ci ne modifie pas son comportement lors d’une brusque augmentation d’énergie.

Au début du paragraphe précédent, j’ai bien dit plus improbable. Tout dépend en combien de temps l’eau s’évapore … Je n’ai pas trouvé d’information sur ce temps. Des expérimentations sur les cas de criticité sont faites par le CEA en laboratoire. Des exercices existent en cas d’accident grave. Ce qui sous-entendrait que c’est techniquement possible ?

En imaginant qu’un tel scénario se produise, rassurons-nous, il y aura tout de même une protection métallique (la cuve) et deux enceintes de béton pour empêcher qu’une éventuelle explosion ne se propage à l’extérieur. Reste que, sur la plupart des centrales existantes, il n’existe pas de dispositifs de captation de l’hydrogène, appelés recombineurs, qui pourraient empêcher une explosion d’hydrogène.

Voici donc la conclusion à laquelle je suis arrivé : un réacteur nucléaire est constitué des même ingrédients qu'une bombe A, moins concentrés, peut exploser, peut-être plus fort que Tchernobyl (les soviétiques, en faisant une simulation simplifiée, avait constaté que les résidus du coeur, fondus, pouvait constituer une masse critique susceptible de dégarer une explosion atomique de ... 3 ou 5 mégatonnes, 80 fois Hiroshima, en particulier si le coeur fondu entrait en contact avec la nappe phréatique). Tant qu’on le contrôle …

Mais au fait, toutes ces informations trouvées par Internet, en quoi sont-elles dignes de confiance ? Ce sera le sujet de la suite de cet article …

par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Jeudi 4 janvier 2007
Thèse, antithèse, critique, partis, toutes ces notions montent en gamme dans l’espace médiatique français à l’occasion des débuts de la campagne présidentielle. Et ce n’est qu’un commencement …

Nous verrons donc s’affronter sous nos yeux enthousiastes pour certains, attentifs pour d’autres, écœurés pour d’autres encore des idées, des propositions, des programmes, qui s’attacheront le plus possible à se démarquer, par leur contenu, de ceux du voisin.

L’affrontement tournera invariablement autour de la mise en scène de grandes oppositions : France / Europe, liberté de s’enrichir / société solidaire, nationalisme / ouverture des frontières, étatisme / initiative privée, bien être individuel / bien être collectif, égalité des chances / droits, égalitarisme / communautaro-particularisme, banlieues / centre ville, Paris / province, changement / conservatisme, rupture / réforme pour n’en citer que quelques-uns.

Certains points feront probablement l’objet, comme lors des épisodes précédents, d’une unanimité solennelle (sans toutefois jamais donner lieu à union nationale) : lutte contre le chômage, valeurs de la république, défense de la laïcité, lutte contre la crise de la démocratie, la France éclairant le monde, volonté de (re)trouver une France forte, éducation, vigueur économique, etc.

Dans toutes ces discussions, nous devrons prendre parti, et serons sommés de porter notre voix sur un seul nom.

Je fais ici le constat d’un triple manque dans cette forme d’interaction : manque de personnalisation, manque de dialogue, manque de cohérence.

Manque de personnalisation, car les discours qui nous sont adressés sont généraux, globaux, et s’adressent plus à des masses, à des groupes, voire à la société dans son ensemble, qu’à des personnes. Même dans des cas plus concrets, ils n’adressent que des facettes socio-économiques du citoyen. Par exemple, il s’agit de donner du travail à chacun, ou des revenus à chacun, nous considérant comme des travailleurs ou des acteurs économiques.

Manque de dialogue car ils s’inspirent beaucoup, dans leur réflexion, de données simplifiées relatives aux citoyens (statistiques, sondages) et peu de données riches, issues d’un échange appuyé avec des citoyens (je reviendrai sur les initiatives de campagne participative de Ség. Royal qui sont en cours).

Manque de cohérence, car les discours / programmes qui nous sont servis sont radicalisés, en cela qu’ils insistent sur les éléments les plus originaux, les plus différentiateurs, qu’ils instillent des camps, des clivages, au détriment d’éléments qui font consensus. Au point de chercher la caricature.

Vous me direz : quoi de plus normal ? Ne s’agit-t-il pas de conduire une partie des activités de la société tout entière, de la nation, par la voie de représentants élus, et donc d’une part de généraliser et d’abstraire, d’autre part de ne pas perdre son temps dans l’écoute, et enfin d’être efficace dans la concurrence entre candidats ?

Certes, mais comment ces attitudes peuvent-elle prétendre au bien-être de chacun en le caricaturant autant ? En étant si loin de lui ? N’est-on pas à une concentration de la représentation qui est maintenant bien trop grande pour avoir une chance d’être synonyme d’efficacité ?

Du temps (s’il a jamais existé !) des idéologies et des religions dominantes, d’une communication diserte, d’une solide discipline bourgeoise, d’un cadre national indépassable, une certaine uniformité des attitudes et psychologies pouvait passer pour compatible avec cette forme de démocratie.

Avec la disparition ou l'épuisement de ces cadres, sous les coups de boutoirs de la liberté pour beaucoup d’entre eux, désormais acquises et inaliénable (mais que certains continuent de vouloir aliéner : nationalisme, contrôle médiatique, ordre juste), nous sommes en pleine dispersion des opinions, des comportements, des jugements.

Je pense sincèrement, en conséquence, qu’une réflexion profonde est nécessaire sur les relations entre démocratie et personnes, pour mieux y faire intervenir l’interaction, et avec elle les soubassements psycho-sociaux qu’elle suppose, dans la représentation de chaque citoyen.

Et que le recours à la loi comme forme d’action et de réglementation des détails de notre vie, la théâtralisation par les clivages et les affrontements, les comportements à la hussarde, genre CPE et autre constitutions européennes parachutées, la prépondérance de l’exécutif dans notre système démocratique, et son emblème le Président de la République Française doivent être combattus. Assez des discours martiaux, du centralisme nombriliste, des solutions assénées sans aller plus loin qu’une représentation symptomatique des problèmes !

Dans ce contexte, comment ne pas voir dans feu la recherche du consensus de l’espace antilibéral une tentative et un échec dans ce domaine ?

Que penser également des initiatives de campagne participative de Ség. Royal ? Leurre ou franc changement ? Ne tirons pas sur la possible ambulance : cet effort est louable et précieux. Mais parviendra-t-il : à dépasser le stade d’une campagne pour impacter le fonctionnement de la démocratie ? A faire naître des idées neuves ? A favoriser le consensus ? A faire participer assez largement autour de lui ? Ou bien simplement à donner l’illusion d’une écoute, une sorte de fausse modestie du politique ?

Tâchons d’en savoir plus sur les complexes et précieux soubassements nécessaires avant d’en juger !
par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Vendredi 15 décembre 2006

Aujourd’hui découverte de Agoravox fr. Un blog d’actualité avec fils de commentaires, très riche et intéressant. Un exemple : « Les ventes s’effondrent sur iTunes », qui relance le débat sur MP3 et P2P.

Alors, les Kazaa, eMule, eDonkey ont-ils succombés  à la réglementation ou bien les sites de ventes en ligne sont-ils en perte de vitesse ? La confrontation ne semble pas terminée. Mais les signes de licence globale ne trompent pas : la réalité se situe probablement dans le second camp aujourd’hui.

En y réfléchissant un peu, je pense que la menace envers l’industrie est très difficile à contrer. Pourquoi ? L'industrie musicale est habituée à vivre avec la copie illicite. Souvenez-vous des copies de cassettes ! Mais la lenteur du processus de copie limitait le phénomène. Maintenant, avec le P2P, la copie est instantanée et accessible à chacun. L'industrie musicale n'aurait donc qu'une issue : rendre la copie plus "coûteuse" que l'achat.

Seulement, les DRM actuels ne sont pas de nature à empêcher le P2P de fonctionner. Un DRM vraiment contraignant devrait prévoir un système de chiffrement (cryptage si vous préférez le terme) du flux audio, de manière à ce que, sans clé de déchiffrement, le morceau soit illisible ou inaudible. Par ailleurs, cette clé devrait être délivrée en contrepartie du paiement de la licence, et personnalisée pour chaque licencié. Qui devrait donc disposer d'une identité numérique unique, placée sur un support physique non copiable, genre carte à puce.  La copie serait ainsi plus difficile, car directement inopérante.

Oui, mais elle n’empêche pas la capture des pistes audio, leur transformation en MP3 (rip) et leur partage !

C’est là le problème. A part tenter de dissuader la copie, et lui faire porter un risque financier (amendes, condamnation), il n’y a pas grand-chose de faisable. Rendre la copie physiquement impossible semble … impossible ! Sauf à revenir sur le choix du numérique comme support …  ou instaurer une taxe (licence globale).

En réalité, je crois que l’industrie musicale est, pour son malheur, sous les feux de deux phénomènes liés à Internet, qui sont la culture « Open Source » d’une part (les pistes musicales sont librement disponibles (ou presque)) et échanges P2P, la dimension collaborative qu’est en train de prendre Internet.

La seule issue stable semble être de faire CONFIANCE aux Internautes pour qu’ils paient la licence leur donnant le droit d’écouter les titres / albums. Une des autres caractéristiques d’Internet : la confiance entre acteurs y joue un rôle accru, en raison de la distanciation physique introduite dans certains cas. La coercition ne fonctionne guère.

Internet va-t-il détruire l’industrie musicale ? En tout cas il va, dans ce cas précis, fragiliser très sérieusement cette activité a l'air à peu près sur ...

par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Jeudi 14 décembre 2006

En faisant le bilan des articles et discussions sur mon blog, j’en arrive à la conclusion qu’une autre voie que celle préconisée par la gauche gouvernementale doit être empruntée ET DOIT SE CONSTRUIRE DES MAINTENANT pour pouvoir espérer que, dans notre avenir, les valeurs d’égalité, de solidarité et de liberté puissent non seulement continuer à exister mais poursuivre leur développement.

Une rupture s’effectuera malgré nous (mais dans le mauvais sens) si nous ne réagissons pas, de part l’exacerbation de l’antagonisme existant entre libéralisme et maintien d’un Etat fort, capable de mener sa mission, et en ayant les moyens, notamment les moyens financiers. Seul un Etat consistant et doté de la force de frappe nécessaire peut assurer les missions de solidarité, égalité et liberté.

Or le libéralisme se fait de plus en plus fort et irrésistible, par le biais de sa globalisation, qui échappe aux frontières et donc aux Etats. Il met désormais les Etats directement en concurrence les uns avec les autres, et pénalise de plus en plus ceux qui ont les coûts de main d’œuvre et les prélèvements sur les bénéfices du capital les plus élevés, n’hésitant pas à délocaliser pour cela. La France fait partie de ces pays cibles : seule la Suède possède en Europe un coût moyen de main d’œuvre plus élevé que nous, et nous avons le plus fort taux de taxation du capital en Europe. Je pense, au-delà de cette position, que, si nous n’agissons pas pour mettre le libéralisme sous contrôle (au moins), nous serons les principales victimes européennes de ce phénomène.

Certes, nous ne sommes pas pour le moment dans l’œil du cyclone, nous sommes en lisière, mais il approche. Et vu son ampleur, qui ira croissante avec le développement des grands ensembles que sont l’Asie et l’Inde, il faut réagir MAINTENANT !

Dans tout cela, le pire est que  l’Europe actuelle RENFORCE le libéralisme, elle est dans un mouvement contradictoire ! Elle ne protège pas de la globalisation, mis à part le secteur de l’agriculture, a tendance à développer cette globalisation au sein de l’UE elle-même et encourage de surcroît les Etats à réduire leur capacité financière. Sans parler d’une tendance à l’orthodoxie financière (réduction des déficits) en totale contradiction avec les pratiques dominantes (regardez les divers déficits des USA) et avec une politique monétaire qui pourrait donner plus d’air. Un modèle digne des pays d’Amérique Latine, tout droit sortie de l’orthodoxie financière du FMI ! Qui ne vaut pas pour une COMMUNAUTE d’Etats.

Ceci est d'autant plus important si on tente d'évaluer la responsabilité de l'Europe dans l'avenir qui se profile. Car je conclus également que le débat sur l'infléchissement du libéralisme, qui peut porter sur la place du capitalisme, celle de la spéculation financière, sur l'économie de marché, sur la globalisation, peut agir sur chacun de ces thèmes pour apporter une réponse. Mais une question domine : dans un monde globalisé, peut-on apporter des réponses uniquement nationales ? Je ne le pense pas.

Enfin, il ne s’agit pas ici de prétendre non plus que l’intervention étatique d’aujourd’hui est optimisée. Avec un prélèvement de la richesse nationale à 44,2% du PIB, et le constat alarmant du chômage, de la précarité, de la pauvreté, etc, il y a visiblement un problème. Lequel ? Plusieurs peuvent être évoquées:

  • La solidarité nationale ne jouerait pas assez en faveur de l’aide aux plus défavorisés. Quelques
    chiffres : en 2003, sur un total de 464 milliards d’euros de prestations dites « sociales », 164 était destinés à la santé, 199 aux retraites, 43 aux prestations maternité / famille, 36 à l’emploi (chômage et retour à l’emploi), 13 au logement et 6 à la pauvreté et l’exclusion ! Pour moi c’est clair : il faut redéployer des retraites vers l’emploi, le logement et l’exclusion.
  • Elle favoriserait trop l’assistanat au détriment de la dynamisation de la création de valeur. Je n’ai pas d’avis sur la question, ceci est difficile à mesurer.

Je ne conclus pas sur les modalités, à savoir la meilleure attitude politique à adopter, vous pouvez pour cela consulter l’article de Le passant intitulé « Tous ensemble, tous ensemble » qui donne un avis intéressant sur cette question.

par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Mardi 5 décembre 2006

Grâce au commentaire de lepassant (Cf note précédent), j’ai pu enrichir ma réflexion sur le sujet non seulement du contenu de sa réponse mais aussi du contenu de son blog, que j’ai lu complètement et que je trouve fort intéressant. Je vous en conseille chaudement la lecture si vous ne connaissez pas la théorie de la médiation. Je ne me lancerai pas dans un résumé, qui est une affaire de spécialiste, mais simplement je dirais que cette théorie permet de créer un pont entre rapport social, conflits et comportement économique, et de mieux faire la part entre ce qui est du ressort social dans l’économie et ce qui ne l’est pas.

Par extension, sur le terrain socio-économique, de nombreuses réflexions sont en cours et des alternatives tentent de se développer. Nous avons tous entendu parler d’alter mondialisme, d’antilibéralisme, de communisme. Au-delà de Bernard Maris, que je citais dans l’article précédent, il existe bien d’autres pistes. Je suis tombé ainsi par hasard sur l’ouvrage « Dictionnaire de l’autre économie » dont l’ambition est d’en présenter une référence.

Sans avoir lu tout cela et le connaître en détail, n’étant pas économiste, je peux néanmoins esquisser un regard sur les flux de richesse d’aujourd’hui.

Au préalable, dressons un portait de nos maux. Il existe plusieurs problèmes différents qui n’appellent pas tous, pris individuellement, la même réponse. Le premier réside dans la pauvreté de certaines personnes de notre société. Ces personnes ne reçoivent pas assez de richesse pour subsister dignement. Parmi celles-ci, certaines travaillent et d’autres sont sans emploi. Le second problème réside dans la menace qui pèse sur la redistribution actuelle des richesses, qui n’est déjà pas suffisante. Les mécanismes de transfert de richesse – ils sont légions : taxes, impôts, charges représentent les prélèvements, subventions, dépense publique, aides représentent le reversement - qui sont assurés par l’Etat, sont menacés car l’Etat n’arrive plus à joindre les deux bouts, entre dépenses qui progressent, ponctions qu’on ne peut porter plus haut au risque de plonger l’économie dans la dépression, et service de la dette à assurer. Au cœur de ce dernier phénomène il y a d’une part un phénomène démographique (vieillissement de la population) et d’autre part une mise en concurrence accrue des entreprises (libéralisation, mondialisation) qui les obligent à être toujours plus performantes pour subsister et remplir les missions des actionnaires.

Première question : la notion d’économie est-elle en cause ? Clairement non. Car l’économie est le système par lequel s’effectuent la production, la distribution et la consommation des biens et des services, qui rend possible la création des richesses et leur acquisition. Cette notion est indispensable si on veut parler de circulation de la richesse.

Deuxième question : la notion de marché est-elle en cause ? Non plus. Le marché est une forme d’échange de richesse. Lorsqu’un consommateur s’appauvrit en achetant sur ce marché, il fournit une richesse supplémentaire à un moyen de production qui le réinjectera sous forme de richesse en payant ses travailleurs, en procédant à des achats sur d’autres marchés et en en donnant une partie à l’actionnaire. La notion même n’est donc pas en cause.

Ce qui est en cause, c’est à mon sens deux choses. La première, c’est l’inégalité de la répartition des richesses, qui a tendance à rémunérer le possesseur du capital, en position de force (propriété) par rapport au travailleur. Divers mécanismes correctifs sont d’ailleurs en place pour contrebalancer cette tendance : intéressement, impôts sur les bénéfices. J’y reviendrai un peu plus loin.

La seconde c’est la géographie du transfert de richesse, qui s’effectue depuis le consommateur vers le travailleur, le possesseur du capital et d’autres marchés. Dans notre contexte d’aujourd’hui, ces transferts sont de plus en plus internationaux et échappent de plus en plus aux nations et à leurs mécanismes de redistribution domestiques.

Troisième question : l’Etat est-il en cause ? Non, car sans Etat il n’y a pas de redistribution contrôlée et donc équitable au profit de ceux qui en ont besoin. Fonctionne-t-il correctement ? Aujourd’hui en France l’Etat pompe plus de 50% de la richesse nationale, et force est de constater qu’il ne réemploie pas suffisamment ces moyens pour réduire les inégalités. Je sais qu’il n’a pas que ce chat-là à fouetter, entre services publics, service de la dette et services administratifs. Peut-être faudrait-il placer les priorités différemment, et renouveler, tout en le formalisant, le contrat qui lie l’Etat au citoyen. Un contrat non pas coercitif, mais plus responsabilisant, et tordant le cou à l’absence de contrepartie à l’aide.

Là aussi la disparité géographique est facteur de déséquilibre. Un Etat libéral ponctionnera moins son économie, qui sera en meilleure santé financière, qui pourra être donc plus performante et plus attrayante pour l’actionnaire, et menacera une économie plus ponctionnée. Cela s’appelle également le dumping social. La mondialisation, là encore, met de plus en plus les Etats en concurrence.

Quatrième question : les politiques monétaires sont-elles en cause ? Les monnaies, plus précisément leur taux respectifs, sont des phénomènes de correction des disparités de richesse, car elles tendent à rééquilibrer les balances extérieures.

Lorsqu’un Etat n’a plus cet outil, il est handicapé. Je pense que c’est notre situation aujourd’hui. La BCE doit être mise au service des échanges internationaux et non pas au service du crédit bon marché.

Cinquième question : la notion de capital est-elle en cause ? Difficile de répondre. Car le capital, surtout son possesseur, est bien celui qui place la performance financière en priorité par rapport à d’autres aspects, comme l’emploi. En cela il incarne un rôle coercitif vis-à-vis du chef d’entreprise. Il oblige l’entreprise à bien se porter. Parfois trop bien. Est-il le seul à pouvoir le faire ? Probablement non. Est-ce le seul moyen de financer une entreprise, de la vendre ? Non plus. Alors ? C’est le système qui incarne le plus l’obligation de performance. Et qui, du coup, tue tout les autres à long terme.

Sixième question : la spéculation financière est-elle en cause ? Oui. Elle aggrave les tendances du court terme (la spéculation s’empare volontiers de la rumeur). Elle a également le pouvoir de perturber les mécanismes autrement dédiés à la régulation (attaques spéculatives). Comment la contrer ? Je ne vois pas.

Voici en tout cas qui m’éclaire un peu plus. J’identifie ainsi quatre causes fondamentales :

  • La géographie de la circulation des richesses échappe de plus en plus aux Etats nations. Les accélérateurs en œuvre se nomment libéralisation et mondialisation.
  • Les perturbateurs de la redistribution se nomment bien capitalisme et spéculation financière. Ils ne l’empêchent cependant pas.
  • L’Etat peut mieux assurer sa mission de redistribution et de dynamisation. Au centre de cette mission on doit trouver un contrat entre l’Etat et le citoyen.
  • L’Etat ne dispose plus d’instruments monétaires efficaces.

La première de ces causes me paraît l’emporter, en potentiel de nuisance, sur les autres. Et elle me suggère la conclusion suivante : à moins de revenir en arrière, en revenant sur la globalisation des échanges, qui me paraît difficile, seul un Etat transnational, européen, doté d’une politique sociale et économique coordonnées, tournée vers la redistribution des richesses vers ceux qui en ont besoin – un Etat de gauche donc - peut contrebalancer l’élargissement géographique auquel nous assistons. En gros, les territoires de l’échange s’élargissant l’Etat doit suivre. Aux frontières de cet ensemble, il faut appliquer des mécanismes de correction pour lutter contre le dumping social et mener une politique monétaire régulatrice. De manière marginale, il est possible d’expérimenter des formes de possession du capital qui ne soient pas internationales mais domestiques, et donc créer des possessions par les salariés de l’entreprise elle-même, proportionnellement à leurs salaires par exemple, avec des mécanismes où l’Etat serait le pourvoyeur des capitaux initiaux.

Question subsidiaire: comment combattre le chômage ? J'ai deux pistes. En rémunérant directement les entreprises proportionnellement au nombre d’employés nationaux d’une part, qui est une manière durable de baisser les charges sociales. En encourageant la création d’entreprise d’autre part, car leur lancement peut créer mécaniquement de la richesse, si il a recours à l’emprunt. Si on raisonne globalement, l’évolution des richesses en circulation dépend de trois facteurs : le taux d’épargne, le recours au crédit, l’évolution des changes

Je ne prétends pas que cette analyse soit parfaite. Si vous avez une remarque, n’hésitez pas. Le but est d’essayer de faire « la part des choses » entre emblèmes politiques et véritables solutions. Qu’en pensez-vous ? Voyez-vous une personnalité - genre économiste - qui traite de ces questions aujourd'hui ?
par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Samedi 2 décembre 2006

La croisée des chemins, c’est se déterminer s’il faut adopter un style de solution radical aux problèmes sociaux, fondé sur la rupture avec le capitalisme, ou bien s’il faut aller vers un style de conciliation, resté dans ce cadre et tenter de réguler.

Un avis sur la question : celle de l’économiste Bernard Maris, dont une interview a été publié dans Libé (pour ceux qui doutent que ce soit un journal de gauche … et que faut-il mettre derrière ce terme).

L’alternative créatrice dans la coopération qu’il met en avant me paraît un peu vague. Quelqu’un connaît la personne ou ses théories ? Quelqu’un a-t-il un avis sur son bouquin ?

par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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Mercredi 29 novembre 2006

Je suis en formation en ce moment (Cf article précédent), dans un contexte on ne peut plus mondialiser, « offshoriser » si je peux me permettre cette horreur, où la seul langue qui existe est l’anglais. Et en France …

 J’essaye d’en profiter personnellement sans me faire avaler par cette machine à faire du chiffre d’affaire et du commerce dans laquelle je suis. L’intérêt de ces périodes de formation est qu’elle manipule beaucoup de CONCEPTS, et portent donc à la réflexion. Même si ce n’est pas forcément dans le sens des messages qui me sont délivrés …

Ce matin, 8h30, la présentation défile, les « top » managers aussi. Nous parlent du business de demain. Au lieu de gober ceci tout cru (ça a un goût bizarre de Web 2.0), j’ai cherché à caractériser ce mouvement à tendance planétaire (globalisation oblige), qui régit l’économie de marché aujourd’hui. J’en arrive à la description suivante.

C’est une machine que rien ne semble pouvoir arrêter, dont le moteur est incontestablement l’innovation, qui produit la nouveauté. Les dirigeants / hommes d’affaire reprennent alors ces nouveautés, pour gagner ou créer de nouveaux marchés, et ainsi se doter d’un avantage compétitif qui leur assurera de faire un chiffre extraordinaire, et ainsi de remplir les objectifs délirants qu’à fixer l’actionnaire. Ou bien même de faire surgir un nouveau marché à la vitesse de la lumière.

Les succès ainsi remportés sont connus et alors vécus comme des menaces, de concurrence ou de disparition, pour tous ceux qui n’ont pas emprunté ces nouveautés et qui sont acteurs des marchés. Ceux-ci se précipitent alors pour s’aligner et adopter la même tactique.

Et voilà la machine à changement en marche … elle ralentit parfois, lorsque les conditions sont un peu moins favorables, mais pour repartir de plus belle. Elle ne s’arrête jamais. Et en ce moment elle s’emballe. Les nouveautés sont légions : TIC (Technologies de l’I… et de la C…), délocalisation, orientation service, recentrage sur le cœur métier, fusion, etc. 

Cette accélération concerne de plus en plus de pans de l’économie d’aujourd’hui. Il y a de moins en moins de secteurs qui soient traditionnels et qui ne soient pas bouleversés par ce phénomène, au cœur duquel on trouve notamment les TIC comme moteur perpétuel d’innovation et servant de toutes les folies structurelles.

Ces principes favorisent des démarches court-terme, tournées directement vers l’opérationnel, au détriment des visions stratégiques. Le monde économique est gagné par le « court-termisme ». 

Il manque pourtant un élément dans ma description. Vous voyez ? Non ? Normal. Il n’y a pas une place centrale. Il apparaît souvent sous le nom « Client » ou « Employé ». C’est l’humain. L’humain est à la périphérie de cette mécanique, centrée sur l’argent, la valeur (qui mesure le désir d’acquisition moyennant finances de biens ou services), la rémunération du capital, le marché …

A ce point les eaux de ce torrent tourmenté et dévalant une pente de plus en plus forte se séparent en deux flots. Celui du marché continue sa course, charriant roches et emportant les arbres de la berge. Celui des idées se jette alors dans une étendue plus vaste, mais parcourue de vortex. Un lac aux eaux tourmentées. 

Faut-il, peut-on laisser ce torrent intrépide, que personne ne maîtrise et qui est de plus en plus difficile à canaliser ou à ralentir, posséder crescendo nos existences ?

Certains répondront oui, croyant en une conciliation possible entre les principes décrits et ceux, humanistes, qui nous avons hérité d’efforts et de combats successifs : Lumières, révolutions, républiques, démocratie, socialisme. Pourtant, cette machine est prête à ignorer certaines valeurs. Prenez par exemple celle-ci : tout individu devrait recevoir sans grande peine les moyens de sa subsistance. Amendement rejeté par les marchés ! C’est le domaine de l’Etat, répondent-ils, je ne peux pas, je ne veux pas, je ne sais pas répondre. 

Alors l’Etat corrige les inégalités, en ponctionnant ceux qui ont beaucoup pour donner aux autres. Et en encourageant la croissance pour augmenter ses rentrées. Mais pour que ceci puisse continuer à fonctionner, pour garantir le pouvoir d’achat de chacun, il faut que la nation capte les richesses produites par le biais d’entreprises établies sur son sol et / ou employant sur son sol. Ouvrons les yeux : cette captation est de plus en plus compromise, LES FRONTIERES ECONOMIQUES DISPARAISSENT avec la globalisation, rendue possible par le libre échange. Les grandes entreprises sont globalisées. Et se déploient au moindre coût à travers le monde.

Je pense que ce grand écart ne fait que freiner et masquer un futur appauvrissement Européen. Et qu’il faut combattre cet état de fait. Examinons quelques pistes. 

Mettre en place un Etat mondial, chargé de veiller au pouvoir d’achat de toute la population ? (Rires)

Mettre en place des structures européennes pour s’adapter à la disparition des frontières économiques entre les nations ? Ceci peut avoir un effet au sein de l’Europe, et à condition qu’elle se dote d’instances véritablement régulatrices (sociale, démocratique, politique) et ne soit pas simplement destinée à effacer encore un peu plus ces frontières …  Ce qu’elle est aujourd’hui : l'Europe est A CONTRESENS. De plus, ceci n’empêchera pas certaines activités de ne pas être sous influence Européenne, et de s’envoler pour l’Inde, l’Asie, l’Amérique Latine. 

Fermer les frontières ? Trop tard, tout simplement. La dépendance de l’économie vis-à-vis du commerce extérieure et de la croissance est trop forte dorénavant.

Il ne reste qu’une solution : lâcher prise, accepter de revenir sur les principes humanistes. C’est ce qui est en train de se passer. Suivre le torrent du changement. 

Vous l’acceptez peut-être, moi pas. C’est une menace considérable qui suppose un appauvrissement intellectuel énorme. Riche et crétin ou pauvre et humain ? C’est en ces termes que se joue le futur.

N’est-il pas temps de dire STOP, réfléchir, fonder des réponses sur une approche sage (philosophique s’entend), envisager l’avenir, combattre ? Je pense que c’est URGENT.

PS : en lisant l’article, on pourrait croire au cri du loup, à l’exagération. Je pense sincèrement qu’il n’en est rien, et que ce sont des signes avant coureurs que nous observons, pas des maux dont les remèdes arriveront sans tarder … Nous allons vers une idéologie intégrant la chance donnée à chaque personne, et ses contreparties, la malchance ou la perte, et non pas uniquement sur les droits de l'individu.

par L'Arrosoir publié dans : Réflexion
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