En faisant le bilan des articles et discussions sur mon blog, j’en arrive à la conclusion qu’une autre voie que celle préconisée par la gauche gouvernementale doit être empruntée ET DOIT SE CONSTRUIRE DES MAINTENANT pour pouvoir espérer que, dans notre avenir, les valeurs d’égalité, de solidarité et de liberté puissent non seulement continuer à exister mais poursuivre leur développement.
Une rupture s’effectuera malgré nous (mais dans le mauvais sens) si nous ne réagissons pas, de part l’exacerbation de l’antagonisme existant entre libéralisme et maintien d’un Etat fort, capable de mener sa mission, et en ayant les moyens, notamment les moyens financiers. Seul un Etat consistant et doté de la force de frappe nécessaire peut assurer les missions de solidarité, égalité et liberté.
Or le libéralisme se fait de plus en plus fort et irrésistible, par le biais de sa globalisation, qui échappe aux frontières et donc aux Etats. Il met désormais les Etats directement en concurrence les uns avec les autres, et pénalise de plus en plus ceux qui ont les coûts de main d’œuvre et les prélèvements sur les bénéfices du capital les plus élevés, n’hésitant pas à délocaliser pour cela. La France fait partie de ces pays cibles : seule la Suède possède en Europe un coût moyen de main d’œuvre plus élevé que nous, et nous avons le plus fort taux de taxation du capital en Europe. Je pense, au-delà de cette position, que, si nous n’agissons pas pour mettre le libéralisme sous contrôle (au moins), nous serons les principales victimes européennes de ce phénomène.
Certes, nous ne sommes pas pour le moment dans l’œil du cyclone, nous sommes en lisière, mais il approche. Et vu son ampleur, qui ira croissante avec le développement des grands ensembles que sont l’Asie et l’Inde, il faut réagir MAINTENANT !
Dans tout cela, le pire est que l’Europe actuelle RENFORCE le libéralisme, elle est dans un mouvement contradictoire ! Elle ne protège pas de la globalisation, mis à part le secteur de l’agriculture, a tendance à développer cette globalisation au sein de l’UE elle-même et encourage de surcroît les Etats à réduire leur capacité financière. Sans parler d’une tendance à l’orthodoxie financière (réduction des déficits) en totale contradiction avec les pratiques dominantes (regardez les divers déficits des USA) et avec une politique monétaire qui pourrait donner plus d’air. Un modèle digne des pays d’Amérique Latine, tout droit sortie de l’orthodoxie financière du FMI ! Qui ne vaut pas pour une COMMUNAUTE d’Etats.
Ceci est d'autant plus important si on tente d'évaluer la responsabilité de l'Europe dans l'avenir qui se profile. Car je conclus également que le débat sur l'infléchissement du libéralisme, qui peut porter sur la place du capitalisme, celle de la spéculation financière, sur l'économie de marché, sur la globalisation, peut agir sur chacun de ces thèmes pour apporter une réponse. Mais une question domine : dans un monde globalisé, peut-on apporter des réponses uniquement nationales ? Je ne le pense pas.
Enfin, il ne s’agit pas ici de prétendre non plus que l’intervention étatique d’aujourd’hui est optimisée. Avec un prélèvement de la richesse nationale à 44,2% du PIB, et le constat alarmant du chômage, de la précarité, de la pauvreté, etc, il y a visiblement un problème. Lequel ? Plusieurs peuvent être évoquées:
- La solidarité nationale ne jouerait pas assez en faveur de l’aide aux plus défavorisés. Quelques
chiffres : en 2003, sur un total de 464 milliards d’euros de prestations dites « sociales », 164 était destinés à la santé, 199 aux retraites, 43 aux prestations maternité / famille, 36 à l’emploi (chômage et retour à l’emploi), 13 au logement et 6 à la pauvreté et l’exclusion ! Pour moi c’est clair : il faut redéployer des retraites vers l’emploi, le logement et l’exclusion.
- Elle favoriserait trop l’assistanat au détriment de la dynamisation de la création de valeur. Je n’ai pas d’avis sur la question, ceci est difficile à mesurer.
Je ne conclus pas sur les modalités, à savoir la meilleure attitude politique à adopter, vous pouvez pour cela consulter l’article de Le passant intitulé « Tous ensemble, tous ensemble » qui donne un avis intéressant sur cette question.
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