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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Lundi 5 mars 2007
Au conseil européen de la fin de cette semaine (jeudi et vendredi), seront examinées les propositions de politique énergétique de la commission, objet d’un précédent article.

Comme pressenti dans une réaction récente, le débat va tourner autour de la place du nucléaire, source d’énergie NON renouvelable, mais ne produisant pas directement de carbone lors de son utilisation. Encore faut-il voir le coût en carbone de son extraction, de son enrichissement, de son transport, de son recyclage. Qui est sans doute bien plus élevé que l’éolien ou le solaire, même en tenant compte de l’énergie nécessaire pour fabriquer les éoliennes ou les panneaux solaires.

Mais le point le plus grave, qui est totalement anti-écologique, c’est bien sûr le problème aigu des déchets, au premier rang desquels celui du plutonium, véritable poison pour l’homme, tant pour les risques de prolifération nucléaire qu’il induit, que pour sa toxicité qui dure des dizaines de milliers d’années. Cette question est totalement occultée et c’est un scandale.

Nous sommes donc en présence de l’opposition annoncée de deux logiques : l’une, celle du volontarisme écologique, qui consiste à développer les énergies renouvelables et à privilégier les solutions les moins polluantes, les plus acceptables pour l’environnement, soutenue par l’Allemagne qui a enrôlé la Grande Bretagne, l’autre celle de l’opportunisme nucléaire, qui n’est qu’une solution partielle, dont il convient de mesurer les inconvénients écologiques à long terme.

Les deux logiques sont soutenues par des industriels : industrie éolienne et solaire très en avance outre-Rhin, bien en avance sur la France en tout cas, Areva, conglomérat public en France, qui salivent probablement tout deux à l’idée de rafler les contrats de construction de centrale (et de recyclage des combustibles pour Areva).

Dommage que ce sommet intervienne avant l’élection présidentielle, ou tant mieux, c’est selon.

Dommage car on ne verra pas les candidats majeurs à l’œuvre en pratique sur la question du nucléaire, même si on a eu un aperçu de la position de Ségolène Royal, pas franchement pour le nucléaire mais pas franchement contre non plus, et qui nous ressert le dessert d’avenir avec débat sirupeux, moratoires chocolatés mais sans donner d’avis sur le fond. Or ce fond-là, faut-il le faire dépendre d’un débat participatif ou bien d’un choix politique clair et assumé, basé sur des convictions écologiques profondes ? Je ne vous parle même pas des deux autres, même si il y a en un qui pourrait encore nous surprendre tant il est prêt à tout (et tant mieux).

Tant mieux car ils vont pouvoir s’exprimer sur ce sujet concret et je les attends avec envie, tant sur la question énergétique, que sur le sujet écologique ou européen. Je serai franchement déçu si cette question ne filtre pas dans les médias.

Et pour finir, un petit aperçu de la question à travers une dépêche pour le monde économique, disponible ici. Où on s’aperçoit que le super-patronat européen, Business Europe, présidé par E.-A. Seillière, qui coordonne les organisations patronales européennes, dont le Medef en France,  souhaite que la solution du nucléaire soit étudiée de près. Oui, car le renouvelable serait plus contraignant que le nucléaire en terme de coûts. Où sont les chiffres ? Je demande à voir.

Alors je vais voir, sur leur site, et je n’ai rien trouvé. Juste le fait qu’ils souhaitent voir étudier les impacts économiques des choix européens.

Je vais vous dire franchement : moins il y aura de nucléaire, mieux nous nous porterons. Et peut-on chiffrer le risque du nucléaire ? Les conséquences humaines, et pas simplement économique, en cas de contamination ?

Un exemple concret, une fois de plus, et sans forcer, du clivage réel entre primo-économistes et primo-humains. Les uns auront une préférence marquée pour ce qui sauvegarde la santé économique, c’est-à-dire la compétitivité, impérative dans des économies globalisées, et la possibilité de continuer à satisfaire l’actionnaire, devant les risques de dégâts sociaux ou humains. Les autres ayant une position inverse, prêts à sacrifier ou à prendre des risques avec l’économie (si toutefois il y a des risques à mettre en place des éoliennes !!!) pour sauvegarder l’humain et le sociétal.

Encore une illustration d’un antagonisme marqué et devant lequel il faut prendre parti ! Le vocable d’antilibéral a bel et bien un sens, si vous en doutiez, tentez d’infirmer la logique suivante :

1. la solution économique est plus rentable lorsqu’elle se dégage des risques sociaux ou humains qui ne menacent pas directement son activité, car elle n’en a pas à en supporter les coûts
2. la globalisation des économies tend à répandre le modèle le plus rentable
3. conjonction des deux points précédents : c’est le pays où les risques sociaux ou humains sont les plus élevés qui gagne, et a tendance à répandre ses standards, tant qu’il n’y aucune catastrophe.

Acceptez-vous d’être gouverné au niveau mondial par le catastrophisme ?

OUI : votez Bayrou, Sarko, etc.
EUH, J'HESITE : votez Royal, un pied dans chaque camp, et priez pour que San Andreas ne vous coupe pas en deux.
NON : votez alter mondialiste, donc Bové (Buffet, Laguillier ou Besancenot si vous ne pouvez pas faire autrement).
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Vendredi 2 mars 2007
Encore une ! Mais un peu plus argumentée. J’ai fait l’exercice de croiser les résultats d’un sondage CSA, le dernier en date (ici), avec le vote en ligne de votez2007.com (qui n’est pas un sondage). Ce vote en ligne est intéressant du fait de son nombre de participants, ainsi que du fait de l’absence d’un tiers dans le recueil du vote. En clair, pas de phénomène de vote FN « honteux » qui rend nécessaire le redressement dans les scores des sondages.

Mon but était de tenter une corrélation entre les deux résultats, en utilisant les proportions des différentes catégories socioprofessionnelles dans la population et sur Internet pour les comparer et en savoir un peu plus.

Armé d’Excel, j’ai reconstitué ces scores à partir des différentes données et voilà ce que ça donne :



Les calculs sur l’ensemble de la population permettent de retrouver les scores prévus par le sondage, avec une exception notable : celle de Le Pen. Alors que, projeter sur la population sur la foi des catégories socioprofessionnelles, il devrait être autour de 10%, il est crédité de 14% au final. Il est donc redresser quelque part sur l’écart expression de l’opinion de vote / intention réelle, et il serait le seul à l’être dans cet institut. Première surprise.

Mais la surprise la plus grande provient des calculs lorsqu’on projette sur la population qui fréquente Internet. Là, on obtient des écarts extrêmement grands avec les résultats du vote en ligne.

Là où je m’attendais à trouver 31% pour Royal, je tombe sur 19, pour Sarkozy 24 au lieu de 29, pour Bayrou 21 au lieu de 18, et surtout pour Le Pen 17 au lieu de 9.

Lorsqu’on connaît l’effort des deux grands partis pour être présent dans la campagne sur Internet, ceci ajoute à la perplexité. Ce sont l’UMP et le PS qui ont mobilisé le plus pour faire campagne sur Internet. Et on ne retrouve pas cette mobilisation dans les votes.

Je suspends donc mon hypothèse sur la fréquentation de ce site, qui serait représentative des catégories sur Internet, pour essayer de comprendre, et d’avoir des preuves de fréquentation par des sympathisants FN.

En faisant une recherche sur Google, j’ai donc remonté les sites qui donnent l’adresse de votez2007.com, pour essayer d’y trouver l’influence de blogs ou de sites politiques de ce mouvement.

Rien. Je remonte à des sites généralistes, à des blogs pro UDF, quelques-uns UMP ou un lien depuis Ségosphère. Mais pas de sites ou blogs FN en pagaille. Je n’en ai trouvé aucun.

Je pense alors à une présence organisée d’internautes FN sur le site. Dans ce cas, les résultats du vote Le Pen devraient varier très fortement d’une semaine à l’autre, car le nombre total de votant varie toutes les semaines et n’est pas annoncé au cours du vote. Impossible donc d’orchestrer des votes d’une force sympathisante.

Or il est relativement constant, oscillant entre 17 et un peu plus de 20% : 20,63% avec 2129 votes dans la semaine du 1er au 7 janvier, contre 17,43% avec 3893 votes la semaine passée. Entre temps, la participation au vote en ligne est passée de 10485 à 16 103 votants.

Reste bien sûr une dernière hypothèse : le site truqué ou la manipulation informatique. J’adresse donc la question suivante à l’éditeur du site : « Seriez-vous d’accord pour apporter la preuve de votre impartialité et de la juste comptabilisation des votes en vous soumettant à une enquête journalistique et un audit informatique de vos systèmes ? »

En attendant la réponse, ce score du FN me laisse donc perplexe. Est-il sous-estimé non pas de 40 mais de 70% par les instituts de sondage ?
par L'Arrosoir publié dans : Politique
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Vendredi 23 février 2007
Au jour d’aujourd’hui, on peut estimer que les deux candidats qui caracolent en tête des intentions de vote à l’élection présidentielle en France ont dévoilé leur programme. Ils ont braqué l’attention sur eux et leurs propositions.

Maintenant, leur score dans les intentions de vote va décroître, car ce sont les autres candidats qui vont proposer, et les candidats plus modestes ou encore incertains vont s’affirmer grâce à l’égalité des temps de parole, à partir du 22 mars.

Cette avance dans le discours n’est pas forcément un avantage, car les deux grands candidats s’exposent à la critique, et ne peuvent plus corriger leur position de manière substantielle sans donner l’impression de se renier.

Un « grand » candidat est à part : c’est F. Bayrou, dont les propositions n’ont pas encore totalement été portées à la connaissance des électeurs, même si il en a tout de même abondamment parlé. L’émission de lundi prochain sur TF1, dont il est invité, sera un tournant dans la campagne : il sera le dernier des 3 grands candidats à bénéficier d’une audience de ce type, avant que ne commence une phase principalement dédiée au martèlement des propositions par voie de meeting, aux débats et aux attaques.

On pourrait également considérer, à cette date, certains scores comme prémonitoires. En regardant l’historique des sondages de TNS Sofres et leur comparaison avec les résultats des élections présidentielles, on constate que les scores des candidats du PCF (Marie-Georges Buffet cette année) ou des Verts sont relativement constants et représentatifs de fin février jusqu’à l’élection.

Pour les autres candidats, le comportement est beaucoup plus volatil, mais avec une constante se répète 5 fois sur 6 dans les élections précédentes: les deux candidats en tête fin février connaissent en général une érosion jusqu’à l’élection, d’au moins 20% de leur score.

Cette année, because F. Bayrou, l’érosion risque d’être plus grande encore. A l’usure de la campagne, peut s’ajouter la fixation de l’électorat de F. Bayrou, qui pour l’instant est très volatil, mais ne cesse d’augmenter.

Et il ne faut pas oublier qu’une élection ne ressemble jamais à une élection du passé … chaque élection a ses cas particuliers !
par L'Arrosoir publié dans : Politique
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Jeudi 22 février 2007
Et oui, encore un exemple de l’extension du domaine de l’argent (et non pas de la lutte), et de ses impacts dénaturants et sélectifs. Je mets en ligne cette copie d’un article paru dans le supplément « The New York Times » du Monde.

L’exemple est assez inattendu : il s’agit du surf. J’ai un peu pratiqué ce sport, j’en suis fan, mordu même. C’est une activité très exigeante, difficile et très physique. Pour pouvoir descendre sa première vague debout (et non pas dessous, envoyer par la déferlante vers le fond, rouler dans le tourbillon du déferlement), il faut bien, en moyenne, 4 à 500 tentatives infructueuses. Tourner est une autre affaire, parcourir la vague encore une autre. Passer la « barre », c’est-à-dire la zone de déferlement, pour aller se positionner au « peak », endroit d’où on peut prendre les vagues, nécessite d’avoir une bonne condition de nageur, pour ramer avec ses bras à fond pendant au moins 1 à 2 minutes, et cela on le fait 20 ou 30 fois par session.

Le surf-business, on le connaît tous. Icône publicitaire par excellence, le domaine s’est popularisé depuis au moins 10 ans, et a permis l’avènement d’une florissante industrie de l’habillement dans ce domaine.

Le sujet de l’article, c’est que le surf aurait tendance à devenir une activité privilégiée des plus nantis, au même titre que le golf. Savez-vous pourquoi ?

Devinez, devinez. Parce que c’est à la mode ? Certainement un peu à cause de ça, mais ce n’est pas l’unique raison.

Parce que c’est pépère ? Alors là pas du tout, il faut une grosse condition physique, surtout sur des vagues qui dépassent le mètre.

Pour se rafraîchir en raison du changement climatique ? Non, mais on y viendra peut être … si on s’aperçoit que les clims c’est nocif pour le tain et la santé.

Non, vous n’y êtes pas …. C’est :

Parce que le temps d’attente entre deux séries (ensemble de vagues propices aux meilleures chevauchées) est long et laisse le temps de parler de …. business.

Si, si vous avez bien lu : business. Dans l’eau, le surfer nanti parle de business avec son alter ego tout aussi nanti et business. Il peut y mener son activité commerciale. Sur l’eau il va vendre, exemple cité dans l’article, des maisons. Le surf, c’est agréable, mais c’est tellement mieux lorsqu’on peut mener son activité d’obsessionnel du chiffre, de l’argent, du profit en même temps. Le surf, c’est beau, pur, on est dans l’océan, c’est une évasion … non allez faut pas pousser quand même, même dans le tableau le plus idyllique il faut vendre.

Vendre, vendre, vendre, partout, tout le temps, l’économique envahira jusqu’au moindre détail de nos vies, de moins en moins de place pour un rapport qui n’ait pas une arrière pensée vénale. Nous devenons – et cela continuera – des commerciaux de chaque instant, des homo businessus dont le réflexe premier, pour toute chose, sera un chiffre, une valeur. Cette pensée, là, combien elle coûte ?

Ainsi en vient-on, pour préserver certaines activités, fussent-elles physiques ou mentales, à souhaiter la limitation de ce phénomène, à promouvoir et se battre pour autre chose qu’une pensée commerciale, à se battre pour que les limites soient fixées.

Je vous l’ai déjà dit : dès qu’on réfléchit un peu au sort de certaines valeurs dans une foule d’exemple, on vire antilibéral … c’est-à-dire favorable à une limitation de la liberté économique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui afin de limiter les revenus et mettre fin à sa prépondérance comme actitivité.

Non sans cynisme, l’article dit que, de la sorte, le surf retourne à ses racines aristocratiques, dans la mesure où il s’agissait, à l’origine, d’une pratique de l’élite hawaïenne.

Attirant toujours plus de monde, et des personnes toujours plus nanties, qui font le transfert par hélicoptère vers des bateaux spécialement affrétés dans les zones de bonne vague, qui se trouve un peu partout autour du monde, et beaucoup dans les pays en voie de développement, certaines côtes, comme au Costa Rica, ont ainsi été développées (constructions touristiques) pour accueillir les foules qui viennent au surf comme on va bosser.

Le temps où ce sport était artisanal, celui d’une couche marginale, de contre-culture, une aventure,c'est du passé. Sort de toute activité humaine ?

Ce qui est amusant, c'est d'essayer de trouver une activité qui ne soit pas gagner par ce phénomène, même les élevages de mouton en plein Larzac sont touchés. Alors, vous trouvez ?
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Mercredi 21 février 2007
Ce matin …

Ca suffit !

On n’entend rien, rien de concret, tranchant, pourtant le problème est énorme. Il est mondial, il demande des changements colossaux, de l’innovation. Il faut le dire : devant le réchauffement, aujourd’hui, on est à poil !

Ce que j’ai pu lire le plus récemment en matière d’énergie, c’est cet article du Monde, qui dit « A l'avenir, le pétrole sera plus coûteux et son extraction plus polluante » parce qu’on va se mettre à extraire le pétrole extra lourd !  Jusqu’à la lie nous boirions donc les hydrocarbures ? Après, le gaz, puis, à +10 degrés de réchauffement, on s’attaquera au charbon ?

Attendons-nous pour évoluer de réagir à des états de fait, à des problèmes graves, n’avons-nous donc aucune capacité d’anticipation, ne sommes-nous donc que des bêtes réactives ?  Y a des jours comme ça …

Tous les arguments qui poussent à agir par nécessité sont bienvenus, car ils nous forcent à agir, mais allons-nous attendre d’avoir des ports inondés, des canicules 1 an sur 2, des déserts plus étendus, des guerres pour l’accès à l’eau pour faire quelque chose ? Ne croire qu’en un modèle réactif, incapable de promouvoir et de s’attacher à un idéal, de se fixer des objectifs et d’y arriver, c’est cela qui me révolte.

Quand j’entends encore des perles du genre : « Encore une invention des médias et des technocrates, le réchauffement climatique, on n’en a pas la preuve », j’ai envie de sortir le dernier rapport du GIEC, qui évalue la probabilité de réchauffement à 90%, et de dire : vous préférez ne rien faire alors qu’il y a 9 chances sur 10 pour que ça se produise ?

Et crac ! Juste après l’article du Monde, qui a pour mérite de démontrer que la fin des hydrocarbures s’annonce peut-être plus vite qu’on ne le pensait, et qu’on va bientôt marcher sur la tête pour aller chercher l’or noir, je tombe sur ça.

Tout n’est pas négatif dans cette dépêche. Mais elle a tendance à renvoyer la balle dans un autre camp, n’acceptant aucune répercutions économique majeures. Extrait avec surlignage des mots qui font bondir :

« Selon lui, la déclaration exige la mise en place par les gouvernements d'un cadre mondial permettant d'atténuer les effets du changement climatique sans affecter le développement économique et la production énergétique. Le texte demande la mise en place d'un plan définitif d'ici 2012. »

Chacun son coin, chacun son camp, chacun ses intérêts, le réchauffement climatique va évidemment dégénérer en conflit, dont l’un des plus importants sera autour du choix du nucléaire, en filigrane combat entre productiviste, pro-nucléaires, et les autres, pro-renouvelables. Surtout pas de réduction de la consommation d’énergie (ne pas affecter la production), pas de décroissance (poursuivons cette logique productiviste jusqu’au bout, aveuglément) ! Plusieurs milliers de tonnes de plutonium en plus sur la planète par an. Les réserves d’Uranium ? 50 ans au rythme de la consommation actuelle. Je ne suis pas du tout convaincu que cette position soit viable très longtemps.

Certains matins, il vaudrait mieux se lever à midi pour ne pas lire ces horreurs. On se retrouve dans l'anti-libéralisme ...

L’après-midi ….

Heureusement Le Monde a publié une actualité sur le plan de la Commission Européenne (Cf cet article que j’avais fait sur l’initiative de Bruxelles). De quoi se calmer un peu, être un peu rassuré sur l’existence d’objectifs. J’attends avec IMPATIENCE le bruit ENORME que cette information devrait faire DEMAIN dans la campagne et les médias !!! Si, si je vous assure. Tout ceux qui ont signé le pacte d’Hulot et si ostensiblement porter le thème dans la campagne vous nous rappeler leur constance sur le sujet, voyons.

Merci à l’Europe de porter le sujet de manière concrète. Mais reste la contrepartie : les objectifs fixés, on fait comment ?

Vraiment, il est temps que la nuit arrive ...
par L'Arrosoir publié dans : Qualité environnementale
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Mardi 20 février 2007
Légèrement saturé du bruit médiatique je ne prévoyais pas de regarder SR répondre aux questions d’un échantillon représentatif choisi par un institut de sondage sur une chaîne de télévision sujette ces derniers temps à une polémique partisane qui la traite de Sarko-suppôt.

Mais je me suis quand même retrouvé à regarder TF1 (ce qui m’arrive très rarement) et la prestation de la candidate dans l’arène, entraîné par ma douce à la patte plâtrée.

La candidate PS s’en est assez bien sortie. Au départ, visiblement tendue, c’était un peu stressant, j’avais presque peur qu’elle dérape. Et puis, elle n’arrêtait pas de dire que les questions étaient toutes très importantes, un peu agaçant. Mais par la suite elle a retrouvé une aisance où elle a tenu toute sa place dans le dialogue. Je passe sur son commentaire sur les prisons françaises, « les pires au monde », là elle s'est un peu emporté, et les réponses assez floues sur le financement. Elle a fait une bonne prestation.

Pas trop de questions méchantes, il faut bien le dire, elle a pu se raccrocher à son programme sans trop de problème et le présenter, démontrer en quoi ses propositions peuvent résoudre certains problèmes. Ceux qui criaient à la préférence affichée de TF1 pour le ministre de l’Intérieur en seront pour leurs frais cette fois-ci.

Au final, provisoirement, je trouve que, sur toutes les questions citées dans l’avant dernier article, elle a des arguments et qu’elle est la plus apte des 3 grands candidats (Sarko, Royal, Bayrou) dans l’ensemble.

Mais restent trois ombres sérieuses, qui me laissent finalement toujours sceptiques.

Si, sur le court terme, en matière de mesures concrètes, ces propositions vont dans le bon sens, on sent une posture véritablement social-libéral, Blairiste, flex-sécuritaire, appelez-là comme vous voulez. A aucun moment elle n’a prononcé le mot libéralisme (et encore moins le mot antilibéralisme). Dans son discours, cette lecture du monde économique est absente, comme si l’économie vivait le monde qu’elle voulait, et que le social s’installait à côté, le plus sereinement et le plus en harmonie possible.

Non seulement je crois, mais je suis également sûr que cette cohabitation est létale pour le social. Le couple social-libéral est un mirage. Car ce sont deux visées antagonistes. L’une privilégie la performance individuelle et la finance, l’autre la solidarité du collectif. Or l’un est à la merci de l’autre, le social ne peut exister que s’il ne gène pas le libéralisme, qui à son tour … ne se gène pas pour faire cavalier seul dans ses seuls principes financiers, affranchi de la contrainte social. Il faut le dire haut et fort : le social-libéralisme est une boîte de Pandore, un renoncement de gauche, c’est un cheval de Troie libéral ! Seul un infléchissement du capitalisme et de sa globalisation peuvent apporter des garanties pour l’avenir.

Pour preuve le ressort ultime que la candidate identifie pour pouvoir mener sa politique : la croissance. Pas de croissance, pas de social.

D’autre part, elle est restée très vague sur le rôle de l’Europe vis-à-vis de la mondialisation. Même si elle a indiqué que l’Europe doit nous protéger, elle n’a pas dit comment, et encore moins comment mettre en place cette Europe protectrice.

Enfin, sur le renouvellement démocratique, dont il a été fort peu question, à mon grand regret, elle n’a pas cité l’introduction de proportionnelle dans l’élection des députés, préférant citer la réforme du Sénat, le référendum d’initiative populaire. Malheureusement le PS ne propose qu’au plus 20% de proportionnelle dans l’élection des députés.

Finalement, c’est peut-être cela le défaut de la candidate : l’absence de propositions tonitruantes, canons, indiscutables, tranchantes et des zones d’ombre, proposant par omission une lecture partielle et molle, une certaine absence de vision destinée à changer l’ordre des choses. C’est plutôt une politique gestionnaire qui nous est proposé qu’une politique d’action.

En conclusion, cela conforte mes choix de vote pour l’instant : Bové au 1er tour, pour choisir une voie plus stratégique et vigoureuse, qui voit plus loin sur les 3 sujets que j’ai cité (juguler le libéralisme, renouvellement démocratique, une autre Europe), et contribuer à la recomposition de la gauche radicale. Puis au second le candidat le plus à gauche, sans complexe. Ou presque.

Car il reste un dilemme : des 3 grands candidats, Bayrou, également libéral-social, est assez proche. Certes, il ne dit rien sur une Europe protectrice, et il est traditionnellement plus libéral. Mais il va plus loin sur les réformes démocratiques : il propose l’élection de l’assemblée nationale par moitié à la proportionnelle. De plus, il drague ouvertement vers sa gauche, parlant même d’un premier ministre PS, qui, si je ne m’abuse, n’a pas commenté !

Or cette logique d’une meilleure représentation démocratique, cohérente avec une voie centriste, est également propice à la représentation de la gauche radicale, qui se déchire par famine, pour quelques miettes.

De plus, Bayrou est placé par un sondage (rappel : marge d'erreur d'au moins 3%) comme le seul candidat capable de battre Sarko au second tour. Voilà qui va en faire réfléchir plus d’un-e …
par L'Arrosoir publié dans : Politique
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Jeudi 15 février 2007
Hier, tard dans la journée, c’est-à-dire en plein milieu de la nuit, un curieux cauchemar m’a soudain assailli. Dans mon délire, je me suis fait peur tout seul avec les 4 derniers sondages sur les élections présidentielles françaises effectués après Villepinte. Qui donnent tous la gauche au même niveau qu’avant le 11 février.

Bien sûr, il faut conditionner cette analyse à la validité des sondages (cf cet article sur le sujet). En particulier, les chiffres que je cite par la suite comporte une marge d’erreur cumulée égale à 21%, 23% si on compte Bayrou. Mais la convergence de plusieurs sondages laisse cependant sceptique.

Les sondages les plus récents donnent entre 36,5 et 39% pour la gauche, entre 42 et 45% si on compte une partie de l’électorat de Bayrou (j’ai pris les 2/5 conformément aux proportions de report de voies). Ceux d’avant sont dans une fourchette identique. Le plus inquiétant, c’est que Villepinte n’a pour l’instant réussi qu’une chose : à faire basculer des électeurs de la gauche radicale vers le PS. Mais pas des électeurs de Bayrou vers Ségolène Royal.

Il est peut être trop tôt pour prétendre que l’effet Villepinte à jouer.

Mais modulo toutes ces hypothèses, quelque chose me frappa soudain. Ca pourrait être assez logique.

Les positionnements successifs de Ségolène Royal vont à l’encontre de la conquête d’un nouvel électorat. Elle est partie à droite de la gauche, sur des positions social-libérales aux reflets des méthodes de Tony Blair, pour ensuite s’élargir vers la gauche de gouvernement traditionnelle, dite sociale démocrate, dans son discours.

Déjà, c’est un peu schizophrène, comme position, toute à la fois libéral et social démocrate. Mais, de plus, le problème, c’est que les 100 propositions n’ont pas élargi le spectre des propositions. Il l’a déplacé vers la sociale démocratie, renforçant au passage l’image d’une candidate girouette.

En réalité, je pense que Ségolène Royal est prise à son propre piège social libéral. Celui qui lui avait permis de gagner en interne ne marche pas en externe. La place est occupée par Bayrou. Et la place n’a de toute façon pas été préparée, loin s’en faut, par le PS depuis 2002.

Elle est aussi prise dans le piège du participatif, qui, qu’on le veuille ou non, l’a placé avec un temps de retard sur l’UMP, qui maintenant force le PS à être en permanence dans la justification et la réponse aux attaques.

Il y a un autre malaise, plus profond : celui de la composition du PS aujourd’hui, qui à force de vouloir éviter l’éclatement entre ses composantes radicales et ses composantes libérales, n’a pas suivi l’impact du libéralisme dans la population. En clair, après le référendum du 29 mai 2005, le PS n’a pas voulu choisir entre ses deux composantes. Il a cherché à maintenir une unité autour d’une position médiane, celle de François Hollande, qui met le parti la croupe entre deux abreuvoirs.

L’autre surprise, c’est que la gauche radicale pèse beaucoup moins qu’espéré. En moyenne 10%, là où elle espérait 20% (attention, modulo une incertitude de 18%, mais corrélée par les différents sondages). Les 20% du non de gauche ne se reportent pas sur cette frange, car le PS occupe toujours la place avec son aile radicale, qu’a réinvesti Ségolène Royal.

Le CNE a-t-il brisé le tabou du libéralisme dans ce pays, et fait bouger les lignes sans qu’on s’en aperçoive ?

Bref, si l’étiage de la gauche continue à demeurer aussi bas, modulo l’incertitude liée aux sondages, il faudra peut être en tirer les conséquences suivantes :

1. Le vote pour la gauche radicale deviendrait un luxe, le vote utile une nécessité. Quel désespoir !

2. Le PS devrait mettre fin à ce grand écart, et assumer que son avenir est vers le centre. Laisser partir ou mettre dehors les radicaux (Mélenchon, Emmanuelli, Fabius, Montebourg, Peillon, etc. Ca fait du monde !)

3. Ségolène Royal, si elle est présente au second tour, devrait aller vers le centre, et vers le social libéralisme. Mais en aura-t-elle la possibilité politique, étant donnée le précipice qui existe entre gauche radicale et gauche libérale ?

Reveillez-moi ! Vous voyez une issue, une erreur ? La seule issue que je vois, c’est de faire valoir les propositions de Ségolène Royal à tout prix, mais que c’est dur … elle continue à faire des promesses inconsidérées (doublement du budget du sport ce matin …), et puis, le coup de grâce … le chiffreur du PS qui démissionne.

Que faire ?
par L'Arrosoir publié dans : Politique
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Mardi 13 février 2007
Voici que sur l’écran multicolore Internetisé est tombé un document contenant 100 propositions, intitulé « Le pacte présidentiel » (disponible ici pour ceux qui souhaite cueillir la chose). Un peu comme un chamois qui aurait trouvé un pot de confiture, j’ai mis un peu de temps à trouver le côté par lequel le prendre. Car à le lire par le menu, puis à tenter de le mettre en perspective, je me suis vite aperçu qu’il manquait quelque chose pour que la démarche soit plus objective. Cet exercice peut tourner à la consommation de propagande, et j’ai retrouvé un stigmate que j’avais exposé il y a quelques semaines dans cet article : la sensation de gober des réponses dictées dans un cadre de pensée qu’il faut s’approprier pour pouvoir saisir le message.

Je vous expose donc la démarche que j'ai décidé d'utiliser pour se faire une idée parmi la myriade d’idées, de propositions, de projets exprimée par les uns et les autres, sans avoir le tournis de la girouette et sans céder aux charmes de la forme, à la posture, à l'image pure.

L’idée, c’est de lire une proposition en regard d’un besoin. Après tout, un projet doit répondre à des attentes, des nécessités, des objectifs. J’ai donc commencé par définir ces besoins, de manière à juger chaque programme, tant du point de vue de sa prise de conscience des problèmes qui me viennent à l’esprit, que du point de vue de ceux que je n’avais pas à l’esprit, et des solutions concrètes, gages de réussites, qu’il prévoit.

Je raisonne par cercle de nécessité, du plus nécessaire au plus accessoire, de manière à pouvoir juger des priorités de chaque discours. Je tente également de m’éclairer en évoquant certaines manières de faire plutôt que d’autre.

Cercle 1 : Lutte contre l’exclusion sociale

Un vocable qui a marqué les esprits en 1995, retourné à  l’anonymat du langage, mais qui à mon sens est LA priorité. Cette lutte doit, à mon sens, répondre à trois problèmes.

Le premier problème d’exclusion, c’est celui des sans logis, qui sont dans une situation sanitaire, morale, sociale inacceptable. Ils sont environ 86 500 en France. Pour ceux-ci, il faut permettre de gérer l’urgence, éviter le pire, bref, avoir une présence humanitaire pour eux, et tenter de les sortir de ces marécages, en les aidant, en les suivant, en les réinsérant.

Le second problème d’exclusion, moins aigu pour les personnes que le premier, mais quantitativement beaucoup plus important, et porteur de rébellion sociale, c’est l’exclusion dans les banlieues. Les 40% de jeunes au chômage dans ces quartiers, leur isolement dans des ghettos, créé une situation explosive, qui a déjà explosé une fois, et qu’il faut résoudre par des moyens d’actions qui doivent prendre en compte : la prise en charge des exclus, non pas par des escadrons de police mais par des escadrons de travailleurs sociaux, leur insertion sociale, en les formant et leur trouvant un emploi, et probablement leur réinsertion républicaine. Pour ceux qui seraient tentés, dans ces quartiers, de glisser vers cette désespérance, et qui sont aujourd’hui scolarisés, il faut à tout prix que l’éducation et la formation qui leur est délivrée soit meilleure qu’aujourd’hui. Enfin, globalement, l’image des quartiers doit être améliorée, et je pense que le concours de ceux qui en sont issu et qui se sont insérés est crucial.

Le troisième problème d’exclusion concerne les immigrés sans papier, qui, lorsqu’ils sont insérés, ou lorsqu’ils fuient les traitements contraires aux Droits de l’Homme, ou lorsqu’ils sont en harmonie avec nos valeurs, doivent être accueillis à bras ouvert, et quelque soit leur cas, accueillis dignement et pris en charge rapidement.

Cercle 2 : Lutte contre la pauvreté

Ceci concerne des profils variés de personnes : actifs, chômeurs, étudiants, retraités, handicapés. C’est dans ce cercle qu’on trouve le potentiel d’exclu, car leurs ressources sont faibles. Ce cercle se caractérise par la difficulté à répondre à des besoins primaires tels que se soigner, se loger, se chauffer, se nourrir, se distraire un peu. Bien sûr, la solution de fond, pour les actifs, les chômeurs et les handicapés, c’est toujours de pouvoir prendre l’ascenseur social : trouver un job tout court ou un job mieux payé. Sans cette solution, c’est le désespoir, la déprime, l’abnégation qui s’installe. Mais cet ascenseur étant capricieux, il faut trouver des palliatifs aux situations d’urgence. Dans ce domaine, la priorité, c’est la santé, qui doit être prise en charge par l’assurance sociale pour être accessibles à toutes les populations menacées dans ce cercle. Ensuite, c’est, pour les actifs, chômeurs, retraités et handicapés, le logement social ou l’aide au logement, en fonction des besoins. Pour les retraités, il faut également traiter le problème des petites retraites, et trouver le bon seuil auquel doit se situer le minimum retraite, qui est aujourd’hui à 503 euros par mois. Je trouve ce chiffre choquant. Pour les étudiants, dont certains s’endettent pour pouvoir se payer leurs études, il est nécessaire d’accroître l’offre de service public pour eux, en termes de logement, et peut-être de revoir le système des bourses.

Cercle 3 : Renouvellement démocratique et égalité des chances

Le renouvellement de la démocratie représentative est urgent, et l’introduction de dispositifs participatifs ne doit masquer cette urgence. J’appelle de mes vœux, en priorité, une VIème république, où le président de la République ne serait plus élu au suffrage universel, perdrait ses prérogatives de chef de l’exécutif et de chef des armées au profit d’un premier ministre désigné par un parlement renouvelé, dont les députés seraient élus à la proportionnelle pour les 2/3, tout les 5 ans, en alternance avec une désignation de 10 représentants par région, à la majorité simple par les assemblées régionales (elles-mêmes déjà élues à la proportionnelle) par exemple. Le Sénat serait dissout. Des organes de consultation et de débat avec les citoyens, à l’échelle des départements ou des villes, seraient créés.

Dans le domaine de l’égalité des chances, la république et l’Etat doivent imaginer des moyens d’action pour mettre concrètement en œuvre cette égalité, qui est présente en droit, que ce soit par de la discrimination positive, par le respect des différences, la promotion des valeurs communes, par la vigilance vis-à-vis des tendances de repli des communautés sur elles-mêmes.

Cercle 4 : Lutte pour une société écologique

La lutte pour une société écologique, qui soit la plus respectueuse possible de l’environnement, doit urgemment traiter le problème du réchauffement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminuer le recours aux énergies renouvelables productrices de CO2 (pétrole, gaz, charbon), et prendre en compte le problème liés aux déchets de toute sorte que nous générons, fussent-ils du plastique ou du plutonium. Dans ce domaine, il est impératif, pour prétendre agir, de doter l’Etat d’un organe dédié à cette question, qui devra étudier les perspectives, les scénarios envisageables pour réduire tout ces problèmes. Il est également indispensable de porter cette question dans une instance internationale. Il n’est pas certains que nous ne devions pas réduire notre consommation d’énergie de beaucoup, réduire nos déplacements, voire même réduire la croissance, ou organiser la décroissance, des activités économiques qui compromettent tout ces objectifs.

Cercle 5 : les autres … ils sont nombreux !

Après, je ne trouve plus opportun de hiérarchiser, car les problématiques ont des priorités voisines, qui sont assez couplés entre eux, à mon goût. Je parle donc de … secteur (qui a dit camembert ?). La liste ici n’est pas limitative et peut évoluer avec le temps. Je ne parle pas par exemple de sécurité (on en a déjà une forte dose, pas la peine d’en rajouter),

Secteur Santé publique

Dans ce domaine, il faut maintenir, sans relâche, un haut niveau de qualité des soins pour tous. Il est inenvisageable de voir des soins conditionnés à des ressources. Il faut également poursuivre la lutte contre les maladies graves, et se battre pour éviter de voir se transformer les souffrances, les faiblesses, les maladies des uns en profit des autres.

Secteur « Vivre ensemble dans l’ascenseur social ».

Cet ascenseur, cela fait plus de 30 ans qu’il ne satisfait pas toutes les demandes. Il doit permettre d’augmenter les revenus net (hors inflation) des personnes, avec un équilibre entre indexation (salaire minimum) et négociation, leur fournir des revenus du travail, et la possibilité de la mobilité professionnelle. J’oserai également dire qu’il doit permettre de monter en harmonie avec ses voisins, et que les facteurs d’antagonisme social doivent être jugulés. La lutte contre le chômage est une des priorités de ce cercle, mais, plus largement, comme déjà exposé dans un article passé, c’est aussi l’économie qui doit ici être discutée de manière à plus justement redistribuer la valeur ajoutée aux salariés, valoriser l’emploi. En tout cas, il faut lutter contre le chacun pour soi, la dérégulation, la loi sauvage du marché, et agir, pas simplement limiter les dégâts, pour structurellement aller vers une économie plus collective. Concernant une éventuelle stratégie de croissance, ce point est à discuter avec précaution, en raison du cercle « Lutte pour une société écologique ». Dans ce cercle, il ne faut pas oublier le rôle de la Justice dans le vivre ensemble, qui doit être dotée des moyens de son fonctionnement et de son humanité (amélioration des conditions d’incarcération) pour arrondir les angles des conflits et les sociabiliser. Enfin ce cercle doit absolument bénéficier d’un système de formation plus efficace, et je pense qu’il faut arriver à dissocier, dans l’enseignement, ce qui est de l’ordre de l’éducation et ce qui est de l’ordre de la formation. Oui, le rôle de l’école c’est d’éduquer, mais aussi de FORMER.

Secteur « Nous faisons partie de l’Europe »

Il est essentiel de prévoir un RENFORCEMENT de la construction Européenne, au travers d’une REORIENTATION de l’Europe pour en faire une puissance publique dotée de prérogatives sociales et de rouages plus démocratiques. Les réponses nationales à des problèmes internationaux sont et seront de plus en plus inappropriées, et le politique de plus en plus mal à l’aise et en crise sur ces bases. Seule l’Europe peut, à long terme, nous permettre de sauvegarder le principe d’une intervention publique en nous protégeant de la globalisation. L’ouverture vers l’Europe doit s’amplifier, par exemple sous forme de bourses d’apprentissage des langues, comme cela est fait en Belgique, ou une mise en place à plus grande échelle des écoles européennes. En matière de démocratie, les représentations nationales et européennes devraient émaner des mêmes élections. En clair, la désignation du parlement national et du parlement européen doivent fusionner, et le calendrier des élections en Europe doit être harmonisé. La Commission doit devenir, à mon sens, à terme, un Etat, une puissance publique dont l’objectif ne serait plus uniquement la mise en œuvre d’un marché unique ou de politiques régulatrices, mais de gouverner, de concert avec les nations, l’Union Européenne. L’Europe sociale est à construire, et pourrait prendre la forme d’un salaire minimum européen et la mise en œuvre d’une protection sociale de base (emploi, maladie / accident du travail, exclusion, retraite) par l’Europe, complétée par chaque pays suivant ses désidérata. Enfin, il faut mettre en place une constitution apolitique, dans laquelle aucun principe de teinte libéral, marxiste ou étatiste n’est mentionné.

Secteur Réforme de l’Etat

Je souhaite qu’on sorte de l’Etat qui résout tout, tout seul, par le haut. L’Etat doit développer l’appui sur d’autres corps, et en particulier le corps associatif et celui des travailleurs sociaux. Je pense de plus en plus que l’Etat doit s’entourer de partenaires (publics ou privés) pour mener à bien son action, et qu’il ne doit pas nécessairement être à la fois le prescripteur et l’exécuteur. L’Etat doit apprendre à déléguer pour tout les sujets où cette « sous-traitance » ne compromet pas l’exécution des objectifs ni l’optimisation de la dépense. Il doit maintenir sa présence dans deux domaines clés : il doit rester le détenteur des moyens financiers de sa politique, et il doit en être le prescripteur et assurer un contrôle sans faille ni compromission.

Secteur Solidarité sociale

Le principe d’une solidarité budgétairement équilibrée, financée par toute la population, maintenant les assurances et l’assistance sociales existantes (exclusion, emploi, handicap, santé, famille, retraite, vieillesse) sur le principe de la répartition, quitte à niveler les prestations, ne venant pas ajouter à la financiarisation de l’économie mondiale par les fonds de pension (aux côtés des pétrodollars), doit être défendu. La problématique du vieillissement de la population doit être abordée pour en dégager les conséquences et réfléchir à son impact sur le long terme. Là aussi, il faut se battre pour éviter de voir se transformer la vieillesse des uns en profit des autres

Secteur Arts et Cultures

L’exercice des activités artistiques ou culturelles doit être encouragé sans relâche, et les obstacles à leur développement, comme la diffusion des œuvres numériques, doivent être traités.

Bon, tout ceci est amené à être modifié, à évoluer, à s’enrichir au contact des propositions (qui pointeront du doigt d’autres problèmes), à rendre plus concrets certains besoins de manière à mieux définir les problèmes rencontrés dans certains cercles ou secteurs. Il faudrait également trouver la place des valeurs dans cette grille de lecture. J’espère cependant m’en sortir en ayant trouvé une méthode, un référentiel pour juger de chaque projet !

Et vous, comment faîtes-vous ?
par L'Arrosoir publié dans : Plus personnel
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Dimanche 11 février 2007
Et voilà donc qu’un Wallon s’exprime dans Le Monde ! Et pas n’importe lequel : Paul-Henry Gendebien, président du Rassemblement Wallonie-France (RWF), parti qui prône depuis de nombreuses années le rattachement de la Wallonie à la France (voir ici pour le point de vue).

Moi qui suis Français établi en Belgique depuis peu, à Bruxelles, je m’étonne néanmoins de cette parution. Elle me semble un peu hasardeuse étant donné le poids de la personne mentionnée en Belgique, qui est très faible. Certes, il s’agite depuis de nombreuses années avec son idée, mais il n’a jamais réussi, pour le moment, à convaincre un nombre significatif de Belges, et a régulièrement fait des scores très confidentiels aux élections.

Sa position politique est isolée. L’existence et le renforcement, dans les médias, des tensions séparatistes n’a pas incité les grands partis francophones de Belgique à se tourner vers la France. Le chef de file du plus grand d’entre eux (le Parti Socialiste), Elio di Rupo, pense plutôt, en toute extrémité, à une Wallonie indépendante, à laquelle serait rattachée Bruxelles (qui est à plus de 80% francophone), position alignée avec les sondages d’opinion par ailleurs, sauf pour Bruxelles, les Bruxellois se voyant plus comme une cité indépendante avec un statut international.

Du reste, on n’entend guère parler des voisins francophones du Nord en France, si ce n’est à l’occasion de rumeurs séparatistes. Si l’amitié est incontestable, les barrières et les différences irréductibles m’ont bien l’air d’exister. Non, les Wallons ne se sentent pas Français, ils sont francophones de Belgique et connaissent nos défauts (arrogance, attitude hypercritique, mauvaise humeur, agressivité [qu'ils appellent "nervosité"], égocentrisme, moquerie pour nos voisins Belges, j’en passe) et nos qualités (finesse d’esprit, finesse des goûts, sens du débat démocratique, j’en passe aussi).

Tout ceci me fait penser à des ballons d’essais, que ce soit le canular récent de la RTBF ou cette parution, qui a pour intérêt de voir quelle attention pourrait manifester la France, par la voie de ces responsables politiques notamment, à cette question. Lors du désormais célèbre fiction de la RTBF, les seules réactions françaises qui me sont unanimement parvenues concernaient … l’outrecuidance à utiliser une chaîne publique à une heure de forte écoute pour flouer les téléspectateurs. Rien de plus.

Reste que la question est très présente et le sera lors des prochaines élections générales ici, et qu’elle est assez aigüe à Bruxelles, ilot francophone en Flandre, séparé par la Wallonie par l’intermédiaire des communes de Braine l’Alleud et Rhode St Genèse. Personnellement, je ne constate jamais d’inimitié publique entre un francophone et un néerlandophone, mais plutôt des préférences en coulisse dans certains cas, assez fréquent. L'esprit n'est jamais au heurt, mais à la recherche d'un consensus qui satisfait tout le monde.
par L'Arrosoir publié dans : Autre actualité
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Vendredi 9 février 2007
Vu hier Mystic river, réalisé par Clint Eastwood. Deux histoires sordides qui s’enchevêtrent, autour de trois hommes (Dave, Sean et Jimmy). L’une, passée, sur l’enlèvement, la séquestration et l’agression sexuelle sur Dave, traumatisé par cet événement, qui a été vécue par les deux autres qui jouaient alors avec lui dans la rue lorsqu’est venue la voiture dans laquelle deux faux flics l’ont fait monter. L’autre, présente, sur le meurtre de la fille de Jimmy, sur laquelle enquête Sean, devenu inspecteur policier, et intervient Dave, qui est marié à la cousine de la femme de Jimmy.

Tandis que Jimmy interroge Dave, suspecté à cause d’une blessure à la main et parce qu’il a été l’un des derniers à voir la fille disparue, le force à un faux aveu, le tue à la fin du film, puis jette son corps dans la rivière Mystic, Sean procède à l’arrestation des véritables auteurs. Sean, venu annoncer la nouvelle à Jimmy, comprend que celui-ci s’est fait justice lui-même sur la personne de Dave. Et tandis que Jimmy annonce à sa femme son erreur, celle-ci passe outre, ne voulant retenir de lui qu’il a du cœur pour elle et toute sa famille, et que cela ne doit pas cesser. Et le film de nous laisser là, avec Sean qui fait mine, avec sa main, de flinguer Sean puis se détourne.

Ce film appelle deux réactions, une double révolte. La première, légitime, est la révolte face à l’injustice de l’acte impuni, et à la condamnation de toute tentative de se faire justice soi-même, ou d’utiliser une quelconque loi du talion en retour.

Le film adopte, pour parvenir à cette réaction, la mise en scène du « mal », du monstrueux, pour parvenir à ses fins. D’où la seconde révolte : ce genre de procédé est courant dans le cinéma, qu’il soit américain ou non d’ailleurs, il consiste à stigmatiser un point de vue pour en éclairer un autre. Ce faisant, il prend le risque, considérable à mes yeux, des effets secondaires de la fascination et du dédoublement de la personne. Faut-il nous montrer un crime pour nous « révéler » notre refus des crimes ? Faut-il prendre le risque de révéler autre chose qu'un refus ? Faut-il laisser croire qu’en chaque personne qui suit une certaine moralité se trouve une autre personne cachée, sombre, monstrueuse, que nous sommes tous des Dr Jekyll et Mr Hide ? Et que la parole compterait peu au regard des sentiments, des impressions, des regards ?

Cette forme de procédé est-elle au moins cataloguée en matière de psychologie ? C’est la question que je me pose, pour essayer de savoir si nous sommes en face d’une manière de faire qui aurait malgré tout un fond de raison …
par L'Arrosoir publié dans : Cinéma
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