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  • : Prise de parole écrite sur des sujets tant personnels que d'intérêt plus large. Je l'aurais plus volontiers classer sous la rubrique "Pensées" ... mais peut pas. Voir le premier article (Cékikéla) pour plus de détails.
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Jeudi 7 juin 2007
J’ai enfin terminé ce petit article, qui traîne dans mon traitement de texte depuis un moment, sur le roman de Tarun J Tejpal, auteur indien, premier livre de l’écrivain salué pour l’indépendance éditoriale de sa revue.

Je m’attendais, occidental pétri de tentations, occidental pétri d’utopies, occidental pétri de simplisme, à un voyage mystique, à une révélation sur la méditation et sur Bouddha, à une histoire qui m’aurait jeté hors de moi et m’aurait propulsé dans un espace de pensées totalement différent, qui m’aurait donc métamorphosé. Ce n’était pas ce à quoi il fallait s’attendre.

Ce roman est « juste » indien. Il est écrit dans un style simple, phrase courte, sans grand lyrisme, mais avec un fil du récit très solide qui tient en éveil d’un bout à l’autre, nous promenant dans l’Inde contemporaine, dans plusieurs villes, avec une constante : les lieux qui font l’objet d’une description ample sont toujours ceux d’une habitation, maison ou appartement, les autres éléments faisant l’objet de description étant les paysages, les voyages et les hommes.

Mais je m’égare : en fait il s’agit d’abord du récit d’une histoire d’amour terminée, quand on en est à l’épilogue. Et ce n’est pas que cela, c’est un récit aux fils multiples (et exposés avec précaution, presque avec clarté) qui revient sur des heures de l’histoire indienne comme celles de l’indépendance et de la procession de Gandhi, de la rivalité entre les différentes ethnies (hindous, mulsulmans) qui composent l’Inde, sur la trajectoire familiale et en particulier sur les épreuves qu’a du subir la grand-mère du narrateur, lorsque sa ferme subit l’attaque sanglante, monstrueuse d’une autre ethnie, qui raconte le cheminement d’un homme, le narrateur, pris entre le dégoût du réel (et son activité de journalisme) et sa difficulté à devenir écrivain, ses tentatives vaines d’écrire un livre (4 je crois), dans lequel on ne peut ne pas voir un parallèle entre l’écrivain du roman et le narrateur.

C’est aussi une double histoire amoureuse, l’une, celle du présent, d’un couple mixte et très charnel, et l’autre, celle du passé, d’une américaine émigrée en Inde 50 ans plus tôt, et dont la vie avec le fils homosexuel d’un Maharajah puis la passion pour un indien – Rachkas – donne lieu à de très belles pages érotiques faîtes de fluides et de tumescence renouvelées.

Et enfin c’est aussi l’histoire d’une installation dans les contreforts de l’Himalaya, une histoire de trajets automobiles, une appréciation des choix sociaux de l’Inde (éducation, lutte pour le pouvoir).

Bref, c’est un livre en fait très dense, aux effluves indiennes passionnées et non pas mystiques, qui sont dévoilées dans une atmosphère élémentaire, simple, claire dont la lecture est très agréable.

Reposant et passionnant à la fois.
par ArbreBlanc publié dans : Littérature
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Mardi 29 mai 2007
Avoir l’impression de s’être morfondu pendant quelques années, d’avoir passé son temps à rechercher l’inaction, la paresse, alors que cela menait à l’inconfort moral et spirituel : voici l’impression que je laisse derrière moi après ce samedi 19 mai (ça date un peu déjà, mais ne se dément pas). La fêlure, la plaie irritante semble s’être ressoudée, raccommodée d’un coup, en l’espace de quelques heures, sans être passé par les mains d’un psy ou d’un environnement euphorique, non, dans l’environnement usuel.

Voilà, il semble que j’en ai fini, enfin, avec le complexe que m’inspirait autrui, l’altruisme venant d’autrui plus précisément, et qu’une intériorisation équilibrée se soit enfin produite. Ce mouvement je le dois, je le pressens, à la vision claire et solide d’un avenir propre qui peut fonctionner en dehors des contingences, d’un moi affirmé et solide, guidant comme un fanal, qui serait une vraie nouveauté après des années de moi mis en commun, moyenné, tordu pour faire corps avec l’environnement, avec un sentiment de limitation, d’obstruction étouffant et nauséeuse.

Plusieurs événements extérieurs se sont produits : l’émancipation politique d’une part, le constat réaffirmé par la thérapie de l’écrit de ce blog de points de vue dont la recherche de l’équilibre questionnait sans arrêt la partialité, la dépendance à d’autres jugements, le parti-pris, l’a priori, le cliché, toutes ces postures qui sont des armes d’opinion. Non pas qui ne serait QUE des armes d’opinion, non, qui sont DES ARMES.

Je crois être parvenu au stade où la différence n’engendre pas forcément l’envahissement extérieur ou la barricade intérieure, mais vient se loger dans une chambre grise, une sorte de zone démilitarisée. Je peux désormais croiser l’hostilité du quotidien, lorsqu’elle existe, lorsque je la rencontre, en la mettant à distance sans me sentir blessé.

Effleurer quelques mythes, cela fait du bien, mais il faut leur laisser le temps de résonner pour mieux entendre leurs sifflements dans les haubans. Surf, architecture, deux positions primordiales car au cœur de l’humain : corps à corps naturel d’un côté, élan esthétique de l’autre.

Maintenant, j’entrevois beaucoup plus l’avenir comme une navigation à la surface d’un vaste océan plutôt que comme une pierre au fond d’un torrent. Et revient, de manière magnifique, le goût et la recherche de l’initiative, non pas comme un passage obligé du monde économique qui préfigure l’exploitation, mais comme une trajectoire élévatrice, libératrice, vers des territoires de franche pureté, de lumière, de résonnance dans des collines hautes et souples.

Un vrai soleil de l’âme …
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Jeudi 24 mai 2007
Au-delà du buzz vert, qui voit fleurir l’écologie comme un thème à la mode dont on parle beaucoup, et comme un créneau marketing, il faut agir. S’acheter un pull en coton « bio » ne suffit pas, cela aurait même tendance à pouvoir devenir le refuge de la bonne conscience.

L’urgence écologique c’est la réduction des émissions de CO2. Je commence à m’apercevoir combien concrètement cela peut être difficile et demande en fait que la conviction et l’objectif soit partagé par tous les acteurs de la société, et donc y compris les plus retors, c’est-à-dire ceux qui possèdent un pouvoir de décision, n’ont pas acquis cette conviction, et campent encore sur des modèles fondés sur - par exemple - celle de la recherche du profit économique immédiat.

Je prends deux exemples concrets de ma vie quotidienne.

Le premier, c’est le renouvellement de ma voiture de société. La rumeur veut qu’un tel avantage soit attaché à de hauts dirigeants : mais en Belgique, beaucoup de collaborateurs en ont une, car il s’agit d’un moyen de contournement des impôts sur le revenu, qui pèsent très lourd.

De manière assez évidente, le véhicule de choix pour moi c’est une Toyota Prius. Je n’ai aucune action chez Toyota, aucun pot de vin de leur part, je me fis simplement aux mesures gouvernementales : c’est la voiture à essence qui émet le moins de CO2 par kilomètre, et qui en émet autant qu’une Volkswagen Polo diesel.

Je me tourne donc vers le service de gestion de la flotte de véhicule de ma société et lui fait part de mon souhait, qui est compatible avec mon budget d’achat (et même en dessous).

Mais premier problème : le parc auto est exclusivement diesel, en raison du coup de la consommation de carburant (qui est aussi payé par la société). Or la Prius est un véhicule exclusivement essence.

Je me fends donc d’une demande d’exception à la politique. Refus, motivé par de soi disant « benchmarks » de consommation qui « démontreraient » que la Prius en réalité consomme beaucoup plus.

Cet usage de la rumeur me met hors de moi, comme à chaque fois que j’ai affaire à un personnage visiblement malhonnête et hypocrite pour lequel le bavardage tient lieu de vérité et de paravent à l’inaction ou la protection de positions établies.

J’ai donc du répondre en lui demandant de changer sa position, argumentant poliment qu’une consommation officielle c’est une information fiable et bien définie par une directive européenne, que les consommations réelles, oui, peuvent être supérieures, mais que cela s’applique sans distinction à tous véhicules, pour des raisons liées à l’habitude de conduite par exemple ou à la charge du véhicule, et arguant du fait que, même si je respecte les sources de son (soi-disant) benchmarking, un tel procédé est loin d’avoir les garanties d’impartialité et de précision de la mesure officielle.

J’attends maintenant de voir la réaction de mon interlocuteur, surtout avec le directeur RH en copie (puisqu’ils ont pris la décision ensemble).

Deuxième exemple, changer la production d’eau chaude (sanitaire et chauffage) dans son habitation. Là encore, il n’est pas très difficile de trouver la solution (panneaux solaires, poêle à bois avec échangeur de chauffage pour l’eau, accumulateur chauffage / eau chaude 1000l, couplage avec une chaudière classique en cas d’insuffisance, et le tour est joué). Mais encore faut-il persuader, lorsqu’on est locataire, son proprio. Ou bien en avoir les moyens, car l’installation d’une telle solution coûte cher, mon estimation de budget pour l’achat des différents composants étant à 9000 euros TTC. En gros, pour le nec plus ultra il faut investir dans les 15 000 euros TTC.

Et donc encore faut-il que le proprio soit convaincu (je n’essaye même pas : je préfère devenir propriétaire et concevoir moi-même l’installation pour qu’elle soit la plus efficace possible) et en avoir les moyens.

La réponse au défi écologique implique donc :
  • Que de nombreux acteurs soient convaincus, et pas simplement les initiateurs ou les conducteurs des projets de réduction des émissions de CO2,
  • D’en avoir les moyens.

Quand on voit la rumeur qui taxe de chimère le réchauffement climatique, sous des prétextes en réalité d’égoïsme (croyant que cela va leur amener le beau temps), de racisme (croyant que les principales victimes seront dans les pays du Sud), on se dit qu’à défaut de sagesse il faut absolument maîtriser l’art de la conduite du changement pour que des décisions démocratiques et des agissements au niveau des nations entières puissent voir le jour.

Quel boulot …
par ArbreBlanc publié dans : Qualité environnementale
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Vendredi 18 mai 2007
Un marasme certain s’est abattu sur ma tête.

Retombé, l’élan idéologique de la campagne, déçu du débat d’idée qui n’a pas eu lieu, de véritables sujets qui n’ont pas émergé. Je lisais hier une interview de Morin et Ferry dans Le Monde 2, datant d’avant le second tour, et j’y ai trouvé tout ce qui m’a manqué, principalement le constat – partagé – que les idéaux ont désertés la politique et ont été substitués à des considérations économico-centrées d’origine purement systémiques et sociologiques, à la lointaine exhalaison humaine. Bonheur, sagesse, paix : ne cherchez pas ces mots dans les références de premier rang de nos comédiens politiques.

Et me voici donc, en conséquence, entraîné, mais peut-être pour plusieurs raisons, dans une déprime large, qui appelle les quelques questions suivantes.

Pourquoi donc ce découragement, cette déprime ? S’agit-il, personnellement, du nième constat d’une distance effarante entre les idées qui m’habitent, les impressions, les sentiments, et les autres, en quelque sorte de la difficulté de communiquer, voire de l’incommunicabilité ?

Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ? Y a-t-il vraiment problème ? Ou bien est-ce une sorte de perte de confiance excessive, de tabula rasa qui viendrait d’on ne sait où, périodiquement, faisant soudain patauger ? Ai-je pour autant toujours eu l’impression de patauger comme un caillou au fond du lit d’un torrent, et de ne pas apercevoir de signes de remontée à la surface ? Je crois que ça s’appelle ne pas avoir le moral, tout simplement. De tels moments peuvent parfaitement exister si c’est pour mieux rebondir.

Serait-ce ce boulot devenu, avec la réflexion des présidentielles, foncièrement inintéressant, car du domaine du chiffre d’affaire à faire, auquel est instillé sans y être inféodé un collectif minimal ? Serait-ce la pauvreté des rapports humains qui en découle, l’absence totale d’échos à mes idéaux ? Cette pauvreté est-elle de mon fait ou bien est-elle due à mon environnement ?

Je ne crois pas uniquement à un rôle professionnel renouvelé pour rebondir. Certes j’ai des idées du côté de l’environnemental, de l’architecture, mais le chemin me paraît si long et il semble avoir tant de composantes techniques ou commerciales devant ses avantages (mais plus que maintenant, c’est sûr), qu’il me faudra autre chose.

Cette autre chose, c’est une évolution personnelle. Laquelle ? A moi de trouver.

En tout cas l’engagement est bloqué, que ce soit pour des choses personnelles ou autres, toute chose personnelle se ramenant à une dimension collective qui appelle une renonciation immédiate. Curieux, non ? Alors, névrosé ? Non, ce diagnostic est probablement déplacé et signe d’un noircissement ambiant. Découragement plutôt.

Faut-il prendre le mors aux dents, foncer, développer ces idées à soi pour que les autres suivent ? Mais alors comment faire pour ne pas se faire déposséder ? Comment se posséder soi ?

Trop de spectacle, de mise en scène dont ferait partie ce blog ? Mais n’y a-t-il pas forcément mise en scène dès qu’on interagit avec quiconque ? Ou alors est-ce une question de degré que je ne sentirais pas ?

Voici pourquoi le cours de ce blog s’est asséché. Pourtant, tant de choses à raconter mais pas la volonté de les écrire : lectures, musiques, expériences maritimes …

Ca viendra.
par ArbreBlanc publié dans : Plus personnel
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Mardi 8 mai 2007
Mais qu’est-ce que c’est que ce sourire et ce discours qui perdure et semblent signifier « Nous avons perdu l’élection, mais ce n’était pas cela l’important, l’important c’est MOI Ségolène qui continuera à vous mener par le bout du nez à coup d’espoir béat et de sourire extatique ». On dirait qu’elle se fout de cette défaite, et qu’elle ne pense qu’à sa propre victoire – sur elle-même ? – d’avoir battu son record personnel du nombre d’électeur qui avait voté pour elle. Un nombrilisme pur et simple.

Non, un espoir ne s’est pas levé. Seuls 51% des votants pour Royal le 6 mai ont voté par conviction, le reste a voté par TSS. Ce qui a été mon cas d’ailleurs. Je n’attends qu’une chose : que cette illusionniste frivole, imprécise et psychorigide, cette comédienne de la colère saine, dont la raison d’être était de battre Sarkozy (faut-il rappeler cet argument massue qui lui a permis d’être désignée par les militants PS ?) cesse de jouer les poids lourds libres.

Je vais l’écrire en plus gros, car devant le numéro de passe-passe on pourrait l’oublier :

LA RAISON D’ETRE DE SEGOLENE C’ETAIT D’ETRE CAPABLE DE BATTRE SARKO.

Les principales raisons des scores de Royal se situent – faut-il également le rappeler – dans le matraquage pour le vote utile au premier tour, dont le seul but était de sauver la peau du PS, asphyxiant toutes les autres composantes de la gauche sur son passage et libérant l’espace pour le centre, puis une défiance vis-à-vis de Sarkozy, qu’elle n’aura pas su cultiver dans ce débat où les travers de son adversaire qu’elle entendait dénoncer se sont retournés contre elle.

Ne pas avoir parlé des mots Karcher et Racaille dans le débat est une faute. Et s'être emportée en quelque sorte à sa place en est également une.

C’en est également une de ne pas condamner les manifs violentes fomentées ou allumées par l’extrême-gauche au nom d’un 3ème tour anti-démocratique dans la rue, qui sont une pure provocation totalement irresponsable, une manière d’installer l’affrontement avant l’adversaire, jolie manière.

Non, la comète Royal ne doit pas éclipser l’essentiel : cette refondation de la gauche qui est nécessaire.

Mon analyse actuelle de la situation est que deux grands scénarios de courants politiques peuvent se dessiner.

Il existe un premier scénario, que je qualifierai de  néo-mitterrandien, basé sur un grand parti qui dispose de deux ailes différentes mais non irréductibles (social démocratie, social radicalisme), et qui permet, au gré du vent, de s’appuyer sur l’un ou l’autre des points de vue (radical dans l’opposition, à cheval au 1er tour, sur le 2ème au second tour). Les tenants de cette possibilité n’auront qu’un seul mot à la bouche : l’unité, la synthèse. Ce scénario suppose que le clivage libéral / antilibéral ne soit pas majeur et puisse être modéré entre les 2 ailes. Or toute l’histoire récente du PS, et en particulier le référendum de 2005 mais aussi la primaire socialiste et l’épisode de la drague du centre prouvent le contraire. Le champ à couvrir est désormais trop large pour que cette synthèse soit possible.

Un second scénario verrait une scission de la gauche en deux camps : un camp social-démocrate décomplexé et capable de s’engager sur le centre sous un faciès social-libéral, et un camp social-radical, fondé sur l’antilibéralisme. Si le premier apparaît assez clairement dessiné, le second s’est déjà raté une fois, mais si on en exclut les irréductibles révolutionnaires de l’extrême gauche et si le PCF accepte de se dissoudre (comme en Italie la semaine passée) [je sais, je rêve], alors une force politique peut naître, qui irait de Mélenchon, Emmanuelli, peut-être Fabius (mais à mon avis il va encore virer) jusqu’à Braouzec en passant par Autain et (ce qu’il reste de) Bové.

Les leaders feront-ils les courants ou bien l’inverse ? Car pour que cette transformation se fasse, elle doit être portée par des chefs. Il est visible que Royal forme un tandem, de ce point de vue avec Hollande, et c’en est à se demander si elle n’est pas montée au front à sa place, pour sauver sa position à lui et à elle, et donc bien loin de cette prétendue liberté vis-à-vis du PS qu’elle prétendait incarner mais qu’elle n’a pas réussi à développer si ce n’est avec des idées de droite.

Bref, il y a de fortes chances que le PS, une fois de plus, ne bouge pas suffisamment, mais tente simplement de s’alourdir sur l’aile proche du centre, et se fasse un peu plus griller dans la bataille du centre, dans lequel le PS a beaucoup à perdre, lors des prochaines législatives. Car cette fois-ci, l’UMP n’hésitera pas à jouer le centre contre la gauche, au contraire de l’élection présidentielle où Sarkozy aurait eu tout à craindre d’un Bayrou au second tour. C’est l’un des premiers actes politiques qu’il a enclenché : l’ouverture au centre.
par ArbreBlanc publié dans : Politique
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Lundi 23 avril 2007
Déçu par le manque d’aventure que représente le choix final, je serais néanmoins attentif à ce qui pourrait rendre Royal encore plus improbable et ce qui rendrait Sarkozy moins stigmatisant. Il en faudrait néanmoins énormément pour que je vote nul, et que je n’apporte pas ma voie à Royal.

Ce sera à contre cœur, mais dans une position où finalement ce sont les élections provinciales belges du 10 juin prochain qui dessineront mon avenir à court terme, et non pas la suite des événements français. Des fois ça fait du bien d’être en dehors de tout ça et de ne pas avoir à en subir certaines conséquences.

Bon courage à Royal pour remonter le terrain perdu, dans l’état où se trouve la gauche.
par ArbreBlanc publié dans : Politique
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Samedi 21 avril 2007
Ce sera donc le dernier comptage Votez2007 pour le premier tour. La nouveauté : l’augmentation de la participation (+8000). En croisant à nouveau celui-ci et les résultats du dernier sondage CSA, puis en appliquant la même technique que décrite dans l’article précédent, j’obtiens ainsi :

1. Sarkozy 26,82%
2. Bayrou 18,35%
3. Le Pen 18,28%
4. Royal 16,80%

Faut-il sauver le soldat Bayrou ?
par ArbreBlanc publié dans : Politique
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Mardi 17 avril 2007
Par l’intermédiaire d’un fil du forum sur le site Votez2007, baptisé « Quel est l'échantillon de votez2007 ? », il est désormais possible de se faire une idée sur le profil des personnes qui fréquente le site. J’ai fait mes petits comptages.

La première caractéristique, c’est la prépondérance des hommes : plus de 86%. La seconde, c’est que la répartition des personnes par catégorie socioprofessionnelle est légèrement différente de celle que j’utilisais (celle d’Ipsos concernant Internet) :
CSP+ : 41,60%
CSP- : 23,20%
Etudiants : 23,73%
Inactifs : 0,80%
Retraités : 10,67%

Ceci permet donc d’affiner la projection du résultat des sondages CSA et de les confronter aux résultats du vote en ligne.

Dans un premier temps, je reprends les scores de chaque candidats par catégorie socioprofessionnelle, et corrige ces chiffres pour qu’ils reflètent le ratio homme / femme sur le site.

Puis, j’utilise la répartition des personnes par catégorie socioprofessionnelle pour calculer le résultat attendu sur Votez2007.

En utilisant ces principes sur le sondage CSA du 11/04 dernier, on obtient ainsi les résultats suivants :


En résumé : Le Pen fait un score un peu plus important sur le site que dans le sondage CSA, Bayrou un score beaucoup plus important, Royal un score beaucoup moins important et Sarkozy un score un ton en dessous.

Ceci permet de se livrer à une tentative de redressement « maison », en corrigeant chaque score par catégorie socioprofessionnelle par le ratio entre le score obtenu et le score attendu, ensuite normalisés par catégorie, puis corrigé pour revenir à une population homme / femme égale, puis enfin projeté sur la population.

Ce qui donne ainsi :

1. Bayrou : 24,72%
2. Sarkozy : 24,04%
3. Royal : 17,60%
4. Le Pen : 16,82%

Ces résultats sont à prendre avec des pincettes. D’une part, l’exercice trouve toujours sa limite dans la stagnation du nombre de participants au site, dont le nombre n’a pas significativement augmenté : aucune preuve donc du brassage de la population par l’augmentation du nombre de visites, ni d’information sur la localisation de cette population (centre ville, banlieue, rural …).

D’autre part, il est possible qu’un autre phénomène soit en œuvre : le déséquilibre du vote homme / femme pour Royal. On ne peut écarter, devant l’écart énorme sur le site, que les hommes déclarant voter Royal soit en réalité moins nombreux et qu’il y ait une dissimulation dans ce domaine, et qu'ils se reportent sur Bayrou (et dans une moindre mesure sur Sarkozy). Mais cela ne peut être redressé avec les données dont je dispose sur Votez2007, car la répartition des votes par sexe n'est pas disponible.
par ArbreBlanc publié dans : Politique
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Jeudi 12 avril 2007
Un peu d’air belge pour changer. Ou des différences culturelles importantes malgré la proximité géographique et linguistiques.

Je suis tombé sur une étude sur l’absentéisme au travail, dont voici le lien. Ces statistiques ont été réalisées par une mutuelle (Securex) dite libre.

Oui, il faut expliquer qu’en Belgique, une mutuelle est la dénomination équivalente à assurance maladie en France. L’équivalent aux mutuelles françaises sont appelées assurances santé. Il n’existe non pas une seule mais plusieurs mutuelles, en fait des dizaines, qui sont classées par union : alliance nationale des mutualités chrétiennes; union nationale des mutualités socialistes; union nationale des mutualités neutres; union nationale des mutualités libérales; union nationale des mutualités libres.

Première différence notable : une mutuelle n’hésite pas à réaliser ces statistiques et les publier. C’est le côté franc-direct-massif du pays, beaucoup moins porté à se lancer dans des élucubrations théoriques complexes, et où les points de vue sont francs mais dénués d’agressivité. C’est un fait : la théorie m’a l’air moins populaire qu’en France, à la faveur du pragmatisme. Sans pour autant dire qu’il n’y aurait aucun intellectuel : mais les deux « mondes » ont l’air plus séparés.

Deuxième aspect : le document ne fait pas la démonstration cartésienne de l’absentéisme, pour lui une statistique sur les congés maladie suffit … La corrélation entre les jours d’absence et leur connotation familiale ou socio-économique sert de démonstration, ce qui est un peu court, mais sans qu’on puisse néanmoins s’empêcher de penser ou chercher si il y a bien un fond de vérité derrière tout cela … Les Français ne sont pas les seuls accros aux statistiques et aux sondages, rassurez-vous c’est largement partagé !

Troisième aspect : l’éclairage, sans fard et avec humour, sur sa propre population. Le discours n’est pas celui du jugement, de la sanction, de la dénonciation, mais celui de la prévention du phénomène sous une forme comique, que la révélation d’une tendance anti-travail rendra d’autant plus humoristique que la tentation d’une telle attitude, par épicurisme, paresse, ou autre travail est forte chez le lecteur.

Allez, je vous avoue, je n’ai pas assez suivi l’actualité belge pour savoir si ces statistiques vont se transformer en loi dans le mois qui suit … mais ça m’étonnerait fort. Quelque part, vive la légèreté belge !
par ArbreBlanc publié dans : Autre actualité
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Mardi 10 avril 2007
De retour après une très bonne semaine sur la côté … Belge ! Je projette d’en dire quelques mots dans peu de temps.

Pendant ce temps-là le temps politique ne s’est pas arrêté. La source d’information ne s’est pas tari non plus, Françoise-ma-douce étant une fervente lectrice du Monde.

C’est curieux, il s’est passé pas mal de choses marquantes, mais pas sur la bonne aile politique et avec une baisse de régime. J’ai eu l’impression que Sarkozy imprimait le rythme et focalisait l’attention, occupant le devant de la scène. Et que Le Pen montait dangereusement en puissance. J’ai l’impression (mais c’est peut-être lié au fait de lire un journal assez centriste) que la gauche a été un ton en dessous cette semaine et ne parvient pas à imposer ou se mettre en avant des thèmes qui lui seraient favorables.

Je suis également atterré par le fait que les débats sur l’économie, qui joue un rôle fondamental dans un choix de société, n’ont pas lieu. Les candidats ont des propositions en la matière, chacun leur style, mais aucun débat ne semble se manifester, aucune attaque de fond (à part : Ouh la vilaine droite, Ouh le vilain centriste-de-droite) de Royal, ni de Sarkozy : la seule est venue de la gauche radicale sur le contrat 1ère chance ! Qui s’en est pris à Ségo !

Ceci manifeste bien, à mon avis, que le véritable clivage économique n’est pas au centre, mais entre la gauche radicale et le reste des formations politiques, qui, par leur neutralité respective ou la superficialité de leurs attaques attestent en quelque sorte qu’ils sont tacitement d’accord pour ne pas réveiller le démon du débat sur le libéralisme, y compris chez Royal.

En somme, je trouve que la campagne prend une tournure inquiétante : les 3 grands se neutralisent, Le Pen fait son beurre puant, la gauche radicale n’émerge pas, les questions de fonds ne sont plus évoquées.

Le débat démocratique est en panne, remplacé par un affrontement où la propagande de l’extrême-droite polarise tout !

Et force les thèmes sur l’immigration, la sécurité, l’identité nationale : c’est un mini 2002 qui est en train de se mettre en place, plus court que la fois précédente mais aussi plus proche de l’élection. Danger !

Qui à gauche (ou au centre) possède un argumentaire pour sortir la campagne de l’ornière droitière ?
par ArbreBlanc publié dans : Politique
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